« La Nostalgie du sang » – Dario Correnti

Lu en : Juin 2019

La nostalgie du sang.jpgLorsque Babelio et Albin Michel s’associent pour me faire découvrir un nouveau roman via Masse Critique, je signe à deux mains ! Et la réception d’un livre à la couverture blanche stampée d’un « épreuve non corrigée » (une première pour moi) m’a apporté son petit lot d’émotions ! C’est courant pour beaucoup de blogueurs, mais je reste encore totalement émerveillée à la réception de Services de Presse qui court-circuitent toujours ma PAL.

Cette fois, dépaysement total, puisque l’histoire se déroule en Italie. Bon, effacez tout de suite de votre esprit l’aspect sable chaud et mer turquoise, parce que d’abord, l’histoire se passe en hiver (que notre héroïne affronte à coups de bottes en caoutchouc Hello Kitty) et dans une petite ville du Nord, ce genre d’endroit où les étrangers sont mal accueillis, où les secrets sont jalousement gardés, où les rideaux se baissent pour couper à la vue à qui souhaiterait s’intéresser de trop près à leurs petites affaires personnelles.

Mais quand un tueur en série se met à massacrer des jeunes filles juste avant de les déguster (« Vous reprendrez bien un petit morceau de mollet ? »), il faudra la ténacité et la candeur d’Ilaria Piatti, alias « Morpion », jeune stagiaire dans un grand journal et l’efficacité et l’expérience de Marco Besana, grand reporter sur le point d’être mis en retraite anticipée (pour cause de restrictions budgétaires) pour débusquer les similitudes entre ces meurtres et ceux du tout premier Serial Killer italien qui agissait à la fin du XIXe siècle.

Piatti, que jusqu’ici tout le monde méprisait pour sa timidité et sa garde-robe loufoque, traîne un lourd passé qui, finalement, lui sert de moteur dans son envie de résoudre l’affaire. Besana, lui, n’est plus qu’un vieux loup blasé qui, toute sa vie durant, a accordé plus d’intérêt aux crimes qu’à sa famille qui a fini par l’abandonner, désabusée de passer toujours en second.

Malgré les casseroles attachées à leur passé, cet improbable duo va faire des merveilles et un travail bien plus efficace que la police.

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé suivre les échanges d’idées de ces deux-là, spontanés et drôles, capables de se remettre en question pour aborder chaque élément d’un œil neuf.

Besana se sent comme un mentor pour Piatti et lui distille en permanence ses conseils, la reprenant quand elle s’emballe trop, se servant également d’elle comme dévidoir à toute sa rancœur, à coup de racontage d’anecdotes journalistiques. Car effectivement, la profession a fort changé ! Finie la grande gloire des reporters qui pouvaient tranquillement plancher sur la Une du lendemain, maintenant, avec l’avènement d’Internet, les scoops se distillent à la vitesse de la 4G et un article s’apprécie à coup de like, malheureusement 100% gratuits… J’avoue avoir trouvé les petites rétrospectives de Besana un peu lourdes à la fin, mais sa nostalgie se comprend parfaitement.

Le livre souffre de quelques longueurs, notamment par un nombre incalculable de scènes dans divers restos, mais sa dynamique est contrebalancée par des chapitres courts et on notera aussi la présence de chapitres mettant en scène les premiers meurtres du XIXème siècle, ce qui constitue un agréable changement de rythme.

J’ai donc passé un bon moment avec nos héros, chacun à leur manière « nostalgiques du sang », Besana par peur de sa mise en retraite et Piatti par son passé. Ces héros atypiques forment un duo qui fonctionne plutôt bien et la maladroite Piatti a malgré tout un cerveau bien fait et le soutien de Besana va l’aider à en optimiser les capacités. Et vous savez quoi ? L’absence de sentiments amoureux ou d’attirance charnelle entre ces deux-là est vraiment un bon point ! Ça nous évite de tomber dans les travers mielleux et de rester concentrés sur l’enquête complexe et sur la personnalité hors normes de nos héros dans une écriture où transparaît le légendaire et savoureux flegme italien !

6 réflexions sur “« La Nostalgie du sang » – Dario Correnti

  1. Je l’ai déjà vu passé sur un autre blog et il me fait de plus en plus envie, il est parfait pour moi ! L’alternance entre passé et présent m’intrigue tout comme suivre ces personnages. Et comme tu le dis, c’est appréciable si les deux héros ne tombent pas dans les bras l’un de l’autre, ça change !

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