Un avis de Dominique

Au cœur de la plus terrible tempête de neige que Brooklyn ait connue de mémoire d’homme, une amitié inattendue voit le jour entre trois personnages que tout semble séparer. Richard Bowmaster, professeur d’université sexagénaire et solitaire, heurte la voiture conduite par une jeune immigrée guatémaltèque sans-papiers, Evelyne Ortega. Il est alors contraint d’appeler à l’aide sa voisine et collègue chilienne, Lucía Maraz. Le secret qu’Evelyn va leur révéler les entraînera bientôt tous les trois dans une incroyable aventure qui, entre confidences et révélations, de Brooklyn au Guatemala en passant par les terrifiantes années 70 au Chili, le règne des passeurs au Mexique et la langoureuse Rio de Janeiro des années 80, liera durablement et indéfectiblement leurs destinées.
Cela faisait très longtemps que je n’avais plus lu Isabel Allende, dont, pourtant, « La Maison aux esprits » est l’un des romans qui ont marqué ma vie de lectrice. Dans ma quête de variété, j’ai décidé de me pencher sur ce roman de 2020.
Lucia est une fringante sexagénaire chilienne, professeure invitée à New York pour 6 mois. Elle a dû s’exiler après la prise de pouvoir de Pinochet et son frère est l’un des multiples disparus lors des vagues de répression qui ont suivi ce coup d’état. Elle vit dans l’appartement en sous-sol d’une « brownhouse », propriété de son supérieur hiérarchique, Richard. Celui-ci est un vieil homme, un peu froid, distant, solitaire.
Un jour où l’hiver est particulièrement rude, Richard emboutit une Lexus, conduite par Evelyn, une jeune réfugiée guatémaltèque sans-papiers.
Cet incident, pour une raison que je ne vous dévoilerai pas, lie nos trois comparses et les entraîne dans un road trip absolument dingue, au cours duquel ils se raconteront leur passé. Et qui unira leurs destinées de manière indestructible.
Sous une intrigue policière très superficielle (et qui ne constitue que le « liant » du roman), l’autrice aborde des thèmes de l’histoire sud-américaine qui font partie d’un passé pas si lointain, et même, quelques faits des États-Unis bien trop actuels. Le Chili de Pinochet et les sanglantes représailles envers les opposants politiques, les innombrables disparus dont les familles n’ont jamais pu faire le deuil, la souffrance des peuples autochtones du Guatemala sous l’emprise de gangs ultra-violents, le difficile passage clandestin aux États-Unis, aux mains de passeurs qui s’enrichissent d’autant plus que les autorités états-uniennes ne durcissent leurs contrôles, le trafic humain des sans-papiers et l’esclavage que les malfrats organisent aux dépens des malheureux qui finissent entre leurs mains… Au passage, l’autrice nous parle de violences faites aux femmes.
Certes, nous sommes loin de la puissance des premiers romans de l’autrice, mais j’ai passé un fort bon moment de lecture, plaisant sans être futile et je vais probablement me mettre en quête des romans de l’autrice que je n’avais pas encore lus, voire relire « La Maison aux esprits », qui m’avait enchanté jadis (un cru vintage certes, mais un très bon cru). Et cela me sortira peut-être de mon actuel désenchantement littéraire.