Le « Top 10 du Noir 2024 »  (et bilan 2024) !

Une nouvelle fois, Geneviève, porte-flingue du Collectif Polar, va nous proposer une série d’articles dans lesquels nous aurons droit aux tops 2024 de ses flingueuses, de ses indics, mais aussi de ses lecteurs ! L’occasion pour moi, une nouvelle fois, de revenir sur mes lectures les plus marquantes de l’année !

Chaque année, c’est un crève-cœur de faire des choix ! Mais c’est le jeu, alors si vraiment, je ne devais en retenir que 10, ce serait ceux que je vous laisserai découvrir après un petit bilan… Ce qui me frappe, après avoir réalisé cette sélection, c’est que tous sont un état des lieux de notre société. Et sincèrement, il y a franchement de quoi trembler…

Avant de vous laisser découvrir mes choix, je me permets de revenir sur cette année 2024 qui ne m’aura pas épargnée… Avec elle est venu un vent de conflit, d’incompréhension, d’aigreur, de non-dits. Et ce vent s’est rapidement mué en tempête dévastatrice. Plusieurs fondements de ma vie ont été ébranlés, j’ai vacillé. Je suis même tombée. Souvent, j’ai cru avoir la détermination d’Atlas, mais force est de constater que la fin 2024 m’a fait mettre un genou à terre. J’ai dû déposer ma charge, et, alors que s’égrènent les dernières minutes de cette année noire à bien des niveaux, je peine encore à retrouver l’équilibre. Je garderai éternellement en mémoire la date du 31 janvier 2024. Une rencontre avec Maxime Chattam (je vous en parlais ici) qui, au-delà d’une magnifique rencontre humaine, m’a apporté beaucoup. « Il suffira d’une étincelle », ça n’a jamais été aussi vrai me concernant. Il y a du bon, parfois, à mettre le feu à ses propres certitudes !

Mais à côté de ça, j’ai vécu des moments merveilleux et intenses grâce à ma passion pour la lecture en 2024, et ce sont ces moments-là que je veux retenir.

Commençons par « la fine équipe » du podcast du Club Sang (sur BePolar) qui continue de se rejoindre une fois par mois, grâce à Jérôme Vincent. Jérôme, Aude, Julie, Anthony, Jean-Michel, si vous passez par ici : merci !!! Pour les fous rires, pour les mots censurés, pour les points circulations routières, pour les débats hors sujets, pour votre enthousiasme, votre humour, et nos bavardages en off… Juste un détail : vous n’arrangez pas la taille de ma PAL !

Autre réunion mensuelle que je ne raterais pour rien au monde : notre Book Club « La Librairie Noire« . Certes, on est parfois (ok, souvent) dissipés… Mais ces rencontres ont tissé des liens chers à mon cœur ! Je suis peut-être bien un « bisounours », mais je suis persuadée qu’un groupe de personnes aussi positives et bienveillantes mérite mon attachement !

Un autre rendez-vous s’est timidement glissé dans le planning 2024 : mon arrivée comme « complice » de la boîte de Frédéric Ernotte. Je rejoins une équipe dynamique, impliquée, un projet qui, en 2024, a ramassé le plafond sur la tête, au sens littéral ! Après cette catastrophe, la communauté de la littérature noire a fait montre d’une vraie solidarité, et enfin, depuis quelques semaines, « La Boîte » est de retour ! Et, sans faux teasing, je peux d’ores et déjà vous annoncer que mes camarades et moi aurons l’honneur d’y recevoir du beau monde 😍! Réservez vos mardis et jeudis soir 😉, dès 20h30, en live sur Twich ou en replay sur Youtube, Spotify, Apple, Deezer,…

En 2024, j’ai également reçu la confiance de trois autrices en cours d’écriture. Trois bêta-lectures enrichissantes, de personnes que vous avez déjà croisées par ici mais dont, même sous la torture, je ne révélerai pas les noms ! On continue en 2025 😘.

Pour conclure, en 2024, les trois organisateurs du salon Iris Noir, pour lequel je suis bénévole depuis la seconde édition, m’ont fait un immense honneur : ils m’ont confié l’animation de tables rondes du salon poche, d’abord, du « grand salon » d’octobre, ensuite. Une sacrée expérience qui m’a amené beaucoup de stress, mais le bonheur qui en a découlé le valait mille fois !

