Lu en : Septembre 2024

Je ne lis plus forcément tous les Bussi qui sortent. Vous ne me jetterez pas la pierre, mais les sorties s’enchaînent à un rythme tel qu’il est impossible de s’intéresser à toutes. Pourtant, entendre l’auteur parler de ce livre et savoir qu’il était parrain de l’édition 2024 du salon Iris Noir Bruxelles, ça faisait quand même deux excellentes raisons de lire ce dernier-né ! J’imaginais déjà le puzzle narratif qui allait me laisser pantoise à la dernière page. Parce que c’est ça, la marque de fabrique de l’auteur : un twist final qui arrive comme une claque et qui cueille le lecteur avec force.
Sauf que, pour une fois, ça s’est passé différemment… Si l’on retrouve bien la narration à plusieurs voix, les temporalités éclatées et l’inévitable quête de vérité, le grand twist final m’a paru moins marquant. Pour la première fois, je n’ai pas eu droit à cette claque magistrale à laquelle il m’a habituée.
Car cette fois, c’est plutôt le portrait poignant d’une enfant blessée que nous offre l’auteur.
À l’âge de sept ans, la vie d’Ophélie bascule. Papa tue maman. Maman est morte, Papa est en prison. Ophélie, elle, se retrouve en foyer…
Dès lors, une obsession naît : la vengeance. Et elle grandit avec elle. Car pour Ophélie, aucun doute : il existe une autre vérité, une autre culpabilité. Celle de Vidame, un travailleur social qui était, à l’époque du drame, en charge de sa famille. Il est, pour Ophélie, le seul coupable de la mort de maman.
Toute la vie d’Ophélie, tous ses choix seront guidés par cette obsession.
Ce roman, c’est un hommage discret, mais puissant au monde des travailleurs sociaux. Ceux qu’on oublie, qu’on critique, qu’on juge, mais qui, dans l’ombre, tentent de réparer l’irréparable avec trop peu de moyens et bien trop de responsabilités sur les épaules. Comme Bénédicte, l’éducatrice d’Ophélie, humaine et aimante, qui en est l’incarnation lumineuse. À ses côtés, des ados cabossés, mais profondément attachants, comme Nina, la sœur de cœur qu’Ophélie rencontre au foyer, à la répartie cinglante et au cœur grand comme l’océan.
Et puis il y a le décor, ce retour dans les années 90, avec ses Walkman et ses débardeurs fluos, qui ajoute un brin de nostalgie douce-amère, surtout si, comme moi, vous étiez ado à cette époque (oui, je suis vieille, et alors ?)
Côté style, on retrouve l’écriture fluide de Bussi, toujours aussi accessible, toujours aussi précise. Peut-être un peu moins lyrique que ce que j’aime, mais toujours efficace.
Le roman assume son ton plus introspectif, plus romanesque que véritablement haletant. Ce n’est pas un thriller d’adrénaline, mais un récit de reconstruction, un voyage émotionnel à travers la colère, la quête chimérique de justice, la perte, et ce besoin vital de comprendre pour enfin se (re)construire.
« Mon cœur a déménagé » est un roman moins spectaculaire, mais plus humain. Il parlera sans doute davantage aux lecteurs fidèles de Bussi, capables de reconnaître l’évolution de sa plume vers quelque chose de plus mûr, de plus engagé, de plus intimiste.
Ce n’est pas celui que je recommanderais pour découvrir l’auteur. Mais c’est un roman qui mérite d’être lu pour ce qu’il dit des enfances volées, des adultes fracturés, et de ceux qui les aident à tenir.
Et pour finir, bravo à Michel Bussi qui reverse 10 % des droits au Secours populaire. Une belle manière d’aligner ses mots à ses valeurs.
Il m’a un peu déçu par rapport à ses écrits habituels…
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Oui, j’admets aussi une certaine déception mais j’ai été sensible aux arguments qu’il a expliqué sur les travailleurs sociaux. Mais dans l’absolu, il m’a manqué ce qui fonctionne si bien avec lui habituellement !
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Comme cette chronique le souligne, je l’ai trouvé plus engagé aussi ! Néanmoins, c’est toujours le même talent pour raconter des histoires accessibles !
