« Le Disciple » – Hjorth & Rosenfeldt

Un avis de Dominique !

À Stockholm, plusieurs femmes sont atrocement assassinées dans leur appartement. Le mode opératoire semble toujours le même et surtout, rappelle étrangement une série de meurtres commis quinze ans auparavant. Sauf que le coupable réside désormais dans la prison de haute sécurité de Lövhaga, mis derrière les barreaux par un certain … Sebastian Bergman. Qui va donc devoir réintégrer la police criminelle le temps de l’enquête, malgré les réticences de ses collègues.
Sebastian s’en serait bien passé lui aussi, tant il est occupé à épier sa fille biologique dont il vient d’apprendre l’existence. Peu doué pour les relations humaines, il aimerait tout lui avouer mais n’ose pas bouleverser son équilibre.
Et rien ne va s’arranger pour lui alors qu’il découvre qu’il est plus intimement lié encore aux cadavres qui s’accumulent que ce qu’il avait pu imaginer…

Revoici notre profileur. Les auteurs continuent à creuser sa psychologie, il n’est toujours pas sympathique, loin de là, mais on perçoit dans ce roman à quel point son attitude odieuse est une cuirasse pour ses failles. Son intelligence indéniable lui a permis de démasquer jadis un tueur en série, aussi brillant que perturbé, mais celui-ci semble avoir fait des émules.

Dans cet opus, le portrait des divers enquêteurs de la police criminelle se précise, parallèlement à celui de Bergman. Aucun d’entre eux n’est parfait, ils ont tous leurs forces et leurs faiblesses et sont complémentaires dans un travail d’équipe, en dépit de personnalités complexes (et plutôt compliquées). Bergman, toujours insupportable, apparaît ici en position de faiblesse, et il m’a inspiré une certaine compassion.

Comment l’enquête va-t-elle pouvoir aboutir ? Contrairement au premier volume, l’enjeu de l’intrigue n’est pas de découvrir l’identité du meurtrier, elle nous est révélée assez rapidement, la tension est produite par le duel entre Bergman et l’assassin. Quel sera le coût de l’affrontement ?

En fil rouge, les auteurs nous parlent de familles toxiques, de violences sexuelles (c’est la thématique sous-jacente, mais il n’y a pas de scènes explicites), de traumatismes d’enfance et de leurs séquelles à l’âge adulte. J’aime bien quand un thriller s’empare de sujets sociétaux. Toutefois, ici, le sujet n’apparaît qu’en filigrane. Ce n’est pas un roman noir sociétal, c’est un pur thriller

J’aime vraiment beaucoup ces auteurs et leur lent développement des intrigues et des personnages, qui permet une profondeur et un attachement intense aux personnages, même à certaines personnes qui, clairement, sont des faire-valoir et n’ont qu’un rôle très secondaire (néanmoins, je me suis fait du souci pour eux). Le troisième tome des aventures de ce cher Sebastian sortira bientôt de ma PAL, d’autant que la chute de celui-ci nous laisse augurer une cascade de nouveaux ennuis qui le guettent. Un comportement toxique appelle sans conteste des personnalités toxiques.

Tout petit bémol, quelques imperfections de la correction persistent dans le roman. Et la syntaxe est parfois … curieuse.

Et vous, avez-vous lu ces auteurs ? Aimez-vous aussi les lectures qui s’apparentent à un marathon plutôt qu’à une course de vitesse ?

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