En résumé, mon navire personnel a plus d’une fois menacé de couler en 2024, mais c’est, chaque fois, mon amour des mots qui m’a servi de gilet de sauvetage… Merci à tous ceux qui en sont responsables et que j’ai cités plus haut, sans oublier bien sûr, en dehors de ce monde, mes amies qui se reconnaîtront et mes enfants, qui m’ont apporté un soutien sans faille.

Parlons boutique : il est clair, statistiquement parlant, que le blog a souffert de cette humeur en dents de scie en 2024. J’ai effectivement moins écrit, et il y a encore des chroniques de mes lectures de juillet à aujourd’hui qui ne sont pas terminées. Pour autant, les visiteurs sont toujours là, et comme Yvan et Aude avant moi, je ne peux que constater que la plupart des visiteurs viennent des abonnements (mails ou wordpress) mais également des moteurs de recherche ! Plus 10% de visites, cette année, malgré un ralentissement net de mes calendriers de publications ! Les plateformes de médias sociaux n’ont qu’une contribution marginale à l’audience du blog, ce qui démontre clairement que les contenus approfondis échappent toujours à un certain public accro au défilement.

J’en ai enfin fini avec ce bilan 2024, et ça me semblait important de clôturer l’année en exorcisant mes démons sur mon petit espace personnel. Je vais aborder 2025 en me rappelant que la vie est trop courte pour vivre de regrets et que, bien que j’aie ma part de responsabilités dans certaines de mes grandes douleurs de 2024, si mes actions ont pu manquer de réflexion, elles n’ont pour autant jamais été dictées par une quelconque envie de nuire. Car je suis et resterai, en dépit des revers qui me reviennent en pleine figure, une personne fondamentalement gentille. C’est bien la seule certitude que j’ai sur moi-même…

Trêve de blabla, place au « Top 10 de Mes Lectures du Dimanche » !

1 : « Obsolète » – Sophie Loubière

« (…) Avec ce récit, l’auteure nous prouve que la violence peut se cacher dans les plus jolies phrases. Avec ce monde en apparence parfait, elle glace le sang. Dans ce récit dense, elle évoque l’avenir de l’humanité en s’appuyant sur bon nombre de choses déjà existantes, elle pousse les curseurs de la réflexion, réveille les consciences. Tout en proposant un futur crédible, une approche visionnaire du monde qui nous attend, mais qui pousse à hurler au monde qui est le nôtre de cesser de dériver tant qu’il en est encore temps… S’il en est encore temps ?  (…) » Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : Convoquant tout autant le roman d’anticipation que la littérature de suspense, Sophie Loubière nous offre une plongée fascinante et terrifiante dans un monde rétrofuturiste visionnaire. Une œuvre totale par une grande voix du roman noir français.
La femme, un produit sans grand avenir ?
2224. Depuis le Grand Effondrement de la civilisation fossile et les crises qui ont suivi, l’humanité s’est adaptée. Économiser les ressources, se protéger du soleil, modifier son habitat, ses besoins, et adhérer au tout-recyclage.
Y compris celui des femmes.
Afin d’enrayer le déclin de la population, toute femme de cinquante ans est retirée de son foyer pour laisser la place à une autre, plus jeune et encore fertile.
L’heure a sonné pour Rachel. Solide et sereine, elle est prête. Mais qu’en est-il de son mari et de ses enfants ? Car personne n’est jamais revenu du Grand Recyclage. Et Rachel sent bien que le Domaine des Hautes-Plaines n’est pas ce lieu de rêve que promet la Gouvernance territoriale aux futures Retirées…

