« Meurtres cousus main » – Nadine Mousselet

Lu en : Janvier 2025

Pour cette nouvelle lecture, ma deuxième de 2026, je démarre avec un handicap d’emblée, puisqu’il s’agit d’un tome 26, si j’ai bien lu ! Pour une fois, je ne suis pas partie volontairement en toute connaissance de cause, mais bien par obligation, car il s’agissait d’une lecture dans le cadre d’un jury ! Me voilà donc propulsée au cœur d’une série installée depuis une bonne vingtaine de volumes. J’imagine sans peine que, sur la durée, les lecteurs se soient attachés à l’héroïne, Laura Claes, psychocriminologue. Premier point de friction pour moi : sans ce background émotionnel, cette charmante flicette m’a laissée de marbre !

Laura est rappelée d’urgence alors qu’elle est en stage à Quantico. Avec son équipe, elle doit enquêter au Havre sur la découverte de cadavres particulièrement mis en scène. Je vous fais la version courte : les corps sont soit démembrés, soit… remembrés ! Et quand je parle de « membre », j’évoque ce membre en particulier qui, par son absence, définit une femme, et, par sa présence, définit un homme ! Vous voyez le tableau ? Lisez ce livre, et l’image s’imposera très clairement dans votre esprit, car l’autrice ne lésine pas sur les détails ! Dans les scènes d’autopsie non plus, d’ailleurs… Mention spéciale à la nana qui s’enfile un sandwich à l’américain avant d’y assister !

Attention, je ne chicane pas. Je suis loin d’être une âme sensible. Pas rebutée par cet aspect un peu cru, donc. Au contraire.
D’ailleurs, il faut reconnaître que l’intrigue amène aussi certaines réflexions intéressantes, notamment sur la place dans la société de personnes qui se sentent hors norme. Digression toute personnelle : je trouve toujours regrettable qu’en 2025, ces questions soient encore à l’ordre du jour et que la société impose cette impression d’être hors norme. Au delà du sujet du livre, sur ce point précis de l’acceptation de la différence, je rejoins assez volontiers les pensées de Laura Claes. Voilà pour la partie positive, à laquelle j’ajoute que la balade au Havre est bien imagée et assez plaisante.

Pour le reste, arrachons le pansement très vite : on est face à une enquête très classique qui commence par la découverte de cadavres, se poursuit avec une équipe de flics, des interrogatoires, la découverte d’indices, bref, une investigation toute classique. Problème : en ce moment, je fais une réelle indigestion de polar. Alors si en plus j’identifie (encore !) le coupable beaucoup trop tôt, je me lasse, allant jusqu’à arborer un sourire narquois et désabusé à chaque tentative de l’auteure pour nous orienter sur une fausse piste. Vous imaginez donc combien j’ai davantage subi cette lecture que je ne l’ai appréciée.

Je peux admettre d’identifier très vite un coupable (après autant d’années, comme nombre d’entre nous, je deviens difficile à berner), mais il me faut alors trouver de la matière à me réjouir dans les autres points de l’histoire. Hors, ici, j’ai peiné à m’attacher aux personnages, j’ai grincé des dents à quelques réactions des protagonistes, et je n’ai pas forcément trouvé un vrai fond sociétal pour entretenir mes réflexions sur la durée…

Un flop, donc, pour commencer l’année. J’en ai enchaîné quelques-uns récemment, ce qui me fait penser qu’il est grand temps d’ouvrir mes chakras littéraires à d’autres horizons…

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