« Crime, botanique et kombucha » – Andréa Decaudin

Lu en : Octobre 2026

Un avis de Nath !

Je sais qu’il est assez exceptionnel par ici de me voir tenter l’aventure « cosy mystery », encore que, ça m’arrive de temps à autre !

C’est sûr que le genre impose quelques règles caricaturales auxquelles je suis a priori allergique : un endroit où l’on rêverait d’aller prendre un peu de vacances, une héroïne pétillante qui vient s’y installer, une communauté aux airs tranquilles puis, bam ! Un crime ! Cependant, la recette peut fonctionner à merveille, surtout si l’on n’oublie pas de saupoudrer le tout d’une pincée d’humour. Si, en plus, l’écriture est soignée, les ingrédients sont réunis pour une petite douceur littéraire réussie ! Et vous savez quoi ? Je n’ai pas rechigné à l’apprécier !

Forcément, je ne m’attendais pas à un roman noir sociologique. Ceci dit, sous couvert de divertissement léger, Andréa Decaudin effleure des thèmes intéressants : l’héroïne, Hazel, s’installe dans les Cotswolds après une déconvenue professionnelle. La télévision est un milieu impitoyable, et Hazel vient d’en faire les frais. Elle aspire donc à un peu de calme et à un changement radical, et son installation dans cette petite communauté où elle entend dispenser ses connaissances en botanique lui apparaît comme une reconversion nécessaire, quand bien même sa famille n’a pas forcément l’air convaincue qu’il ne s’agit pas d’une passade.

Et à peine installée, Hazel rencontre une figure locale, Marianne, qui vend des retraites censées faire du bien mais qui, on le comprend rapidement, fonctionne à coups de contrôle, d’humiliations et d’exigences incessantes, menant du coup la vie dure à tout son entourage. Et alors qu’Hazel anime des ateliers de cuisine à base de plantes sauvages, où elle apprend notamment à reconnaître celles qu’il vaut mieux éviter, voilà que Marianne est retrouvée morte ! Une mort naturelle ? Hazel n’en est pas si sûre…

Dès lors, la petite communauté va être bien ébranlée et l’enquête, qu’elle soit menée par la police ou par Hazel, mettra au jour quelques petits secrets, quelques petites rancœurs, bref, tout ce dont les cosy mysteries sont remplis !

Car derrière les promesses de bien-être de Marianne, il y avait ceux qui travaillaient dans l’ombre, ceux dont les compétences n’étaient pas reconnues et ceux qui encaissaient les humiliations parce qu’ils avaient besoin de leur salaire. Sans alourdir son récit, l’autrice rappelle que prôner le « prendre soin de soi » ne signifie pas forcément prendre soin des autres !

Et puis l’autrice ajoute une petite dose de romance, et nul doute qu’Hazel, dont le petit cœur a été bien meurtri, mérite clairement une petite éclaircie dans le ciel de sa vie sentimentale… (Houla, je ramollis, moi…)

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’Andréa Decaudin fait une entrée remarquée sur la scène du cosy mystery, et je ne doute pas qu’Hazel saura conquérir ses lecteurs !

De mon côté, ça reste un type de romans sur lesquels je ne m’attarde qu’occasionnellement, et si j’accepte de m’y prêter le temps d’un dimanche après-midi d’automne, c’est évident que ça ne deviendra jamais mon genre de prédilection. Cependant, j’admets volontiers que l’autrice a su s’y prendre pour m’immerger dans son décor de charme : mes yeux voyaient les belles couleurs, mes narines humaient les bonnes odeurs, et je me serais bien installée au coin du feu avec une tasse de thé et quelques gourmandises. Comme quoi, même moi je peux aussi apprécier un village accueillant et des personnages bienveillants… ceci dit, si vous voulez m’y attirer, n’oubliez quand même pas de prévoir un cadavre !

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