2 : « Cartel 1011 : Les bâtisseurs » – Mattias Köping

« (…) entrer dans ces lignes, c’est la certitude d’étouffer, d’enrager, de s’indigner. Parce qu’une fois de plus, l’auteur va poser des mots, crus, sur des maux qui gangrènent notre société. (…) Il faut être furieusement déterminé pour oser se dresser devant des ennemis aussi puissants, pour souvent un résultat tragique. Pourtant, il en existe encore, de ces héros qui sacrifient leur vie, au propre comme au figuré, pour une cause qu’ils croient juste. Et ces personnages, ainsi que ces quelques quidams qui, d’un acte fou, bravent le danger, apportent cette petite once d’humanité et d’espoir au récit. (…) J’ai éraflé mon cœur contre les mots rugueux de Mattias, et telle une accro au crystal meth, j’en redemande… Mon seul regret ? Que les monstres de cette fiction n’aient rien à envier à ceux qui se cachent dans notre réalité ! (…) » Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : La péninsule du Yucatán, entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Des sites d’une beauté renversante mais qui, depuis des siècles, se résignent à la violence. Le Yucatán est le fief du clan Hernandez, arrivé avec les premiers conquistadors et qui compte sur le pharaonique projet du Train Maya pour resserrer encore l’emprise qu’exerce son conglomérat, la toute-puissante Comex.
C’est là aussi, entre Cancún et Tulum, qu’émerge un nouveau cartel, le 1011, capable du pire pour asseoir son hégémonie sur les trafics internationaux.
Comme celui des capitaines d’industrie, l’appétit des criminels est sans limite. Tout s’achète et tout se vend : drogues, armes, matières premières, animaux, territoires, corps, âmes. Rares sont les téméraires qui osent leur résister.
En Europe aussi, les victimes s’accumulent. Les forces de police sont sur les dents, confrontées à une sauvagerie inédite.
Car nul ne bâtit de nouvel empire sans anéantir les précédents.
Premier volet d’une partie d’échecs dévastatrice qui débute au Mexique pour se déployer dans le monde entier, Cartel 1011 : Les Bâtisseurs confirme le talent hors normes de Mattias Köping, devenu en deux livres cultes, Les Démoniaques et Le Manufacturier, une figure reconnue du roman noir français.

3 : « Délivrées » – Delilah S. Dawson

J’ai eu un immense coup de cœur pour cette lecture où l’on plonge dans un monde en proie à un nouveau virus qui pousse les personnes ordinaires, dans un accès de rage passager dont elles ne gardent ensuite aucun souvenir, à exterminer la personne qui se trouve à leur portée avec le premier objet venu.  Et voilà cet axe pris par l’auteure, avec la Violence (du nom de ce nouveau mal) comme réponse à la violence que connaît Chelsea, la petite, sans v majuscule, cette basse violence imposée par l’homme qui se croit tout puissant et qui estime que la femme doit lui être entièrement soumise. Et tandis que les gens tentent de s’organiser, de survivre, et surtout d’éviter de se transformer en arme mortelle, l’auteure parsème ses lignes d’une vraie analyse acerbe de la société actuelle. Qu’il s’agisse de la gestion sanitaire ou de la morale incertaine des gens riches, en passant par la lâcheté des hommes violents, l’auteure peint un tableau grinçant, et l’on ne peut qu’exulter à la lecture de certaines solutions ! Finalement, de manière très métaphorique, c’est la délivrance de femmes que nous offre l’auteur, et, avec elles, l’espoir pour toutes celles qui souffrent. Qu’elle soit physique ou psychologique, aucune forme de violence ou de soumission n’est tolérable, et cette histoire de résilience et de résurrection est particulièrement bien amenée, divertissante et jubilatoire ! Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : Et si la peur changeait de camp ?
En apparence, Chelsea Martin mène une existence idéale. Mariée à David, son amour de jeunesse, mère de deux filles, elle ressemble à s’y méprendre à une femme comblée. Mais au sein de la maison où habite le couple, Chelsea étouffe. Pire, elle rase les murs. Une assiette sale dans l’évier, une tenue négligée, le dîner qui n’est pas prêt… Il suffit d’un rien pour soulever la terrible colère de David, assez pervers pour violenter sa famille sans laisser de traces. Chelsea est prise au piège. La situation paraît sans issue. Jusqu’au jour où une étrange épidémie fait son apparition. Ses symptômes ? De la fièvre, un excès de salive… et des accès incontrôlables de violence. Est-ce l’occasion dont rêvait Chelsea pour échapper à son triste sort et protéger ses filles ?
Grinçant, provocant et impossible à lâcher : avec Délivrées, Delilah Dawson dresse le portrait de la parfaite famille dysfonctionnelle américaine, précipitée par les événements dans une spirale de violence d’une redoutable actualité. Mieux qu’un roman : une grenade dégoupillée !