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Oui, effectivement, il ne manque pas de talent 😉
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Merci Nath pour cette chronique sincère. J’ai lu un ou deux Bussi à ses débuts, j’ai bien aimé. Mais c’est vrai que je n’y suis pas revenue, trop d’autres sollicitations …
Mais nan tu n’es pas vieille … 🙄. Tu verras quand tu auras mon âge 🤣
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Oui, tu as raison ! (Heu, sur les sollicitations, hein, pas sur l’âge 🤣)
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😂
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J’ai arrêté avec cet auteur, depuis un moment déjà mais ta chronique est intéressante. De mon côté, en 90, ce n’était plus le Walkman, mais la maternité 🤣 donc tu n’es pas vieille du tout. Juste une ado recyclée, comme nous 😁 Merci à toi pour le partage 🙏 😘
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Oups 😅
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Non mais Nath, j’ai aussi arpenté les rues de Paris avec Billie Jean dans les oreilles 🤣
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Ah mais moi aussi (sauf que c’était pas Paris 😅)
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🙃😊
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J’adore cette expression : une ado recyclée 😂 ! Merci Dame Lulu 😘
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Le credo de la #teamboulette Céline 🤣
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Mais oui #teamboulette 🥳💪🏻
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Je n’ai encore jamais lu Bussi ou alors je ne m’en souviens pas.😉 Moi aussi j’étais ado dans les années 90. Qu’est ce que c’était bien 👍 bon weekend Nath 🙂
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Oh c’est encore rare, quelqu’un qui n’ait jamais lu Bussi ! Moi mon préféré reste un avion sans elle pour une raison que je ne peux évoquer qu’avec ceux qui savent 😅
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Excellent 😅 je vais m’y mettre 😅
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Je suis loin d’être à jour dans les romans de Michel Bussi mais j’aime généralement bien ses romans. Même s’il ne s’agit pas d’un thriller pur, ta chronique me donne envie de découvrir ce titre
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C’était vraiment un Bussi différent… il faut le savoir avant d’y aller 😉
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Comme toi, je n’arrive pas à suivre les publications de Michel Bussi que j’aime bien. Celui-là a l’air très bien… Merci pour ta chronique… je le note ! 😉
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Ça ne sera pas mon préféré, qui reste toujours « un avion sans elle »…
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Il y a longtemps que je n’ai plus lu cet auteur et je suis tentée par le côté humain de celui-ci mais comme d’autre part tu as été déçue, j’hésite.Si tu étais ado dans les années 90, alors tu es priée désormais de me vouvoyer et d’employer à mon égard moult formules de politesse parce que suis une ancêtre vis-à-vis de toi. 😂
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🤣🤣🤣 tu (euh pardon, vous !) me fais (faites ?) rire 😂. Ça prouve bien qu’il n’y a pas d’âge pour aimer les bons livres 🥰
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J’ai lu 2 livres de l’auteur et j’ai adoré Nympheas noirs. Depuis pas eu envie de revenir vers lui 🙂
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Je n’ai jamais lu Nympheas noirs 🫣
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Oh franchement tu devrais aimer 🙂
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Je note, dans ce cas, d’autant que je l’ai (évidemment 🫣🙄😅)
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Voilà longtemps que je ne me suis lancée à la lecture d’un roman de l’auteur. Malgré tout, je vais passer mon tour pour celui-ci. 😉
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Je peux comprendre 😉
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Du peu que j’ai lu de l’auteur, je n’ai pas plus accroché à cela alors ce roman qui semble trancher avec ses autres écrits me tente pas mal, d’autant que je trouve intéressant et important de mettre en avant le monde difficile des travailleurs sociaux qui manquent tellement de moyens…
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J’adore cet aspect des blogs… lire quelque chose qui d’un premier abord peut paraître négatif mais y voir quelque chose qui peut nous plaire 🥰 Merci 😉
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Moi aussi 🙂
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Yep, comme disent les djeuns 😂
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😅
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Il y a longtemps que je ne lis plus Michel Bussi . Il y a longtemps qu’il m’a plus besoin de nous pour être lu et apprécié.
Mais peut-être que je devrais acheter celui-ci simplement pour les 10 % des droits au Secours populaire 😉
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Voilà, je suis de ton avis, il a merveilleusement tracé sa route et mes goûts ont évolués, mais rien que cette initiative est louable !
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Tout initiative est bonne a prendre tellement notre société va mal
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