Un avis de Vic !

Clarence Pitz a le don pour nous faire voir du pays. Mais ne vous attendez pas à un voyage de tout repos ou idyllique. Cette fois, c’est en Inde que nous posons nos valises pour un périple au cœur du danger.
Le cœur du roman se situe sur l’île de la Sentinelle, au large du golfe du Bengale, habitée par l’un des derniers peuples non contactés au monde. Cette île, aussi fascinante qu’inaccessible, est entourée d’un profond mystère. Les habitants ont même l’autorisation de tirer à l’arc sur toute personne s’approchant trop près de leurs côtes, ce qui a déjà coûté la vie à plusieurs intrus.
C’est d’ailleurs ce qui arrive à Marie Seghers, riche héritière belge, qui survit miraculeusement à l’attaque de son frère, de son fiancé et de leur guide, tous tués par les flèches des Sentinelles. Marie, quant à elle, survit miraculeusement. Mais comment a-t-elle pu se retrouver dans une telle expédition ?
L’inspecteur chargé de l’enquête voit en elle une pièce centrale de l’affaire et souhaite faire d’elle un exemple destiné à dissuader les Occidentaux attirés par ces terres protégées. De son côté, Parvadhî, une jeune avocate indienne, va chercher à comprendre ce qui s’est réellement passé et remonter le fil de cette affaire troublante. Son enquête va la mener bien plus loin que prévu, jusqu’à une ancienne affaire criminelle : celle du « tueur à la torche », un homme ayant assassiné des enfants intouchables et qui est récemment sorti de prison.
J’aime beaucoup les romans de Clarence Pitz, qui abordent généralement des sujets forts et dénoncent des pratiques bien réelles. L’autrice a cette capacité à transformer ses intrigues en miroirs du monde contemporain, en abordant des sujets sensibles avec intelligence et justesse. Ici, elle dénonce le tourisme de masse, ainsi que les dérives liées à l’exploitation de territoires encore protégés ou habités par des peuples ancestraux.
Elle met en lumière les contradictions entre volonté de préservation et développement économique. Elle interroge également notre regard occidental sur ces lieux dits « inaccessibles », souvent convoités ou réduits à de simples opportunités touristiques, sans toujours mesurer les conséquences humaines et culturelles de ces intrusions. Le roman pousse aussi à réfléchir à la frontière parfois fragile entre curiosité culturelle et intrusion.
Les personnages, quant à eux, sont particulièrement bien construits. Ils sont forts, nuancés, parfois ambigus. On s’y attache facilement pour certains, on en rejette d’autres, mais aucun ne nous laisse totalement indifférent. Chacun possède sa propre vérité, ses failles et ses motivations.
La lecture est également très immersive sur le plan émotionnel. On traverse des sentiments variés : tension, incompréhension, colère, empathie, tristesse…
J’ai aussi particulièrement apprécié les petites touches d’humour disséminées ici et là. Elles apportent des respirations bienvenues et allègent parfois une atmosphère globalement tendue, sans jamais casser le rythme du récit.
Lire un roman de Clarence Pitz est, pour moi, toujours un plaisir renouvelé. On sait que l’on sera embarqué dans une histoire prenante, mais aussi confronté à des thématiques fortes. Et c’est sans doute ce mélange entre intrigue, réflexion et émotion qui fait que l’on est rarement déçu.
Ça fait plaisir de lire ton enthousiasme 🥰
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