4 : « La Colère » – S.A. Cosby

« (…) La colère… c’est celle de deux pères en quête de vérité. Contre ceux qui ont assassiné leurs fils. Mais aussi et surtout contre eux-mêmes. Ike et Buddy Lee n’ont rien en commun, ou presque. L’un est noir, l’autre blanc. L’un est à la tête d’une prospère entreprise de jardinage, l’autre vit à la ramasse dans une caravane dont on ne comprend pas comment elle ne s’est pas encore effondrée sous le poids des bouteilles d’alcool vides. Tous les deux sont passés par la case prison, mais n’en ont pas tiré les mêmes leçons. Pourtant, quelque chose aurait dû les rapprocher : leurs fils respectifs, Isiah et Derek, étaient mariés. Mais ni l’un ni l’autre n’a été capable de surmonter sa haine de l’homosexualité, gâchant inlassablement chaque échange avec leur enfant, incapables de se réjouir d’un bonheur pourtant incontestable. Maintenant qu’il est trop tard, les deux pères sont confrontés à cette immense culpabilité qui n’a d’égal que le chagrin qu’ils ressentent d’avoir perdu leur unique enfant. Alors, tout différents qu’ils soient, les deux pères éplorés s’associent pour résoudre le mystère qui entoure la mort de leurs enfants, car il est clair qu’un énième crime homophobe ne représente pas une priorité pour la police. (…) Une peinture claire et sans filtre de l’Amérique d’aujourd’hui, c’est ce que nous propose l’auteur en traitant de racisme, d’homophobie, au travers les parcours de ces pères qui, certes, n’ont pas été les meilleurs, bien au contraire, mais qui ont vu leur voile d’intolérance se déchirer avec la mort de leurs fils. Une prise de conscience salutaire, bien que tardive.  (…) » Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : Un état des lieux sans concession de l’Amérique des marges.
Ike Randolph est noir. Buddy Lee Jenkins est blanc. En Virginie-Occidentale, cela revient à dire que tout les oppose. Ils ont pourtant été tous les deux pareillement lamentables en dénigrant avec la même violence l’homosexualité de leurs fils, maintenant mariés l’un à l’autre. Alors, quand Isiah et Derek sont assassinés, la douleur a un goût de culpabilité. Qui a tôt fait de se transformer en colère, un colère viscérale, qui réclame un exutoire.

5 :  « Prime Time » – Maxime Chattam

«  (…) Le combat entre audience et sincérité n’est pas toujours égal. Et la lutte pour mener une carrière réussie dans un monde de requin nécessite parfois de détourner, sciemment ou pas, le regard. L’idéalisme d’un début de carrière contre le cynisme d’une réussite avérée, c’est ce qu’incarnent Charlène et Amélie. L’une est un rouage discret, mais essentiel du journal de 20h, bête de travail qui anesthésie ses émotions pour ne pas prendre le temps de réfléchir au désert de sa vie privée ; l’autre est la puissante PDG de la chaîne. Deux figures féminines totalement en opposition. À moins qu’elles ne se trouvent simplement à deux moments de leur vie qui n’ont pas encore pareillement impacté leur carapace ? (…) Et de cette société qui se proclame moderne, l’auteur souligne les failles. Je n’ai plus vingt ans, et j’ai perdu l’ardeur, la candeur et l’idéalisme qui caractérisent la jeunesse. Je n’ai pas non plus atteint cet âge où vient le sarcasme comme seule réponse. Je suis à mi-chemin, sachant d’où l’on vient, mais consciente du chemin qu’il reste à parcourir. J’ai aimé ce regard-là posé par l’auteur sur des problèmes féminins qui, dans ces professions médiatisées en particulier, restent un vrai fléau. (…) » Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : Pendant que des millions de téléspectateurs regardent le journal télévisé de 20 h sur la première chaîne nationale, un homme masqué, à la voix déformée, prend en otage le présentateur vedette.
Si le direct est coupé, il le tue. Alors que le GIGN, le procureur, les politiciens et la direction de la chaîne s’agitent en régie, un jeu de manipulation démarre entre le négociateur et le preneur d’otage.

