« Nous n’irons plus au bois » – Mary Higgins Clark – LC 3 ans du blog

(Re-)Lu en : Juillet 2020

Le 28 février dernier, je soufflais la 3ème bougie de mon blog… Pour fêter ça, je me suis alliée à une belle brochette de lecteurs pour une méga-lecture commune (relecture dans mon cas) de l’un des romans policiers qui a marqué mon adolescence (oui, je sais, ça remonte à très loin…). À l’époque, j’étais une grande fan de Mary Higgins Clark dont les récits me captivaient. Sa manière d’effleurer le mal en faisant abstraction de descriptions explicitement gore convenait parfaitement à mon jeune âge, et le suspens qu’elle insufflait dans ses romans me tenait toujours en haleine ; je dévorais le moindre de ses écrits !

Ma précieuse édition de 1993

On dit parfois que la qualité d’un livre se mesure au souvenir que l’on garde de l’intrigue avec le temps. Bien des années plus tard, l’intrigue était toujours parfaitement présente dans mon esprit, ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier ma relecture !

Et qu’en ont pensé les autres ? Réponse juste après ce petit rappel des participants !

Ils en pensent quoi ???

Frédéric (La culture dans tous ses états) – Sa chronique ici

Quel plaisir de lecture incomparable que celui de plonger dans les racines du polar avec celle qui en fût l’une des figures majeures, une femme qui a bouleversé les codes de ce genre regardé de haut pendant longtemps, l’inoubliable Mary Higgins Clark qui nous a quitté cette année. « Nous n’irons plus au bois » est l’un de ses très nombreux classiques, pourtant je ne l’avais encore jamais lu. Je remercie donc chaleureusement Nathalie du blog « Mes lectures du Dimanche » pour cette très belle idée d’une lecture commune. J’ai littéralement dévoré ce livre en un week-end tant l’intrigue est prenante et le charme quelque peu suranné de son écriture fait toujours son effet. Paru en 1992, « Nous n’irons plus au bois » nous raconte l’histoire terrifiante d’une enfant, Laurie Kenyon enlevée à l’âge de quatre ans par un couple de pédophiles. Séquestrée et violée pendant deux longues années, elle est relâchée par ses ravisseurs qui la menace de la retrouver et de la tuer si elle révèle leurs noms de criminels. Bien des années plus tard, Laurie est arrêtée pour le meurtre de son professeur. Tout l’accable mais sa sœur Sarah, substitut du procureur et qui va devenir son avocate ne peut pas croire en sa culpabilité. A l’aide d’un psychiatre elle va peu à peu remonter les strates du temps au gré des multiples personnalités de Laurie qui souffre de schizophrénie ou troubles graves de la personnalité. Alors que le procès approche, la course contre la montre s’engage tandis qu’un couple souhaite à tout prix racheter la maison où vivaient les deux sœurs avant la mort tragique de leurs parents dans un accident de la route. L’histoire est très sombre avec ce couple de pédophiles manipulateurs. On y retrouve tous les ingrédients qui font la force des romans de Mary Higgins Clark, ce sens du détail, cette capacité à brouiller les pistes, ce rythme qu’elle maîtrise à merveille et qui fait que nous ne pouvons lâcher ce livre avant d’en connaître l’issue. La relation entre les deux sœurs Kenyon est très belle, touchante, profonde. J’ai aimé aussi la description des troubles psychiques de Laurie. L’ensemble m’est apparu fort plausible et déroutant. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé « Nous n’irons plus au bois » de l’immense Mary Higgins Clark. Un classique intemporel pour une romancière qui a ouvert la voie à de nombreux auteur(e)s que nous vénérons aujourd’hui.

Geneviève (Collectif Polar) – Sa chronique ici

Si on n’avait dit un jour que je relirais ce titre que j’avais eu la joie de découvrir à sa publication en France, jamais je ne l’aurai cru. Et pourtant Nath a réussi ce pari, elle m’a fait relire « Nous n’irons plus au bois » à l’occasion des 3 ans de Mes Lectures du dimanche.
Alors comment vous dire et vous expliquer mes retrouvailles avec ce titre que j’avais adoré à l’époque.
En effet, pour le coup Mary Higgins Clark était alors au sommet de sa gloire , plus d’une douzaine d’année qu’elle tenait le haut du pavé. Et comme tous les lecteurs de polar, j’attendais avec impatience la sortie de son nouveau roman. Et avec , Nous n’irons plus au bois, j’ai été servi. J’avais entre les mains sans doute le meilleur titre jamais écrit par notre reine du suspense. Je ne suis jetée tête baissée dans cette lecture qui m’a littéralement happée. J’en est encore des frissons à évoquer ce souvenir.
Aujourd’hui avec le recul j’ai sans doute un avis plus critique sur ce roman .
En effet il y a des constantes dans les livres de Mary Higgins Clark. D’un livre à l’autre on retrouve une Amérique souvent blanche, on évolue dans des classes sociales plutôt aisées. Ce que j’apprécie c’est que les personnages principaux sont des femmes mais des femmes souvent de pouvoir avec une belle situation. Nous ne sommes pas là dans du roman noir, pas de critiques sociales à l’horizon. Non Mary Higgins Clark ne pointe pas du doigt les carences de la société américaine. Nous sommes plutôt ici dans un affrontement entre le bien et le mal, les gentils et les méchants. Une visions sans doute un peu binaire.
Et puis si ce roman à un aspect psychologique ce n’est à proprement parlé, pas vraiment, un pur roman psychologique. Non l’intrigue ne repose pas sur la personnalité intrinsèque des protagonistes. C’est psychologique parce qu’on y aborde des sujets touchant à cette matière comme la folie ou les personnalités multiples par exemple. Certaines descriptions sont assez saisissantes il faut bien l’avouer. Mais la personnalité des personnages n’est pas très poussait et on a du mal à se projeter dans leurs émotions.
Non ce qui fait l’attrait des livres de Mary Higgins Clark, c’est action. On sommes tout de suite dedans. Elle a sans doute était la première a utilisé des chapitres courts pour donner du rythme à son roman. Il y en a 117 je crois pour 318 page, c’est vous dire.
Oui ce que l’on aime chez cette auteur c’est son efficacité, c’est qu’on se laisse prendre par le scénario, qu’on y croit et que l’on tremble pour Laurie. On a ici une intrigue palpitante menée de main de maître avec du suspense, des flashbacks, de l’action, des rebondissement en cascade….Oui ce que l’on aime c’est l’efficience de ce texte.

