« Dans les brumes de Capelans » – Olivier Norek

Lu en : Avril 2022

Le come-back de Coste, c’est le retour de Monsieur Norek au statut de chouchou d’une lectrice du dimanche qui l’avait provisoirement fait tomber en disgrâce pour des raisons qui lui sont propres ! (amnésiques, c’est ici qu’on se souvient…). On présume qu’avec une intro comme celle-ci, vous avez compris que je me suis régalée ! Ce sera le spoil de cette chronique !

On retrouve avec bonheur Victor Coste, le héros de la trilogie qui regroupe « Code 93 », « Territoires », et « Surtensions ».

Première excellente nouvelle : le talent de l’auteur fait qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu la trilogie pour découvrir ce livre, et l’attachement qu’un lecteur qui le découvre portera à Coste me semble évident ! Alors, imaginez ceux qui ont le background… Coste, on l’a quitté brisé, on le retrouve isolé sur une île à l’autre bout de la terre. Il a officiellement un job pépère grâce auquel il sait à tout instant qui entre ou qui sort de sa petite île de 5.000 habitants. Mais cela lui permet surtout de s’assurer que son job officieux n’est pas compromis : il est un « peseur d’âmes » à qui l’on confie des criminels repentis, forcés ou non, avant qu’ils n’intègrent un programme de protection des témoins. Ce job solitaire, c’est exactement ce qu’il fallait à Coste, aux antipodes de sa vie d’avant, dans le 93… Plus bourru que jamais, Coste est une teigne pour les repentis, un solitaire brut de décoffrage pour ses collègues. Il ne cherche pas à se faire aimer, et il préfère ne pas aimer non plus…

Sa prochaine mission sera un peu différente, et l’on va replonger la tête la première dans l’humanité à la sauce Norek, et ça, c’est toute la puissance de la plume de cet ex-flic ! Pour autant, si l’émotion est un élément-clé de la signature littéraire de Norek, l’intrigue ici est totalement inédite ! On change de fonctionnement, on sort du traditionnel, et Norek se renouvelle avec brio, pour notre plus grande joie ! On notera également une narration plus profonde, moins urgente mais pas moins prenante ! Une écriture soignée, donc, qui permet une immersion complète dans cet étrange paysage de Saint-Pierre, envoûtant et un peu hors du temps. Un important travail de fond est réalisé dans la description des personnages, qui sont un magnifique et cruel exemple de ce dont l’humanité regorge, le pire comme le meilleur. Le tout se termine en apothéose par un final qui peut surprendre mais qui n’aurait pas pu être différent !

C’est évident, ce coup de cœur marque ma réconciliation avec une plume d’une addictive humanité…

Extrait :

« -Tu n’as rien fait. On est en sursis, dit Anna soudainement très sérieuse. Faut bien que tu te le dises. S’il y a des femmes battues, c’est que l’homme l’a décidé. Si elles restent à la cuisine, c’est que l’homme l’a décidé. Si elles ne gagnent pas le même salaire, c’est que l’homme l’a décidé. Si elles doivent cacher leurs cheveux ou leur visage, c’est que l’homme l’a décidé. Si elles sont agressées sexuellement, c’est que l’homme l’a décidé. (…) Uniquement parce que l’homme a quinze kilos de muscles en plus. Il n’y a pas d’autre raison. Si le lundi, ils décidaient de nous mettre en esclavage, le mardi l’affaire serait pliée. Ils ont la supériorité physique et je ne connais pas une seule espèce animale qui n’ait pas soumis ses inférieurs. On est en sursis et personne ne viendra nous défendre. »

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