Foire du Livre de Bruxelles 2026 : Défier le futur, pour de vrai !

Hier, j’ai assisté à la conférence de presse de la Foire du Livre de Bruxelles.
On reviendra plus tard sur ce qui m’y a amenée ;-).

Et vous savez quoi ? Dans leurs annonces, ce qui m’a réellement intéressée, ce n’est pas une liste de noms prestigieux, ni une série de têtes d’affiche à cocher. Non. Ce qui m’a réellement passionnée, c’est d’entendre (et de comprendre !) ce qui, derrière l’événement, tient la structure.

Parce qu’une Foire du Livre, ce n’est pas juste quatre jours de fête à Tour & Taxis, des tote bags qui débordent et des piles de livres qui menacent nos étagères déjà saturées (même si, soyons honnêtes, ça fait partie du charme 🤭).

La Foire du Livre, c’est une vision. Et cette année, cette vision tient en trois mots : Défier le futur. On pourrait croire qu’il s’agit juste d’un slogan un peu musclé, mais en réalité, c’est bien plus que ça ! Défier le futur, ce n’est pas refuser la technologie en s’éclairant à la bougie ni soupirer “de mon temps…” en regardant les jeunes lire sur écran. Défier le futur, dans la vision de la Foire du Livre, c’est choisir de ralentir à l’heure où tout s’accélère, où l’on scrolle plus qu’on ne réfléchit, où l’on (sur)réagit plus qu’on n’analyse. Et soudain, lire devient presque un acte audacieux. Un geste calme et posé, mais déterminé.

Lire, c’est accepter la nuance.
Lire, c’est entrer dans une pensée.
Lire, c’est risquer d’être dérangé.
Lire ne fait pas trembler les murs. Lire ne fait pas de bruit.
Mais dans un monde saturé de bruit, lire devient un choix radical, car cela signifie justement refuser de se laisser emporter par le vacarme.

Ce qui m’a particulièrement plu dans la présentation, c’est cette idée revenue plusieurs fois : réunir.
Réunir autour des mots.
Réunir les générations.
Réunir les styles.
Réunir aussi des réalités de vie différentes, des parcours qui ne se croisent pas toujours ailleurs.

Dans la salle, on voyait des visages présents depuis de nombreuses éditions, des personnes qui ont grandi avec la Foire. Et puis des profils plus jeunes, venus d’horizons variés, professionnels, culturels, humains. Mais tous animés par le même amour vibrant de la lecture.

Et puis, il y a cette conviction claire : il est temps de ranger au placard certaines formes d’élitisme : À la Foire du Livre, on ne regarde pas de haut la romance. On ne lève pas les yeux au ciel devant le manga. On ne relègue pas le polar dans un coin un peu sombre. À la Foire du Livre, on assume la pluralité. Mieux ! On la célèbre !

Et en tant que lectrice de roman noir, ce genre si longtemps jugé “de gare”, je ressens un vrai écho derrière ces objectifs. Le polar questionne nos institutions, nos dérives, nos zones d’ombre collectives. Il raconte le monde autrement. Alors bien sûr, le voir pleinement intégré, valorisé, mis en lumière dans une Foire du Livre grand public, ce n’est pas anecdotique. C’est révélateur d’une Foire qui ne cherche pas à figer la lecture dans une image d’Épinal, mais à l’accompagner telle qu’elle est aujourd’hui : multiple, mouvante, et parfois dérangeante.

Et ce que j’ai découvert hier, c’est que cette vision ne s’arrête pas à quatre jours de mars. Car la Foire agit toute l’année : dans les écoles, auprès de publics fragilisés, en milieu carcéral. J’ai été réellement impressionnée par le travail abattu par l’équipe pour rappeler que le livre reste un outil d’émancipation.

Maintenir la gratuité depuis dix ans participe à la même logique : ouvrir les portes largement, permettre à chacun d’entrer, de flâner, de découvrir. Défier le futur, ce n’est pas réserver la culture à ceux qui savent déjà. C’est élargir le cercle ! Mais gratuit ne veut pas dire sans valeur.

Cette année encore, l’entrée reste gratuite. Il faudra simplement réserver son billet sur le site de la Foire. Et pour celles et ceux qui le souhaitent, un soutien libre est proposé au moment de la réservation, une manière très simple de contribuer à la pérennité de l’événement. Un “pay what you can”, en somme. Parce que défendre l’accès à la culture, c’est aussi accepter que cela a un coût. Et si nous voulons que ce modèle ouvert continue d’exister, il repose aussi un peu sur nous.

Si je me suis retrouvée assise dans cette salle à écouter parler vision, transmission et pluralité, ce n’était pas uniquement par curiosité journalistique. (Ah, on me dit à l’oreillette que c’est normal, parce que je ne suis pas journaliste !) Alors qu’est-ce que je foutais là ? Eh bien, cette année, j’aurai le plaisir d’animer deux tables rondes dans le cadre de cette 55e édition. Et autant vous dire que lorsque le thème est “Défier le futur”, la responsabilité est belle. Et grande. Et flatteuse ! Trouillomètre à zéro mais moral gonflé à bloc, laissez-moi vous toucher un mot de ces rencontres :

Le vendredi 27 mars, sur la scène Culture je t’aime, je serai aux côtés de Piergiorgio Pulixi et Thomas Schlesser.

À première vue, tout semble les opposer car l’un navigue du côté du polar, l’autre du roman plus classique.
Mais justement… c’est là que ça devient intéressant ! Parce que derrière les étiquettes, il y a la même question : qu’est-ce que le livre peut encore aujourd’hui ?

Le samedi 28 mars, changement d’ambiance, direction le Théâtre de l’Imaginaire pour une discussion autour du roman noir avec Michael Hjorth, Hans Rosenfeldt et Frank Leduc.

Autant vous dire qu’on ne sera pas là pour parler météo ! Institutions qui vacillent, autorité qui doute d’elle-même, fantômes du passé qui reviennent frapper à la porte…

Je vous invite à découvrir ici le programme complet des rencontres, 130, si ma mémoire est bonne ! Il y en aura pour tous les goûts !

Moi qui aime radiographier, questionner, titiller… je sens que je vais me régaler ! Alors oui, je serai sur scène, probablement avec un carnet plein de notes et une liste de questions longue comme le bras, mais surtout, je serai là comme lectrice.

Parce qu’au fond, pour moi, animer une table ronde, c’est faire circuler la parole. Et si défier le futur passe par les mots… autant les partager à voix haute 😏 !

14 réflexions sur “Foire du Livre de Bruxelles 2026 : Défier le futur, pour de vrai !

      1. Non non, je ne monte pas sur le podium où tu sièges avec messires Pulixi et Schlesser !
        Et de toutes façons, avant de trouver où se trouve ton podium, il fera déjà nuit noire. 😂 (aucun sens de l’orientation, confusion entre la gauche et la droite et vue déplorable : la totale quoi !)

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