« Immersion » – Nicolas Druart

Lu en : Janvier 2026

Depuis quelques années, je suis devenue une inconditionnelle de Nicolas Druart. Doué pour triturer les codes, il m’a appris une chose essentielle : chez lui, rien n’est jamais gratuit, tout est méthodiquement calculé. Dès lors, je le lis avec une attention redoublée, à l’affût de chaque mot. Et c’est un régal !

Immersion porte terriblement bien son titre. Parce que l’auteur nous offre une immersion dans le gouffre de Gorre, une immersion dans la peur, une immersion dans l’horreur.
Sur le papier, Immersion promet donc un sacré bain (c’est vrai). Mais il oublie de prévenir qu’on y perdra beaucoup de choses : la notion du temps, l’oxygène… et toute envie de reposer le livre !

Dans Immersion, la peur n’est jamais gratuite. Elle est observée, disséquée. Nicolas Druart installe un malaise insidieux, au travers d’une expérience que ses héros acceptent de vivre sans en mesurer les conséquences : une expédition dans le gouffre de Gore. Le lecteur avance, attiré par l’ombre, conscient pourtant de sa propre curiosité, de ce besoin presque malsain de voir jusqu’où l’horreur peut aller. Et plus on progresse, plus cette question dérangeante s’impose : jusqu’où sommes-nous effectivement prêts à aller pour ressentir quelque chose ? Immersion agit alors comme un miroir sombre, tendu à une humanité fascinée par le tragique, le spectaculaire, le morbide. Un roman qui ne se contente pas de raconter la peur, mais qui interroge notre rapport à elle, jusqu’à nous placer, sans échappatoire, face à notre propre responsabilité de spectateur. Et cette sensation, Nicolas Druart la distille dès les premières pages !

Le roman s’ouvre en effet sur une scène particulièrement frappante : trois personnes meurent simultanément d’un arrêt cardiaque. En soi, rien d’extraordinaire. Mais cette parfaite synchronisation a de quoi troubler, d’autant plus que ces décès semblent loin d’être des cas isolés. Intriguée, la police décide alors d’ouvrir une enquête.

En parallèle, Léo Masset revient, auprès d’une journaliste, sur le cauchemar qu’il a vécu avec ses amis lorsqu’ils ont choisi d’explorer le gouffre de Gorre. Amateurs de sensations fortes, ils étaient loin d’imaginer ce qui les y attendait. À leurs côtés, le lecteur plonge dans une angoisse viscérale, page après page, suivant un groupe confronté à l’horreur et luttant désespérément pour survivre.

Les lecteurs les plus attentifs (dont je fais évidemment partie 😏) remarqueront quelques indices, ces petits cailloux que l’auteur sème volontairement pour nous conduire vers une première révélation, capable cependant d’en prendre certains à revers. Mon esprit de déduction a fait le job, certes, mais cela n’a en rien entravé ma lecture. Car je sentais bien que la véritable intention de Nicolas Druart était de nous entraîner vers quelque chose de bien plus vertigineux.

Et je n’ai pas été déçue du voyage !
Le seul bémol ? Une thématique forte dont je n’ai absolument pas le droit de vous parler sous peine de divulgâcher. Et quelle frustration pour une lectrice d’avoir mille choses à dire… et l’interdiction formelle de les partager !

L’entrée de Nicolas Druart aux éditions Belfond (que je remercie pour cette lecture !) se fait magistralement. Une recrue de choix pour une maison d’édition que j’aime particulièrement !

29 réflexions sur “« Immersion » – Nicolas Druart

  1. Avatar de Céline C. Céline C.

    Ah finalement il y a encore des polars/thrillers qui te plaisent (c’est plutôt un thriller celui ci ?). Je crois bien n’avoir jamais lu cet auteur, et pire je le confonds avec un autre 🥴.

    Bon, tu es encore très enthousiaste avec cette chronique qui intrigue, mais le côté horreur, pas pour moi. Sauf si, derrière ces crises cardiaques simultanées il y a des pacemakers qui se font dézinguer soit par une nouvelle entité biologique, ou par un champ magnétique (avec des caractéristiques quantiques inédites), provoqué par une météorite à la teneur en xanthium inédite elle aussi. Sinon je passe mon tour 😅

    Merci Nath 😘

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