« Les braises de l’exode » – Damien Leban

Lu en : Avril 2024

« Les braises de l’exode » sont un rappel qu’on peut faire de belles découvertes en s’intéressant au monde de l’auto-édition. J’admets cependant bien volontiers que je ne m’y suis intéressée que parce qu’il m’a été chaleureusement recommandé (et même offert !) par mon adorable binômette ! Pour un défi littéraire, ce titre est en plus tombé à point nommé !

L’auteur va nous présenter trois protagonistes principaux : Tout d’abord, Samira, 11 ans. Son père et elle sont les deux seuls survivants du massacre de sa famille, conséquence de la guerre qui dévaste sa Syrie natale. Ils fuient et cherchent des cieux plus cléments en embarquant vers « le nord »… Mais l’addition sera salée, pour la petite Samira. Ensuite, Bruno, flic, qui élève seul son ado de fille et qui semble n’avoir pas en sa possession toutes les clés pour parvenir à la comprendre (alors, je compatis pleinement, étant moi-même à la recherche du mode d’emploi de mon adolechiant). Et enfin, Élise, saleté de femme-enfant riche et capricieuse, insupportable dès la première minute où le lecteur fait sa connaissance. Élise est le genre de personne à penser que rien n’est plus dramatique qu’un ongle cassé, jusqu’à ce qu’elle découvre sa maison remplie d’insultes peintes sur les murs et trouve le service trois-pièces de son cher et tendre époux posé en évidence sur un ordinateur qui lui apprend qu’il s’amuse bien en son absence… Toute personne normalement constituée aurait rapidement appelé la police et cherché à retrouver le « reste » de son mari, mais Élise ne pense qu’à sauvegarder les apparences !

Il y a forcément un lien entre les différents personnages, que l’auteur va dévoiler petit à petit. Même au pire de la tourmente, il n’y aura, pour ma part, jamais la moindre empathie pour Élise, mais Samira va évidemment serrer bien des cœurs. Quant à Bruno, par contre, je ne me suis pas forcément attachée à lui. J’ai trouvé la dynamique du groupe crim’ un peu trop survolée, pas assez immersive. Il m’aura donc manqué un certain attachement à tous les protagonistes, hormis Samira. Pour autant, l’enquête est relativement passionnante, et les morceaux de puzzle se dévoilent tranquillement, avec suffisamment de hâte pour nous donner envie d’avancer, mais sans précipitation inutile, ce qui permet de maintenir un rythme constant, sans temps morts.

Je noterai également que, même si une fois l’identité du « méchant » (attention, notion toute relative et qui peut, ici, prendre différentes formes !) établie, les raisons apparaissent évidentes, j’aurais aimé que le pourquoi du comment soit un peu plus creusé. Mais n’oublions pas qu’on a ici affaire à un auto-édité, où il n’y a donc a priori pas eu de travail éditorial dit « professionnel », alors plutôt que de souligner quelques manquements somme toute mineurs, je voudrais mettre l’accent sur cette histoire qui fonctionne plutôt bien, avec des rebondissements bien dosés, des personnages maitrisés, une plume fluide et une histoire qu’on prend plaisir à découvrir. L’auteur a quelques autres titres auxquels je compte bien m’intéresser !

12 réflexions sur “« Les braises de l’exode » – Damien Leban

  1. Avatar de philippedesterb599461a21 philippedesterb599461a21

    L’édition, c’est un parcours d’embûches, je suis bien placé pour le savoir. J’ai publié chez 4 éditeurs jusqu’à présent et je pense que je vais finir par me tourner vers l’autoédition. Le problème, c’est que les lecteurs pensent souvent que les romans autoédités ne sont pas bons puisqu’ils n’ont pas trouvé preneur auprès des maisons d’éditions…

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  2. Le personnage d’Elise a l’air exécrable ! Par contre la scène où elle retrouve sa maison taguée et un « morceau » de son mari a dû être surprenante. Ce n’est pas le genre de scène qu’on voit partout 🤭
    Merci pour cette découverte. Et pour le mode d’emploi de ton ado, bon courage ! 😝

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