6 : « Soufre » – Nicolas Druart

« (…) on a l’ambiance, glauque et effrayante à souhait, même si les curseurs sont (et je pense que c’est tout à fait volontaire) poussés assez loin, on a des personnages très bien travaillés, dont certains sont particulièrement attachants (Mention spéciale pour le rott d’Aurore !), et puis, surtout, et c’est là que l’histoire a achevé de me séduire, on a une résolution aussi désespérante que crédible ! L’intrigue se clôture sur une analyse navrante de notre société, et cela a ouvert chez moi des chemins de réflexions, et même si les conclusions sont somme toute un peu déprimantes, c’est vraiment ce que j’aime dans la littérature noire : cette propension à nous dépeindre notre monde, tel qu’il est, sans jugement de valeur, mais avec juste ce qu’il faut pour nous faire cogiter. Le polar est un outil, et il se fait parfois le triste miroir de notre société ! (…) » Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : L’Homme-Allumettes… Dites trois fois son nom et priez pour rester en vie.
Cette légende urbaine, le capitaine Antoine Aubert n’y accorde aucun crédit. Mais lorsqu’il hérite du meurtre filmé de deux adolescentes, ses certitudes vacillent. Celui-ci défie toutes les lois de la physique : dans une cabine du téléphérique toulousain, perchée à cinquante mètres au-dessus du vide, l’Homme-Allumettes semble surgir de nulle part.
L’affaire, déjà inédite, prend des proportions vertigineuses quand une youtubeuse célèbre consacre une vidéo sur cette histoire horrifique et que des milliers de personnes réalisent l’invocation pour se faire peur. Car une question primordiale demeure : comment traquer un individu qui a plus de traits communs avec un fantôme qu’avec un être humain ?

7 :  « Pottsville, 1 280 Habitants » – Jim Thompson

«  (…) Nick Corey est shérif d’une petite ville du Texas en 1917. Il va bientôt devoir se faire réélire. Ce qui signifie fournir un minimum d’effort pour paraître compétent. Ce qui ne sera pas simple, car il est pourvu d’une flemme encore pire que celle de mes gosses quand je leur demande de vider le lave-vaisselle, et c’est pas peu dire !!! Fainéant, cynique, d’apparence un peu simple, Nick est en fait un fin stratège, un tordu comme on en fait peu. Un véritable antihéros aux observations hilarantes, qui sont un condensé d’humour noir et que j’ai franchement savourées ! (…)  l’auteur se fend d’une analyse plutôt acerbe de la société, et c’est grinçant, mais jubilatoire, même quand c’est peu élogieux pour la sacro-sainte population blanche d’un État du Sud des États-Unis. Les situations sont parfois rocambolesques. Un tic de langage particulièrement délicieux de ce shérif pas comme les autres m’a vraiment fait rire : « j’dis pas que… » et ça marche pour tout ! À sa manière de faux abruti, il rectifie la vérité avec un air de ne pas y toucher, et on adore ! Une bonne lecture qui rape et qui dérape ! Un pur moment de poilade que je recommande ! (…) » Ma chronique complète ici 

Résumé Babelio : Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il décide donc de commencer à faire le ménage.

8 : « Peines perdues » – Nicolas Lebel

«  (…) Ce qui est surprenant, quand on connait un peu l’auteur, c’est que cette fois, il nous plonge dans un récit profondément noir ! L’écriture est très soignée, très riche, extrêmement recherchée.  (…) Le texte fait une analyse de la société carcérale, mais, au-delà de ça, c’est une vision assez globale de notre monde actuel que fait ici l’auteur. La description de la réalité des prisons est quand même particulièrement violente, et l’auteur va aborder non seulement cette violence, gratuite la plupart du temps, mais aussi les jeux de pouvoirs et de manipulation. Et bien entendu, les dérives religieuses extrémistes, qui trouvent dans les prisons un terrain fertile pour se développer ! Cette partie est imagée par un personnage qui est particulièrement glaçant, sous ses attitudes mièvres et polies, et c’est sincèrement effrayant ! Venant d’un auteur qui nous a habitué à un humour un peu potache avec des personnages franchement drôles et caricaturaux, c’est quand même un sacré virage ! Mais un virage parfaitement maîtrisé, car j’ai savouré chaque mot, chaque pensée, toujours placés avec une infinie justesse, une triste clairvoyance. (…) » Ma chronique complète ici 

Résumé Babelio : Théo Pereira purge sa peine pour homicide involontaire au pénitencier Pieter Brueghel : par une nuit pluvieuse, deux ans plus tôt, il a perdu le contrôle de son véhicule et percuté un abribus où une femme s’était réfugiée.
Chaque mois, le mari de la victime, Pierre Moulins, rend visite à Théo pour qu’il raconte, encore et encore, les derniers instants de son épouse, en échange d’un témoignage en sa faveur devant la commission de libération anticipée. Chaque mois, Moulins constate le délabrement de Théo dans cet univers qui le dévore et où une brute, Marco Minotti, a fait de lui son souffre-douleur. Ce que Théo ignore, c’est que, chaque mois, Moulins paye Minotti pour lui faire vivre l’enfer.
Face à ce triangle tragique formé de trois hommes qui se haïssent, trois femmes qui les aiment verront vaciller leur destin à l’heure du funeste dénouement.

