« Noir comme l’orage » – Sonja Delzongle

Lu en : Janvier 2024

Il est une chose qui, bien longtemps après la lecture, m’est restée en mémoire : l’originalité des crimes. Car dans « Noir comme l’orage », le crime frappe comme un éclair ! Oubliez les classiques étranglements ou tirs d’armes à feu. Ici, les mises en scène sont inédites, presque artistiques. On a affaire à un assassin qui fait preuve d’une créativité macabre, au point que chaque meurtre devient une signature. Et il faut dire qu’utiliser l’orage comme arme du crime, c’est carrément pas banal !

Qui dit orage dit atmosphère lourde : ciel noir et menaçant, tension électrique dans l’air. Cette ambiance, on la ressent dans chaque page, dans chaque scène. L’orage n’est pas qu’un décor : il devient un personnage à part entière, omniprésent, imprévisible, dangereux. L’île de Ré, balayée par les éléments, ajoute encore à cette sensation de huis clos à ciel ouvert. On y est, on sent presque l’odeur de l’iode et l’électricité dans l’air.

Pour enquêter sur ces corps retrouvés littéralement foudroyés, le capitaine Max Fontaine est au taquet. Mais il n’est pas un enquêteur comme les autres. Il a un vécu, une faille, et surtout un choix de vie qui le distingue : il a initié une opération de changement de sexe… par amour.

Je l’avoue, sur le moment, ce point m’a fait tiquer, j’avais du mal à y croire. Mais après en avoir discuté avec l’autrice, j’ai compris que oui, cela pouvait arriver, et surtout, que ce choix donne une profondeur supplémentaire au personnage. Merci d’ailleurs à Sonja Delzongle pour cet échange sincère et plein d’humanité (à son image !) que nous avons eu et qui m’a permis de voir cette facette de Max autrement.

Pour avancer, Max doit plonger dans l’univers fascinant des “foudroyés”, explorer un phénomène aussi dangereux que mystérieux. C’est cette partie qui m’a littéralement happée. J’ai tellement été intriguée que j’ai prolongé ma lecture par mes propres recherches sur le sujet. Peu de thrillers réussissent à me pousser jusque-là, preuve que ce livre ne laisse pas indifférent.

Parallèlement, l’intrigue s’entrelace avec l’histoire personnelle de Max et de sa bien-aimée, qui prend un tournant tragique. L’orage gronde aussi dans le cœur… Accablé de toutes parts, Max garde pourtant le cap. Il avance, coûte que coûte, contre vents et marées… et contre l’orage qui semble se nourrir de ses failles.

Sonja Delzongle n’a pas son pareil pour surprendre son lecteur, et « Noir comme l’orage » ne fait pas exception. Le récit est rythmé, addictif, plein de mystères et de fausses pistes. Chaque rebondissement tombe comme un éclair, imprévisible.
C’est un thriller sombre et électrisant, qui mêle crimes spectaculaires, enquête haletante, décor envoûtant et personnage principal atypique.

Si j’ai parfois trouvé que l’autrice en faisait un peu trop dans les ramifications, le cœur du roman reste puissant, chargé d’émotions et d’électricité. Voilà sans aucun doute un roman qui secoue et qui laisse l’impression d’avoir traversé… un orage ?

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