« L’ombre du prédateur » – Gérard Saryan

Lu en : Avril 2024

Gérard Saryan fut une de mes belles découvertes de l’an dernier. J’avais vraiment aimé son premier opus, « Sur un arbre perché« . Aussi, quand les éditions Taurnada (que je remercie au passage !) m’ont proposé ce titre, j’étais emballée ! Il faut savoir qu’il s’agit d’une suite. Les moins rigides peuvent y aller sans avoir lu le premier. Cela risque juste de vous gâcher l’identité du tueur si vous décidiez de reprendre le premier tome plus tard, mais, à mon sens, ce n’était pas dans la révélation que le bouquin tirait sa force !

Revenons-en à nos moutons ! Enfin, à nos prédateurs… Au bord d’un lac, une joyeuse famille de campeurs s’installe… Le lendemain matin, le cadavre du fils est découvert sur le lac, et sa sœur est introuvable ! La capitaine Agnès Demare est envoyée sur place pour apporter son aide aux gendarmes. Sauf que la police, qui aimerait recruter chez les jeunes, et particulièrement chez les jeunes femmes, lui colle dans les pattes une influenceuse qui aura pour mission de la suivre comme son ombre et de mettre en scène l’enquête pour relayer le travail d’Agnès. Il est évident que cette gamine qui vit dans un autre monde, à travers le filtre des réseaux sociaux, va plutôt être une vilaine épine dans le pied d’Agnès ! Du moins au début, car ensuite, force est de constater que malgré quelques bourdes, la gamine est attachante et obstinée. Elle finit même par s’impliquer dans l’enquête, avec une espèce de fraîcheur assez bienvenue dans le contexte glauque de l’enquête !

En parallèle, l’auteur nous donne des nouvelles de l’assassin du tome précédent. Rassurez-vous, je ne vais rien spoiler au cas où vous décideriez de lire le premier. Sachez juste que les péripéties qu’il a vécues l’ont rendu… amnésique… Un tortionnaire dangereux dont la place est en prison (ou en enfer, peut-être, mais est-ce bien différent ?) qui ne se rappelle pas être un tortionnaire dangereux, l’axe est intéressant !

Je dois avouer que j’avais préféré le précédent, parce que le personnage de la belle-mère d’un enfant disparu sous sa surveillance m’avait profondément émue. Il m’a manqué un peu cette dimension sensible cette fois, mais j’ai malgré tout apprécié les complexités de l’enquête, une grande noirceur, équilibrée par des passages plus légers, voire drôles, qui permettent de relâcher la tension. Il est question également de résilience, dans ce bouquin, car au travers de ses personnages, l’auteur apporte un regard différent sur les ravages de la maladie (Agnès vient de se remettre d’un cancer et d’un divorce). Sans tomber dans le pathos, l’auteur met en scène des difficultés de la vie avec beaucoup de justesse.

Concernant le déroulé de l’action, ça manquait peut-être parfois de crédibilité, notamment lorsqu’une aide providentielle pour les enquêteurs leur est apportée par un loup. Mais c’est mon côté terre-à-terre qui parle, après tout, en littérature, on peut tout se permettre !

Je retiendrai donc, plutôt que l’intrigue, la capacité de l’auteur, une fois de plus, à décortiquer une partie humaine intéressante dans ses personnages, amenant de l’attachement, ce qui est essentiel pour moi.

18 réflexions sur “« L’ombre du prédateur » – Gérard Saryan

  1. Une forêt, un lac, du camping,… Voilà le bon début d’un slasher (ah non pardon, on n’est pas au cinéma là 😁) Mais c’est prometteur quand même ! Le contrat des deux univers avec l’enquête et le monde des réseaux me plaît bien. Je n’ai pas lu le premier mais j’ai bien envie de découvrir celui-ci tout de même. Je le note pour plus tard, merci beaucoup Nath !

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