9 : « Au nord de la frontière » – R.J. Ellory

« (…) Ce livre pourrait n’être qu’un énième roman noir, mais Ellory a ce talent d’ajouter à ses récits un véritable supplément d’âme. L’action, qui se passe dans les années ’90, se déroule calmement, parce que l’auteur prend son temps. Mais il ne nous ennuie pas, bien au contraire, car les pages se dévorent. Entre description et introspection, on navigue dans une enquête au cœur des communautés des Appalaches, dans ces endroits si isolés et si particuliers. Dans ces contrées, les notions d’entraide et de protection prennent parfois d’étranges sens, et Victor est lui-même en proie à des questionnements propres concernant sa famille. Pour cet homme solitaire, réfléchir en termes de communauté est particulièrement neuf, et bien vite, il se sent impliqué bien plus qu’il ne s’y serait lui-même attendu. La profondeur que l’auteur apporte au personnage de Victor est assurément l’un des éléments clés qui m’ont fait passer un excellent moment en compagnie de cette plume désormais incontournable. Bien sûr, l’immersion dans ce paysage atypique, merveilleusement hostile, est totale grâce à l’écriture poétiquement sombre de l’auteur. J’ai noté mille phrases et me suis laissée gagner par cette introspection à laquelle l’auteur et son héros nous poussent, discrètement, infailliblement. (…) » Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : Victor Landis est shérif dans une petite ville de Géorgie. C’est un homme solitaire, qui a dédié son existence au travail. Pour toute famille, il ne lui reste que son frère, Frank, avec qui il a partagé une enfance misérable avant qu’une brouille ne sépare les deux hommes. Lorsque Frank est retrouvé mort dans des circonstances étranges, Victor décide de passer la frontière du Tennessee afin d’en savoir plus. Là, il découvre que son frère avait une ex-femme, et une fille, dont il ignorait l’existence.
Pour sa nièce, Victor doit tenter d’en savoir plus sur la mort de Frank. Le voilà immergé au cœur des communautés isolées des Appalaches, où la drogue, les trafics en tous genres et la corruption sont omniprésents. Bientôt, sa piste le conduit sur une série de meurtres inexpliqués de jeunes adolescentes…
Avec ce thriller magistral, qui évoque autant True Detective que Top of the Lake, R. J. Ellory cumule une intrigue au suspense implacable et une histoire familiale d’une émotion rare.
Prenant pour cadre les Appalaches, région la plus pauvre des États-Unis, personnage à part entière du récit, l’auteur de Seul le silence et d’Une saison pour les ombres entraîne le lecteur dans un voyage aussi palpitant qu’inoubliable.

10 : « On dirait des hommes » – Fabrice Tassel

« (…) Ces lignes font mal. Elles rappellent à quel point il suffirait d’être sincère, d’être vrai, pour éviter les malentendus. Bien souvent, le cœur d’une famille est la connaissance qu’ont les uns et les autres des forces et des faiblesses de chacun. Et la force de la famille réside dans la possibilité, ensemble, d’utiliser ces forces et de pallier les faiblesses. Sauf que la vérité, ce n’est pas que l’on connaît, mais bien que l’on croie connaître… Et là est toute la nuance dont a su tirer parti l’auteur pour nous offrir un drame poignant. C’est un roman à charge contre certains hommes, écrit par un homme. Oui, les hommes peuvent être sensibles et plaider la cause des femmes sans caricature ni victimisation. « On dirait des hommes » est tout simplement magistral, dans son thème et dans sa manière de l’aborder. (…) » Ma chronique complète ici

Résumé Babelio : La juge d’instruction Dominique Bontet a la réputation de ne jamais clore un dossier avant la fin du délai légal. Les victimes méritent cela : face à leurs vies brisées, elle doit leur accorder jusqu’à la dernière seconde. Le dossier qui est aujourd’hui sur son bureau lui parle de Gabi et de ses parents, Anna et Thomas. De cette soirée où le petit garçon a couru sur la jetée et buté sur un anneau d’amarrage, de sa chute dans des eaux sombres, de son père impuissant face aux vagues. Entre les lignes, elle lit la blessure infinie de la perte, les fissures d’un couple, la culpabilité d’un homme à n’avoir pu sauver sa famille. C’est un drame tragiquement simple : juste un accident. Pourtant, elle n’arrive pas à conclure. Chaque jour des femmes viennent dans son bureau réclamer de l’aide et elle aimerait que pour une fois un père soit un héros. Et puis elle l’a appris, les histoires simples, ça n’existe pas. Alors, elle va tout reprendre. Dans ce roman noir psychologique, Fabrice Tassel nous invite à nous glisser au-delà des apparences pour découvrir ce qui fait la part de ténèbres de chaque famille, les secrets, les mensonges et les crimes qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

40 réflexions sur “Le « Top 10 du Noir 2024 »  (et bilan 2024) !

