« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » – Harper Lee

Lu en : Janvier 2024

J’ai croisé ce titre mille fois, j’ai eu envie de le découvrir au moins autant de fois. Mais j’ai reporté sans cesse… pas le temps, pas l’envie, trop à lire. Jusqu’à ce que je décide, sous l’impulsion d’Aude et de son idée « Lisons de grands auteurs américains« , de cesser de reporter la lecture. Allez, je fonce. Bizarrement, autant je connaissais et le titre, et l’auteur, autant je n’avais pas la moindre idée de l’histoire cachée dans ces lignes !

Nous voici en Alabama, dans les années 30, en pleine « Grande Dépression ». Atticus Finch est avocat. Il est veuf et père de deux enfants, Jem, et Scout, notre narratrice. Il est aidé dans leur éducation par une gouvernante noire bourrue, mais aimante : Calpurnia. On vit au rythme de l’enfance des enfants, entre les périodes scolaires et les étés, durant lesquels ils passent beaucoup de temps avec leur ami Dill. Tous les trois, en dignes garnements qu’ils sont, font quelques idioties, dont certaines ont pour but de faire sortir de sa tanière l’un de leurs voisins, Boo Radley, qui vit reclus chez lui et qu’ils n’ont jamais vu ! Toutes les tentatives se soldent par des échecs, et parfois aussi par quelques bons savons de Calpurnia.

Un jour, Atticus est assigné à la défense d’un homme, noir, accusé d’avoir violé une blanche. Eu égard au lieu et à l’époque, le procès est presque écrit d’avance, mais Atticus est un homme bon et juste, et il pense que la version présentée au grand public diffère singulièrement de ce qui s’est réellement passé ce jour-là…

Il n’y a rien de plus innocent que le regard d’un enfant, et voir cet Alabama des années 30 au travers du prisme du regard de Scout est d’une justesse touchante. À cet âge où tout semble possible, où la haine de l’autre sur base de sa couleur de peau semble si inconcevable, où l’inconnu est danger, aussi effrayant qu’attirant, Scout et Jem nous désarment. Et ils nous attristent, aussi, car nul doute qu’avec l’âge viendront les désillusions, lorsque les yeux grandis s’ouvriront pour voir le monde tel qu’il est vraiment.

J’ai, depuis toujours, été passionnée par l’histoire des Etats-Unis et de la ségrégation raciale. J’ai étudié par plaisir la guerre de Sécession durant mes vacances scolaires. J’ai peut-être, comme Scout, été une idéaliste. J’ai grandi, moi aussi, et enterré certaines de mes illusions, mais jamais je ne cesserai de brandir mes idéaux d’égalité en étendard.

J’ai été touchée par ce récit magnifique et émouvant. Un classique désormais gravé dans mon cœur de lectrice.

23 réflexions sur “« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » – Harper Lee

  1. Avatar de Céline C. Céline C.

    Merci Nath pour ce bel avis. C’est un roman que j’aime beaucoup. Je l’ai lu il y a quelque temps déjà, me demandant pourquoi il faisait partie de cette liste de livres bannis à l’école aux USA (je ne sais pas si c’est toujours d’actualité).

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      1. Avatar de Céline C. Céline C.

        Dans mes souvenirs il faisait partie d’une liste de romans comme « Des souris et des hommes » ou encore certains livres de Toni Morrison, c’était il y a plusieurs années maintenant

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  2. Avatar de philippedesterb599461a21 philippedesterb599461a21

    Moi, malheureusement, il n’est pas gravé dans mon coeur de lecteur parce que je ne me souviens pas du tout de ce livre que j’ai lu il y a quelques années, mais je sais que c’est un bon bouquin.

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  3. Je dois bien admettre que les classiques et moi, ca fait deux. Comme toi, je connaissais ce titre mais je n’avais aucune idée non plus de l’histoire. Maintenant, grâce à toi, j’en sais un peu plus et tu sembles avoir été très touché par ce livre. Mais avec ce sujet, difficile de ne pas être touchée. Accusé un homme pour sa couleur, quelle époque… Espérons qu’un jour, ces graves accusations raciales n’existeront plus. 🕊️ Merci Nath pour cette belle chronique.

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