« La dame de Reykjavik » – Ragnar Jónasson

Lu en : Janvier 2025

Hulda est un bon flic. Excellent, même. Mais elle a soixante-quatre ans. Ce qui signifie que l’heure de sa retraite se rapproche dangereusement. Et alors que l’échéance ne se compte plus qu’en mois, son chef la prend de cours en requérant qu’elle l’avance à… l’instant même ! Le caractère solitaire de l’enquêtrice ne joue pas en sa faveur, même si personne ne remet en cause son efficacité. Mais du sang frais va venir grossir les rangs, alors Hulda n’a plus sa place. Combative, l’inspectrice négocie un dernier baroud d’honneur, qui durera trois jours, durant lesquels elle reprendra l’enquête sur la mort d’une réfugiée russe. Classée comme accidentelle par l’un de ses collègues passablement incompétent, Hulda met sa pugnacité au service de la vérité. Un moyen de ne pas avoir le temps de réfléchir aux conséquences de cette retraite qu’elle redoute.

Hulda vit seule. Et bien qu’elle semble ouvrir les portes de sa solitude à un possible compagnon de route, nul doute que son placard regorge de squelettes… Le dernier en date étant cette enquête, qu’elle vient de résoudre, mais dont elle cache l’issue à sa hiérarchie. Un faux pas dans cette fin de carrière, qui ne sera malheureusement pas le seul…

Durant la lecture, on suit également une jeune femme, pour qui l’arrivée de sa fille a été un bouleversement traumatisant, mais qui décide de se battre pour préserver sa relation avec elle. Ces passages sont assez difficiles à raccorder à l’intrigue, ce qui ménage un léger suspense. Léger.

La détresse d’Hulda est palpable. Cette impression que la retraite lui enlèvera toute raison de vivre ne s’explique pas forcément, puisque, malgré des états de services impressionnants, elle ne semble pas intégrée à l’équipe du commissariat. Personne ne semble regretter son prochain départ. Cette distance est-elle le fait d’un machisme ambiant ? Ou plutôt la conséquence d’une enfance rude et de deuils successifs qui ont érigé entre Hulda et le reste du monde des barrières difficiles à franchir ?

Les moments d’introspection d’Hulda et l’omniprésence de la nature glaçante de l’Islande permettent une belle immersion, mais je n’ai malgré tout pas réellement éprouvé d’empathie pour Hulda. Certes, le personnage est tragique, mais mes émotions sont restées au bord du chemin.

L’enquête sur la mort d’Helena apporte son lot de surprises, soulignant non seulement l’incompétence du précédent enquêteur, mais également la vivacité d’Hulda qui, bien que bientôt retirée, n’a rien perdu de son flair. Sauf peut-être un brin de vivacité…

Savoir que cet opus était le premier d’une série (je précise n’avoir lu aucun des résumés) ne m’avait pas préparée à la surprise de taille que nous réserve l’auteur pour sa fin ! J’en serais presque tombée de ma chaise ! C’est le point le plus marquant et le plus apprécié de ma lecture, car il fallait oser !

Nul doute que la tristesse et la tragédie seront les sensations qui me resteront au sortir de cette lecture, mais il me restera également cette distance typiquement nordique qui m’a empêchée d’être réellement submergée par une émotion que je n’ai fait qu’effleurer. Je suis, clairement, restée en surface. Mais je ne dis cependant pas non à l’éventualité de retrouver Hulda, un de ses quatre…

22 réflexions sur “« La dame de Reykjavik » – Ragnar Jónasson

    1. Effectivement, mitigée, mais j’ai vu des lecteurs conquis. Et la distance de Hulla s’explique au fil du livre, mais je suis assez difficile, comme lectrice, et j’ai vraiment vraiment besoin d’entrer en empathie avec les personnages. J’ai besoin de sentir l’écho de leurs histoires et de leurs sensations, je n’y suis pas arrivée avec ce personnage qui avait si bien construit sa carapace.

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  1. Bonjour, comme j’ai eu la trilogie dans mes mains en même temps, j’ai commencé par le début c’est-à-dire celui qui a été publié le plus récemment (La dernière tempête) puis L’île au secret et enfin La dame de Reykjavik, le premier paru mais le dernier de la trilogie. J’ai trouvé mieux de faire cela. Toujours est-il que La dame de Reykavik se termine très mal et je ne m’y attendais pas du tout. Les trois romans sont bien. Bon après-midi

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