Lu en : Juin 2026
Un avis de Nath !

Ah, le joli mois de juin, synonyme de soleil revenu (faites comme si vous y croyiez !) et de… période d’examens ! Ce mois où les neurones surchauffent, les cœurs palpitent et les étudiants se rappellent soudainement qu’ils ont un roman à lire (et, accessoirement, à comprendre !) !
Dans ces cas-là, maman (ou « maman de mon pote 😉 ») devient une roue de secours à laquelle on lance un SOS désespéré…
Ils sont malins, évidemment, parce qu’il ne m’a fallu que le temps de lire leur supplique pour m’engager sur-le-champ à les aider et commander le livre dans la foulée.
La bonne nouvelle, c’est que j’ai dans mon entourage proche Dominique, cette lectrice curieuse que vous commencez à connaître aussi, et qu’elle n’a pas hésité plus longtemps que moi à embarquer dans l’aventure sous forme de lecture commune (entre daronnes, évidemment, l’élève étant absent des échanges !).
Nous sommes donc parties à la découverte de ce texte jeunesse de Carlos Ruiz Zafón que je n’avais, contrairement à Dominique, jamais lu.
Nous voilà projetées en 1937, sur les côtes normandes. Simone, récemment veuve, s’installe avec ses enfants, Dorian et Irène, dans le domaine de Cravenmoore après avoir accepté un poste auprès de son propriétaire, Lazarus Jann, un inventeur aussi brillant qu’énigmatique. Là-bas, les automates qu’il a créés fascinent autant qu’ils inquiètent, avec leurs silhouettes étranges et leur présence passablement dérangeante, surtout de nuit !
Mais le travail est plaisant et lucratif et, après les longs mois de galère qui ont suivi le décès de son mari, Simone ne peut que se réjouir, tout comme Irène, qui fait la connaissance d’un jeune marin solitaire, Ismaël.
Ce qui commence comme un conte se mue doucement en un récit teinté d’une magnifique atmosphère gothique. L’ambiance qui dérape insidieusement fonctionne à merveille. Le mystère se construit progressivement et donne envie de tourner les pages.
Confrontées à des thèmes tels que le deuil, la mémoire, les secrets du passé ou encore les conséquences des choix, deux cerveaux rompus à l’exercice du mystère comme ceux de Dominique et moi se sont soudain emballés. Nous avons noté chaque indice, rien n’a échappé à nos regards affûtés et nous avons imaginé mille ramifications, toutes plus profondes les unes que les autres. Pendant cette partie du roman, le champ des possibles semblait infini et nous prenions énormément de plaisir à creuser. Plus le récit avançait, plus nous avions le sentiment qu’il ouvrait des portes fascinantes.
Mais nous avons perdu de vue l’essentiel : il s’agit avant tout d’un roman jeunesse.
Notre « expérience » (qui a dit grand âge ???) nous a poussées à chercher toujours plus loin, dans des réflexions finalement bien plus élaborées que ce que le texte souhaitait proposer.
Car, au bout du compte, le récit se révèle bien moins complexe qu’il n’en avait l’air. À tel point que j’ai fini par être déçue par une résolution beaucoup plus simple que ce que l’atmosphère et les nombreuses pistes laissaient espérer. Là où je voyais les prémices d’un grand mystère à plusieurs niveaux, l’auteur raconte avant tout un conte fantastique mélancolique, riche en symboles. Le combat du bien contre le mal y emprunte des armes immuables : l’amour face à la manipulation, la loyauté contre la duplicité. Ce combat n’est pas toujours égal, et notre époque ne manque pas d’exemples pour nous le rappeler, mais tant qu’il restera assez d’humanité pour ne pas déposer les armes, tout n’est peut-être pas perdu…
Les Lumières de septembre est un roman à l’ambiance remarquable, porté par une écriture plaisante et imagée qui n’a jamais failli à sa promesse de nous emmener loin, à travers le temps et l’espace.
Je referme pourtant ce livre avec le léger regret d’avoir entrevu, au fil de ma lecture, un roman peut-être encore plus ambitieux que celui que j’ai finalement lu. J’en veux pour preuve que Dominique et moi avons passé plus de temps à explorer les possibilités ouvertes par le roman qu’à discuter des réponses qu’il a vraiment apportées. Pour autant, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette première incursion dans l’univers de l’auteur, ce qui m’amène à vouloir me mesurer à ce que Zafón a écrit d’autre, hors jeunesse !
Bravo les mamans !
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