« Les évadés » – Stephen King

Lu en : Décembre 2025

Vous le savez peut-être, hormis quelques lectures d’adolescence (je garde un souvenir mémorable de mon exposé sur Rage, à l’âge de treize ans, où j’ai traumatisé la moitié de mes camarades de classe en choisissant de lire le passage où le héros dégomme sa prof de maths), je ne suis vraiment partie à la découverte de Stephen King que depuis une petite dizaine d’années.

Les années passent, mais le King reste une valeur sûre, surtout quand on a besoin d’une pause dans la littérature française. On est nombreux à le ressentir, mais parfois, le polar francophone tourne un peu en rond. Thématiques récurrentes, effets de twists qui manquent parfois sensiblement de crédibilité… Évidemment, ces thèmes récurrents ne sont que le reflet de notre époque, je n’en disconviens pas, mais parfois, cela génère chez les lecteurs une forme de lassitude. Et croyez-moi, dans ces cas-là, le remède le plus efficace reste de dégainer un Stephen King !

Pourquoi avoir choisi ce titre ? Simplement parce que je vois encore les yeux pétillants de mes amies du book club à son évocation, lorsque nous avons choisi l’auteur comme thème de notre rendez-vous de janvier. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre. (Par contre, oserais-je avouer que ma PAL regorge de titres du King, mais que celui-là n’en faisait pas partie et que je l’ai donc acheté pour l’occasion plutôt que de piocher dans ma bibliothèque ?? #teamirrécupérable un jour…)

Dès les premières pages, l’évocation du nom d’Andy Dufresne allume une lumière dans mon esprit (si si, les sceptiques, j’ai un esprit !) et, bizarrement, alors que je lis, dans ma tête, la voix du narrateur sonne étrangement comme celle de la voix française de Morgan Freeman. Je constate alors que ce titre est celui qui a donné naissance au film du même nom, avec effectivement Morgan Freeman et que j’ai vu il y a des années. Qu’à cela ne tienne, j’avoue que je n’ai plus tous les éléments de l’histoire en tête, et je replonge donc avec délectation dans l’écriture du maître.

L’auteur nous plonge au cœur de la prison de Shawshank, où Red, notre narrateur, est enfermé depuis un long moment et pour un long moment encore. Il y fait la connaissance d’Andy Dufresne, un banquier accusé du meurtre de sa femme et de l’amant de celle-ci. Andy clame son innocence, comme la majorité des détenus. Sauf que son cri à lui a des accents de vérité.

Andy dénote dans l’univers carcéral, mais il fait montre d’un courage hors normes. Bientôt, Red et lui deviennent amis. Red, c’est un peu le supermarché de la prison, et c’est d’ailleurs parce qu’Andy a besoin de quelque chose que se noue leur premier contact.

Comme si l’on était un soir au coin du feu, on écoute Red nous parler de la prison des années 50. Des espoirs qui s’effritent au gré des refus de libération conditionnelle. De la peur perpétuelle de devenir la proie de ceux qui ont décidé que le sexe forcé avec un homme valait mieux que pas de sexe du tout. De la corruption qui oeuvre à tous les étages. De l’angoisse face à la liberté après tant d’années de détention. Et au milieu de tout cela, Red nous parle d’Andy, un peu rêveur, un peu idéaliste, d’une humanité désarmante.

Pas d’horreur dans ces lignes, si ce n’est l’horreur du milieu carcéral. Une histoire émouvante d’amitié, et une histoire de rédemption, à l’image du titre anglais The Shawshank Redemption, qui montre que, parfois, la liberté commence par celle de l’esprit.

Une fois de plus, je ne peux que constater que, bien loin de l’image de maître absolu de l’horreur, Stephen King est avant tout un conteur d’humanité. Un écrivain qui observe les êtres humains avec une justesse rare, qui sait mettre des mots sur ce qui les traverse, sur les failles comme sur les élans, et qui transforme l’ordinaire de l’âme en récit inoubliable !

29 réflexions sur “« Les évadés » – Stephen King

      1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu

        Ces deux là et John et Paul de la Ligne verte sont des livres dont je raconte l’histoire à ma Maman. Je ne veux pas qu’elle regarde les films, il y a des choses qui font mal et elle n’est que douceur. Donc je lui raconte à ma façon les aventures de Red et Andy. Et celles de Mister Jingles. 🐁

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  1. D’excellents personnages qui contribuent à rendre meilleur (mon humble avis 😊) et une superbe adaptation cinématographique. Je partage ton avis sur un King « conteur d’humanité » bien avant « maître de l’horreur »… Et j’aurais aimé voir la tête de tes camarades de classe et de ton prof devant ton exposé sur Rage !!! 😅

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