Lu en : Avril 2026
Un avis de Nath !

À l’approche du salon Iris Noir, c’est dans la poche, l’annonce de la venue de Christian Niemiec et Ludovic Manchette est tombée. Si leurs noms m’étaient familiers, je n’avais encore ni rencontré les auteurs, ni ouvert un de leurs romans… Il me fallait à tout prix réparer cette faute professionnelle de lectrice avertie !
J’ai donc porté mon choix sur Alabama 1963 pour plein de raisons, mon obsession d’adolescence liée à la guerre de Sécession et à cette Amérique déchirée en étant la principale. J’avais, plus jeune, cette incompréhension d’un pays qui prétendait abolir l’esclavage sans pour autant effacer des décennies de haine, de ségrégation et de discriminations profondément ancrées. Si la guerre de Sécession a officiellement mis fin à l’esclavage, elle n’a certainement pas réglé le racisme. Me plonger dans Alabama 1963, qui se déroule près de cent ans après cette guerre qui devait stopper les inégalités, le démontre avec puissance.
Nous sommes à Birmingham. La disparition de fillettes noires n’inquiète que leurs parents. La découverte d’un corps par les policiers ébranle à peine leurs certitudes. Une fillette noire, vraiment, qui ça perturbe ? Le plus glaçant n’est donc pas le crime lui-même, mais bien l’indifférence qui l’entoure. Parce que ces petites filles sont noires et qu’en 1963, dans l’Alabama, cela suffit encore à reléguer leur sort au second plan !
Dans ce climat délétère, les auteurs font se rencontrer deux personnages que tout oppose. Bud Larkin est détective privé. Il est blanc, alcoolique, et son agence est au bord du gouffre. Il accepte d’aider le père de la jeune victime, plus par besoin d’argent que par conviction, car Bud est raciste puisqu’il est de bon ton de l’être quand on est un blanc d’Alabama. Le jour où Adela Cobb débarque pour faire le ménage dans son bureau, un duo improbable prend vie sous nos yeux. Adela est noire et sa vie de femme de ménage, veuve et mère de famille de surcroît, est rythmée par les caprices de ses employeurs blancs.
Cette confrontation permanente entre deux visions du monde au travers Bud et Adela offre au lecteur une vraie magie de narration. Les auteurs auraient pu tomber dans la caricature ou le manichéisme, mais il n’en est rien ! Ils ont préféré choisir une écriture accessible, très cinématographique, qui laisse toute la place à l’humain et à ses contradictions. À ses lâchetés aussi. Le résultat, extrêmement réussi, provoque un attachement immédiat et infini pour ces deux protagonistes un peu cabossés mais tellement touchants !
Et puis il y a cette toile de fond historique, omniprésente. Les tensions raciales, les violences, les humiliations ordinaires. On sent une Amérique au bord de l’implosion. Une Amérique où la couleur de peau décide encore de la valeur qu’on accorde à une vie. Impossible de ne pas penser, évidemment, aux combats pour les droits civiques qui secouaient alors le pays !
Sous ses airs de roman policier presque classique, Alabama 1963 parle finalement surtout d’humanité, de gens brisés, de préjugés, de peur. Et de cette possibilité fragile d’un jour arriver à voir l’autre autrement pour découvrir qu’en face, il y a les mêmes failles, les mêmes doutes, les mêmes sentiments qui traversent une vie…
Cette première rencontre avec le duo Niemiec-Manchette m’a littéralement emportée ! Leur écriture est immersive et visuelle, au point que j’avais réellement l’impression de marcher aux côtés de Bud et Adela dans les rues de Birmingham. Et après avoir découvert ensuite America[s], j’ai compris qu’il s’agissait là de leur véritable signature !
Moi qui aime habituellement les thrillers qui tabassent, les intrigues qui nouent le cerveau et les récits qui jouent avec nos nerfs, je ne m’attendais pas à avoir un tel coup de cœur pour Alabama 1963 ! Mais finalement, je me rends compte que ce que je recherche avant tout dans mes lectures, c’est cette capacité à faire émerger de la sincérité et de l’humanité. Deux qualités omniprésentes dans ce roman que j’ai profondément aimé.
Tjs dans ma PAL, cet été peut-être 😉
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Sors le, Aude. Tu as vécu là bas. Il va te plaire 🤗
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J’espère que la rencontre sera aussi réussie que la mienne si tu y vas !
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Te voilà convaincue par ce polar humain !
Deux auteurs que je n’ai pas encore lus 🥴. Est-ce que Ludovic Manchette est le fils du grand écrivain JP Manchette ?
Merci Nath pour ce beau retour
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Oui, conquise 😉
Je pense que non, ce n’est pas la même famille 😉
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il est dans ma pal et je pense bientôt l’en sortir.
j’aime beaucoup ce duo d’auteurs !
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C’était ma première rencontre et elle présage une belle histoire ! (Spoiler : la seconde rencontre a été tout aussi réussie 😊)
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Va là où tu es aimée. Podium également 🥉
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Pareillement à mes prédécesseurs en commentaires, il est dans ma PAL et y dort toujours.
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Un petit café pour le réveiller ? 😜
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Adela ❤️ et Bud ❤️, ce livre est sur le podium de ma Maman.
Merci pour le partage 🙏 😘
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Comme je la comprends 🥰
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America [s] également, 86 ans, elle assure un max. 🥰
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Carrément 😎
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Ah mais oui. Je lui ai même proposé d’écrire des chroniques, mais elle tient à son anonymat qu’elle a répondu 😉😎
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Un énorme coup de coeur pour moi, je suis contente que tu l’aies aimé aussi. Bonne journée
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Oui, il fait partie de ces romans que je n’oublierai jamais 😊
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J’aime beaucoup ce que proposent les deux auteurs, mais je n’ai toujours pas lu leur tout premier récit. Tu m’y refais penser. 🤩
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Moi j’ai entretemps lu le second et le troisième a rejoint ma pal !
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Il faut vraiment que je le lise ce roman d’autant que finalement je ne le connais pas tant que ça ce contexte historique tellement inconcevable.
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Je l’ai lu il y a bien longtemps. Je ne me souviens plus du contenu, mais je sais que j’avais beaucoup aimé aussi.
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