  1. Je ne savais que tu avais vécu de telles tempêtes en 2024 mais je suis admirative de la manière dont tu as su garder le cap. Cet amour des mots est un bien extrêmement précieux en plus d’une réelle richesse et d’une source inestimable de réconfort.
    Quant à ton top, je vois Obsolète que j’avais oublié alors que je me faisais un devoir de le lire !
    Je te souhaite une belle et riche année 2025 🙂 Qu’elle te soit porteuse de beaux moments et ce chaleur humaine.

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    1. Ça n’a pas été simple tous les jours mais finalement, se morfondre n’a jamais aidé personne. J’ai remis plusieurs coups dans la fourmilière, j’ai amélioré des choses, j’en ai perdu d’autres. Je dois avancer. Les livres m’y aident. Je suis habituellement un peu plus discrète sur ma vie, mais je voulais exorciser mes maux en les nommant pour mieux les brûler. 2025 sera la reconstruction 😉.
      Je ne peux que te conseiller de sortir Obsolète 🥰.
      Je te souhaite une merveilleuse année 2025 et merci de ta fidélité 😘

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  2. Mon dieu Nath tu en as vécu des vertes et des pas mûres, j’espère que tu as été soutenue durant cette année éprouvante, et pas seulement par les livres malgré le bienfait qu’ils peuvent apporter.
    Merci pour ton bilan dont plusieurs livres sont dans ma PAL, dont Obsolète et Primal time que je me réjouis de découvrir. Et je note le Fabrice Tassel .

    J’espère que l’année qui vient t’apportera le repos, la force et l’aide pour te reconstruire et retrouver le sourire.

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    1. Oui, heureusement, j’ai eu près de moi des personnes extraordinaires, ils m’ont empêchée de sombrer.
      Je me dis que l’avantage de ces tempêtes, c’est que j’ai reconstruit sur de meilleures bases !
      Prime Time divise pas mal, j’ai hâte de savoir quel sera ton avis !
      Obsolète est excellent, et le Tassel tellement touchant !
      Je te souhaite une très bonne année 2025 !

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  3. Avatar de Céline C. Céline C.

    Merci chère Nathalie pour ce joli top 10. Tu me rappelles que je dois lire On dirait des hommes et La colère 😉.

    Bravo également pour tous ces projets auxquels tu prends part (du coup tu me fais découvrir la boîte de Frédéric Ernotte)

    J’espère que 2025 te sera plus douce, après celle tempétueuse et un peu sombre qui s’achève. Je te souhaite le meilleur ❤️.

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  4. Avatar de philippedesterb599461a21 philippedesterb599461a21

    Je te souhaite donc une meilleure année 2025, que le bateau se remette à flots.

    Je te souhaite aussi beaucoup de belles rencontres livresques et autres. Heureusement que nous avons le gout de la lecture !

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  5. Soufre et Délivrées sont déjà dans ma liste d’envie, mais j’avoue que les autres romans de ce top me tenterait bien aussi. Mais bon, il faut bien se limiter, on n’a que deux yeux ! 🤭 Je suis désolée d’apprendre que ton année 2024 fut si chaotique et je te souhaite de tout cœur Nath, d’avoir le droit à plus de douceur et plus de sérénité pour cette nouvelle année qui commence. Prends grand soin de toi, je t’envoie tout plein de bonnes ondes 😘✨

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  6. Je suis contente de voir que tu es sur une belle lancée et que de beaux projets se mettent en place. Je ne te connais, mais j’espère que nous aurons l’occasion de nous rencontrer un jour, lors d’un salon par exemple.

    En attendant, je suis ravie de voir Pottsville dans ton top, car c’est un roman que l’ont voit peut, et que j’ai beaucoup aimé aussi !

    Je te souhaite une magnifique année 2025 Nath ! 😘

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