Lu en : Février 2025

Pour nous, belges ayant dépassé un certain âge, le « jour sans roi » n’est pas inconnu. Effectivement, c’est ce jour du printemps 1990 (prononcez nonante !) où notre souverain Baudouin Ier, peu en phase (pour d’évidentes raisons personnelles) avec un projet de loi visant à dépénaliser l’avortement en Belgique, décida d’abdiquer, sa manière de désapprouver. Une sacrée page de notre Histoire… et un lien subtil que découvriront les lecteurs avec l’histoire de nos deux héroïnes…
La première, c’est Solange. Août 2016. Alors qu’elle jardine dans sa jolie maison en pleine campagne, cette jeune femme au foyer dévouée corps et âme à son mari est enlevée. Son ravisseur souhaite qu’elle confesse une hypothétique infidélité, condition pour qu’il accepte de la relâcher. On rembobine pour plonger dans le quotidien de Solange et son mari, un gros con rétrograde qui voit sa femme comme une charmante potiche. Vous l’aurez compris, ce personnage détestable n’a pas franchement conquis mon cœur, plus encore eu égard à ses attitudes prétendument aimantes qui font douter sa chère épouse qui, limite, a honte de ne pas se sentir pleinement comblée par un mari aussi merveilleux…
Deuxième héroïne à entrer en scène : Angèle. Bruxelloise, élevée par sa grand-mère fervente royaliste. Sa mère est morte en couche, sa grand-mère représente tout son univers et leur vie est rythmée par les apparitions de nos souverains qu’elles suivent assidûment. Lorsque la vieille dame est au crépuscule de sa vie, elle a soudain mauvaise conscience, car elle n’a pas été totalement franche avec sa petite fille. Elle lui délivre alors une vérité sur sa mère qui va ébranler la jeune femme. Angèle se jette à corps perdu dans la recherche de ses origines une fois sa grand-mère décédée, une façon pour elle de combler le vide immense qu’elle a laissé.
L’histoire est construite comme un puzzle et, en commençant tranquillement par les bords, l’auteur prend le temps de nous cacher l’image centrale. Bien sûr, on imagine assez rapidement la forme qu’elle prendra, mais on ne boude pas le plaisir que l’on prend à sillonner les villages belges que l’on connaît, de Bruxelles à Viroinval. Les parallèles historiques entre nos héroïnes et notre famille royale sont assez sympathiques, on touche à notre mémoire émotionnelle et, forcément, ça fonctionne. Ces petites ou grosses anecdotes qui nous rappellent immanquablement un moment de notre vie, voilà qui a largement contribué à mon plaisir de lecture. Sera-t-il éprouvé par tous en-dehors de nos frontières ? Difficile à dire ! Mais j’ai personnellement apprécié la balade, même si certains personnages étaient extrêmement caricaturaux. Un peu comme quand on veut forcer le trait dans une blague belge, mais ça n’est pas grave, parce que les Belges sont bourrés d’autodérision !
Si l’écriture était somme toute assez accessible, j’ai aimé que, derrière l’apparente simplicité, se cachent pas mal d’émotions, mentions spéciales aux serrements de cœur que j’ai ressenti en lisant le désarroi de la pauvre Solange, sous la coupe d’un manipulateur détestable. J’ai découvert ce livre grâce à ma participation au Prix Club de l’Auteur Belge 2024, catégorie thriller. Mais je l’avais déjà repéré grâce à l’enthousiasme du « Belge qui Lit« , qui avait d’ailleurs reçu l’auteur dans LaBoîte de Frédéric Ernotte !
Jaime bien l’expression « gros con rétrograde » 🤣, celui-ci, on ne va pas l’aimer, c’est certain. Merci à toi pour la chronique qui donne très envie de découvrir ce livre 🙏😘
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Ah oui, j’oublie parfois que je n’ai pas le droit de tout écrire tel que ça sort de mes pensées 😅
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Au moins, c’est naturel. 😁 On sent ta complète empathie envers ce gros con rétrograde 😅
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🤣
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Manquerait plus qu’il soit moche. 😂
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🤣🤣 non, ça c’était pas le cas 😆
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C’est pire alors 😋
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🤣
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😂
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Je ne connais rien de la vie de vos souverains. Ici aussi on dit « nonante et septante », il y a beaucoup de points communs entre la Belgique et la Suisse, en tout cas dans la langue. Ta chronique donne envie d’en savoir plus. Bon week end
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Merci 😉
Finalement, en Suisse, vous allez au bout du raisonnement avec octante, je pense ?
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ça dépend des régions, c’est soit quatre vingts soit huitante. Ici c’est quatre vingts, mais octante n’existe pas. Bon week end
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Ah ben merci pour la rectification 😊
Je sais pas d’où j’ai sorti octante, ça me semblait sonner bien 🤣
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J’aime bien les romans où deux personnages ou deux histoires se rejoignent finalement ! Je ne sais pas si le charme des anecdotes pourrait opérer sur les non-belges 😉
Merci Nath pour la découverte de cet auteur.
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Je ne sais pas, mais on parle d’événements somme toute assez important, ça me plairait bien d’avoir un retour « non belge 😏
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Pas certaine de trouver ce roman à la médiathèque …
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Je confesse mon inculture totale quant à la famille royale belge mais l’histoire n’en demeure pas moins tentante, d’autant que maintenant je suis curieuse de découvrir si Solange va se sortir des griffes de son rétrograde de mari.
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Aie ! J’aimerais tout te dire ! 🤣 mais 🤐🤐🤐 😉
Après, les histoires de la famille royale sont anecdotiques mais elles apportent un joli parallèle avec l’histoire des héroïnes.
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Belge aussi je me souviens fort bien de Baudouin jouant à saute-mouton ou aux trois singes à ton choix pour suivre la ligne papale rétrograde. Pour ce qui est du gros con rétrograde lui aussi, je suis déjà saoulée par un autre dont on parle tous les jours dans les médias 😁Merci pour cette lecture Nath !
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Ah 😅
C’est pas totalement le même genre, quoique… ils ne doivent pas avoir une notion moins machiste du mariage 🙄
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En lisant ta chronique, je me rends compte que je ne connais rien à l’histoire de la Belgique. Une chronique qui m’a mis le sourire aux lèvres deux ou trois fois 😁, en attendant, ce roman me tente bien et ça serait l’occasion d’une petite balade en Belgique.
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J’ai aimé les souvenirs de ces lieux, de ces moments, et c’est vrai que les souverains n’ont qu’une utilité très limitée chez nous, mais c’est une famille encore bien respectée !
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