« Le Gardien du camphrier » – Keigo Higashino

Un avis de Dominique

Reito Naoi est un jeune homme en perte de repères. Alors qu’il travaille dans une usine et tente tant bien que mal de remettre de l’ordre dans son quotidien, il est injustement licencié. Poussé par la colère, il commet un délit qui le conduit tout droit derrière les barreaux. Mais ce faux pas devient le point de départ d’un destin inattendu… En prison, un avocat lui propose un marché : sa liberté contre une mystérieuse offre émise par un commanditaire anonyme, à savoir devenir le gardien d’un vieux camphrier, dans un sanctuaire. La légende dit que, si l’on suit un rituel bien établi, l’arbre centenaire exauce les vœux de ceux qui prient dans son renfoncement…

J’avais lu avec grand plaisir quelques romans policiers de Keigo Higashino, un prolifique auteur japonais récemment disparu. Le dernier roman qui a été traduit en français n’est pas un roman noir. C’est de la littérature blanche, avec une touche discrète de surnaturel ; c’est une œuvre sur la filiation, la transmission par les liens du sang et de l’affection, les regrets que l’on peut éprouver, aussi, en se souvenant de certaines actions passées. Comme dans de nombreuses autres œuvres nippones, l’intrigue est développée tout en délicatesse, à coups de petits détails infimes. La lenteur est délibérée, nous découvrirons peu à peu, avec Reito, quel est le secret du camphrier et nous verrons comment ce jeune homme, qui était en perte de repères, devient un adulte sage et accompli. Mais d’ailleurs, pourquoi diable a-t-il été choisi comme gardien de ce sanctuaire ?

De plus en plus, j’aspire à des lectures qui présentent un fond sociétal, ou des développements intimistes, sans pour autant totalement rompre avec l’hémoglobine et l’adrénaline (un peu de divertissement épicé ne nuit pas). J’ai pris beaucoup de plaisir à entrer dans l’intimité de quelques personnages, d’une culture et d’un pays que je ne connais pas (mais qui me fascinent). Progresser dans le labyrinthe de leurs préoccupations et de leur évolution psychologique est un chemin qui me détend et me séduit. À défaut de pouvoir me rendre au Japon, me plonger dans cette littérature délicate m’emmène dans un voyage immobile et serein, auquel je vous convie, si le cœur vous en dit.

J’aurais juste un bémol à mon enthousiasme : j’ai achoppé sur quelques phrases à la syntaxe étrange ; peut-être quelques passages trop littéralement traduits du japonais ? Mais ce n’est qu’un détail, la traduction est dans l’ensemble bien plaisante. Et la littérature asiatique m’attire décidément beaucoup.

9 réflexions sur “« Le Gardien du camphrier » – Keigo Higashino

  1. Avatar de victoriahaeck victoriahaeck

    La couverture est splendide et l’histoire a l’air très jolie et touchante.

    Dommage que j’ai toujours autant de mal à entrer dans les univers orientaux. Je ne parviens jamais à m’approprier les lieux et la culture de ces pays. Du coup, je passe souvent à côté de l’histoire proposée.

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