« Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire : La Femme sans tête » – Nadine Monfils

Lu en : Décembre 2025

Je le précise d’emblée : cette lecture ne m’a pas convaincue. Pas parce que le texte serait mal écrit ou bâclé, mais parce qu’il propose une vision, un ton et une approche du récit qui ne correspondent ni à mes attentes de lectrice, ni à ce que je recherche aujourd’hui dans un roman noir.
Et je fais le choix de le dire clairement.

Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire revendique sa singularité, son excentricité et son hybridation entre hommage littéraire et enquête policière. C’est précisément là que le livre trouvera son public… et là aussi qu’il perdra certains lecteurs, dont je fais partie.

Quand je me suis lancée dans cette lecture (dans le cadre d’un jury), je savais qu’il fallait que je laisse mes préjugés à l’entrée. Jusqu’ici, je n’avais jamais lu l’auteure, en partie parce que la personnalité excentrique de Nadine Monfils me laissait présager quelque chose de trop différent que je ne serais pas en mesure d’accueillir.
Force est de constater que mon instinct ne m’avait pas trompée…

L’idée de base est de placer Charles Baudelaire, ce célèbre poète passablement perturbé, dans le rôle d’un enquêteur. Il trébuche sur un corps sans tête, on livre une autre tête à sa maîtresse la plus régulière, on lui envoie des indices sous la forme de personnages hauts en couleur…

Sur le papier, l’idée paraît séduisante. Premier constat : l’auteure n’a pas lésiné sur la documentation, elle s’est également appliquée à bien retranscrire l’ambiance de l’époque, et elle a parsemé son livre de vers de Baudelaire.
À partir de là, je rappelle à toutes fins utiles que cet avis n’engage que moi et que je me suis promis de ne jamais déroger à ma règle de sincérité ! Je suis encore à ce jour encore complètement dubitative quant à ce texte…

L’intrigue est un peu chaotique. Certes, c’est Baudelaire qui est censé mener l’enquête, mais sans l’intervention d’un tas d’éléments extérieurs, il en serait resté à se lamenter sur sa triste vie de dépressif chronique. Vous l’aurez compris, j’ai détesté le personnage. Celui-là, mais aussi les autres… Seul le « ratier » a réussi à percer la carapace de mon exaspération.
Si le décor est représentatif, j’ai trouvé l’excès de grivoiserie fatiguant, les trois quarts des personnages beaucoup trop loufoques, et finalement, mon intérêt pour l’intrigue est resté aux abonnés absents et j’ai levé les yeux au ciel plus que ri franchement aux traits d’humour. Que dire de la résolution qui tient plus du miracle que d’une quelconque compétence du poète ?

Pour adoucir cet avis que je reconnais acide, je clôturerai en parlant de la touchante postface de l’auteure qui, à elle seule, éclaire bien des choses ! J’ai finalement compris l’intention.

Au fond, ce roman m’a surtout confirmé une chose : je peux reconnaître le travail, l’intention et la singularité d’un texte sans pour autant y adhérer. Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire est un livre qui sait exactement ce qu’il est et ce qu’il veut proposer. Simplement, ce n’est pas du tout ce que j’attends d’un polar, ni ce vers quoi j’ai envie d’aller en tant que lectrice aujourd’hui.

Ce n’est ni un rejet, ni un procès d’intention. Juste la certitude, toujours assumée, que tous les chemins littéraires ne sont pas faits pour se croiser.

4 réflexions sur “« Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire : La Femme sans tête » – Nadine Monfils

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