Lu en : Janvier 2026

Imaginons qu’un illuminé décide qu’il est parfaitement en droit de s’offrir un pays.
Sans le moindre égard pour ses habitants, pour son histoire, pour ses coutumes.
Juste parce que, dans son petit Monopoly personnel à l’échelle mondiale, il considère que cette case est stratégique.
Imaginons maintenant qu’un écrivain décide d’en faire une histoire.
Sur le papier, c’est une putain de bonne idée !
Imaginons toujours : Le Premier ministre groenlandais se retrouve menotté à une chaise, face à cinq écrans. Sur le plus important, sa femme et sa fille se balancent au-dessus de la banquise, suspendues à un câble d’acier. Un compte à rebours de cinq heures s’égrène.
Sur les quatre autres écrans, des représentants des États-Unis, de la Chine, de la Russie et du Danemark.
L’enjeu ? Enchérir pour acquérir le Groenland à coups de dollars. Une vente aux enchères retransmise dans le monde entier.
Si la vente échoue, les otages meurent…
Cette histoire, tout droit sortie de l’imagination d’un écrivain talentueux qui aime profondément le Groenland (Mo Malø), se déroule dans un futur très proche.
Et c’est précisément là que le malaise s’installe.
Car ce qui glace vraiment, ce n’est pas tant le dispositif romanesque que l’idée, parfaitement crédible, qu’en dehors des pages d’un polar, de vrais décideurs puissent sérieusement envisager de “s’offrir” un pays.
Avec brio, Mo Malø tisse une toile polaire qui ne glace pas seulement par son suspense, mais aussi par ses accents de sincérité.
C’est un cri du cœur pour ce territoire qu’il aime et qui, du jour au lendemain, s’est retrouvé au centre d’une odieuse convoitise, provoquant l’indignation mondiale.
Le Groenland, ce que j’en sais, je l’ai appris aux côtés de Qaanaaq Adriensen, le héros de Mo Malø. Et comme beaucoup, je suis sidérée de le voir réduit à l’état de jouet convoité par un gosse colérique, destructeur, et surtout extrêmement dangereux.
Au-delà de cette charge politique et humaine, il faut saluer l’efficacité de l’intrigue. En moins de deux cents pages, le roman nous fait traverser un sacré panel d’émotions. On retrouve avec plaisir Apputiku, en chef de la police un peu dépassé, on navigue entre désarroi et fatalisme, on s’indigne, puis on se prend une patate finale aussi violente que jubilatoire.
Ce serait jubilatoire, justement, si tout cela relevait uniquement de la fiction.
Le problème, c’est que Mo Malø ne fait qu’extrapoler une réalité déjà bien entamée, en poussant le curseur juste un cran plus loin, là où certains semblent, eux, déjà fin prêts à foncer !
Il est sur ma pile ♥️
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Tu vas adorer la fin 😏 !
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Lorsque la fiction ne fait que copier sans le savoir la réalité… Ça fait froid dans le dos, car, même si Mo Malo reprend ce qui s’est deja passé en 1946, on pensait qu’au XXIe siècle, c’etait plus possible. Merci pour ce beau retour 🙏📖
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Oui, mais ces derniers mois sont vraiment en train de nous prouver que tout ce qu’on pensait impossible ne l’est pas, finalement… c’est très étrange de vivre dans ce monde où plus rien n’est acquis, surtout pas les droits…
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Comme tu le dis bien, au-delà de l’aspect « ludique » réussi, ça fait frissonner tant la réalité a tendance à dépasser la fiction actuellement. Il faut effectivement saluer le talent de Mo Malo !
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Je trouve qu’il a réussi un sacré tour de force en peu de pages, et l’essentiel, à la fin, est dit… dommage que ceux qui nous gouvernent tous manquent tellement d’humanité et de bon sens.
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Un livre qui nous permet aussi de comprendre cette île visiblement grandiose
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Oui, que je ne connaissais vraiment pas mais que j’ai pu découvrir un peu grâce à Qanaaq 😊
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Waou cette chronique ! Tu as parfaitement retranscrit ce que je ressens, en tout point !! Dans ma chronique je m’étais sentie maladroite dans mes propos. 😕 grand merci à toi pour tes mots si justes 👍🙏🤗
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Merci 😊
Mais tu n’avais pas du tout été maladroite ! (Je n’en avais pas le souvenir et une relecture de ton retour me l’a confirmé 😉).
On ressent tout autant chez toi l’absurdité des enjeux politiques et ce pays que tu as aussi appris à apprécié avec Qanaaq 🥰.
On a des ressentis très similaires, en fin de compte 😘
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😉😊
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Alors là, bravo 👏. Va falloir qu’on le dézingue l’autre abruti. Merci à toi pour la chronique 🙏 😘 et le partage
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Avec toutes les conneries que j’écris, je vais finir persona non grata de ce côté-là du monde ! Dommage, j’ai toujours pas vu New York, mon rêve depuis longtemps ! Je devais y aller pour mes 40 ans, mais un virus à la con s’y est installé. Et là, hors de question que je voyage dans l’Amérique de ce malade…
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Ils disaient hier aux infos que les touristes boudaient les States. Pas étonnant. C’est lui le virus, 👿
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Je n’ai pas encore lu cet auteur, mais je pense que je le découvrirais bien avec ce titre que j’ai déjà rencontré plusieurs fois.
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C’est un titre rapide et un final jouissif.
On touche l’ambiance du pays mais en douceur. Si ça te plaît, la série avec Qanaaq sera parfaite ! J’avais trouvé le premier tome un peu long mais ensuite, j’ai franchement adoré ! (Même si c’est galère, les noms 😂)
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Parmi les auteurs francophones, seul Mo Malo avait la légitimité pour écrire ce roman. Quand on connait son engagement pour le Groenland, ça tombe sous le sens, même si ça ne suffira pas à faire pencher la balance
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Il est dans ma pal. La réalité politique est glaçante. Bon dimanche
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Mo Malo imagine une histoire qui malheureusement ne semble pas trop éloignée de la réalité avec ce déséquilibré de Trump. Il ne comprend que le rapport de force. C’est fou. Merci du partage Nath 🙂
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