« La Librairie des chats noirs » – Piergiorgio Pulixi

Lu en : Février 2026

Imaginons qu’un dingue vous prenne en otage, vous et deux de vos proches, et vous oblige à choisir, en une minute et pas une seconde de plus, lequel des deux recevra une balle dans la tête.
Vous pensez à refuser de trancher ? Mauvaise idée, car dans ce cas, il y aura une balle pour chacun ! En refusant de choisir, vous condamneriez les deux.

Voilà le genre de malade que Piergiorgio Pulixi nous offre d’entrée de jeu.

La première famille à en faire les frais est celle du petit Lorenzo. Son père l’a choisi, lui, sacrifiant de fait sa mère. Et il ne l’a pas supporté. Lorenzo devient alors le seul survivant, donc le seul témoin sur qui la police peut compter. Mais l’enfant est, on s’en doute, totalement brisé.

Les deux policiers chargés de l’enquête, Angela Dimase et Flavio Caruso, décident alors de faire appel à Marzio Montecristo, libraire. Marzio est le meilleur ami d’Angela. Avant d’ouvrir sa librairie, il était enseignant, et la police espère que Lorenzo acceptera plus facilement de se confier à cet ancien professeur qu’il aimait tant.

Marzio apparaît dès le départ comme un ours mal léché, irascible et grossier, mais cette façade ne leurre personne, et surtout pas les lecteurs : Marzio est un vrai gentil ! Ce qui l’a conduit à ouvrir la librairie en est une preuve, mais je laisse les lecteurs le découvrir. La particularité de la librairie de Marzio est de taille : elle ne vend que de la littérature noire. Un temple du polar, un sanctuaire du crime de papier ! Autant vous dire que j’adore le principe, qui n’est pas sans me rappeler mon libraire préféré et sa Librairie Noire ! Marzio est un spécialiste du polar, donc, et qui prend comme un affront personnel chaque demande d’un lecteur lambda d’un livre sortant de son champ de préférence… Demander à Marzio un exemplaire du portrait de Dorian Grey peut s’avérer excessivement dangereux, surtout si sa collaboratrice Patricia n’est pas dans les parages !
Patricia, qui a eu la bonne idée commerciale au bon moment, lorsque le hasard a placé sur la route de la librairie deux chats noirs qui ont décidé d’en faire leur demeure. Parce que oui, les chats, c’est super instagrammable, n’en déplaise à Marzio !

Au fil du temps, Marzio a réuni autour de lui une poignée d’amoureux du genre, fondant le « club des enquêteurs du mardi ». Et je peux vous dire que la description de la sémillante Camilla m’a rappelé quelqu’un… abstraction faite de l’âge, évidemment. (Oui, je parle de moi, pour ceux qui n’auraient pas compris 🙂 )

Bien sûr, Marzio étant malgré lui embarqué dans l’enquête d’Angela et Flavio, le club du mardi ne va pas rester longtemps les bras croisés. Imaginez donc : une vraie énigme touche leur bande d’enquêteurs du dimanche (enfin, du mardi…) experts en crimes littéraires ? Mais c’est du pain béni !

J’ai du mal à officiellement caser ce roman dans la catégorie « cosy mystery », eu égard à la violence des crimes. Mais l’enrobage en a tous les codes : une communauté attachante, un lieu central chaleureux, des dialogues savoureux. C’est malin, drôle et sensible. Il faut très peu de temps pour s’attacher à Marzio, surtout lorsque l’on est, comme lui, des aficionados des pans les plus sombres de la littérature. Ses répliques et ses accès d’humeur m’ont franchement fait rire, et les pages truffées de référence littéraires m’ont embarquée.

J’ai littéralement dévoré ce livre, ravie de faire la connaissance d’un nouveau héros récurrent dans un roman qui raille le constat que « les chats, ça fait vendre« , tout en l’utilisant allègrement ! Ironie ou génie commercial, peu m’importe, j’ai vraiment adoré !

8 réflexions sur “« La Librairie des chats noirs » – Piergiorgio Pulixi

      1. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu

        La boulette le retour, 😂, y’avait longtemps. En plus, j’ai regardé ton post sur Facebook à l’instant avec ta nouvelle lecture 😊 Faut m’abattre.
        Il n’empêche que ta chronique est top, tu m’as fait rire

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