Mais il y a aussi un petit plus à la relecture d’un excellent Mary Higgins Clark,. En effet, si j’ai aimé la mécanique bien huilée de cette histoire, je m’aperçois qu’aujourd’hui celle-ci ne me suffit plus pour dire que j’ai eu un véritable coup de coeur pour ce bouquin. Je crois qu’en matière de polar, je suis devenue plus exigeante et surtout que mes goûts ont évolué. Tout comme la littérature policière a énormément innové ces dernières années. Mais n’oublions pas que ce titre à presque 30 ans et que pour l’époque c’est ce qui se faisait de mieux, un must en quelques sorte. Et oui cerise sur le gâteau, on plus du fils rouge qui nous embarque et nous tient en haleine, Nous irons plus au bois à un final surprenant. Alors ne boudons pas notre plaisir.

Lisa (Petit Pingouin Vert) – Sa chronique ici

«Nous n’irons plus au bois » sorti en 1992, est le premier et le seul roman que j’ai lu de Mary Higgings Clark , ça tombe bien car j’ai entendu dire que c’était son meilleur. Je remercie Nathalie de « lectures du dimanche » sans qui je n’aurai jamais lu ce roman.

Nous n’irons plus au bois; c’est l’histoire de Laurie Kenyon, une étudiante de 21 ans qui est arrêtée pour le meurtre de son professeur. Laurie a été enlevée à 4 ans, séquestrée et violée. Ces traumatismes mal soignés à son retour dans sa famille ont contribué à développer chez elle des troubles de la personnalité. Si bien que malgré le fait qu’elle n’ait aucun souvenir de la nuit où son professeur a été tué ; elle se croit coupable tant les preuves l’accablent.

C’est un roman qui se lit très rapidement, l’intrigue est intéressante, le personnage de Laurie très intriguant.
La soeur de Laurie ; Sarah, est le personnage le plus touchant de cette histoire, elle se bat continuellement pour sauver sa soeur au risque de s’oublier elle-même.

L’histoire est bien menée bien qu’un peu prévisible, mais ça n’enlève rien au charme de la plume de l’auteure car le suspense n’est pas tant de connaître l’identité des coupables de l’enlèvement mais de savoir comment l’héroïne va s’en sortir.. Je suis très contente d’avoir pu enfin découvrir l’écriture de Mary Higgings Clark.

Nina (Le Rest’o Littéraire) – Sa chronique ici

Chronique du vendredi : « Nous n’irons plus au bois » de Mary Higgins Clark 📚🤩
En trois mots : Emprise. Personnalité multiple. Suspense.
Une lecture commune bien agréable avec une bonne dose de suspense comme on les aime ! Merci à @nailistars !
Dès les premières pages, la reine du suspense nous fait vivre l’enfer de l’enlèvement de Laurie, 4 ans, par un couple de tordus se disant dévoué au Seigneur. Mais, l’histoire ne tourne pas autour de cet enlèvement. On voit très vite Laurie rentrer chez elle et devoir vivre avec son traumatisme enfoui. Jusqu’au jour où l’un de ses professeurs de fac reçoit d’étranges lettres d’amour, puis se fait assassiner. Laurie est-elle la meurtrière ? Aucun doute. Rédactrice avérée des lettres, elle a eu une altercation avec ledit professeur la veille de sa mort et ses affaires sont couvertes du sang de M. Grant. Mais alors quel suspense y’a-t-il dans cette histoire me direz-vous ?
La réponse est que, dans ce thriller, la ronde enfantine devient une ronde oppressante et malsaine menée par le grand méchant loup !!
Sans surprise, ce roman est une réussite ! Alors, n’hésitez pas 😁

Julie (Ju lit les mots) – Sa chronique ici

Quand, Mes lectures du dimanche a fêté les trois ans de son blog, elle a fait une proposition atypique et intéressante.

En effet, pour ce blog-anniversaire, Nath voulait rendre hommage à l’auteur qui avait déclenché son addiction à la littérature policière, et proposait une lecture commune de « Nous n’irons plus au bois », dont j’avais entendu parlé, mais que je n’avais pas lu, je connais d’ailleurs très mal la plume de l’auteur, puisque je n’ai lu qu’un seul de ses livres.

Si je suis totalement honnête, je ne me souviens même pas du titre, mais je me souviens que la lecture avait été agréable.

Merci Nath ! Grâce à toi, j’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai avalé ce livre en un après-midi, tellement j’ai été prise par l’intrigue.

Une construction classique, mais qui réserve son lot de surprise, entre les troubles dissociatifs de la personnalité de Laurie et la manipulation du couple qui l’a enlevé plusieurs années auparavant.

L’harmonie que l’auteur apporte à l’ensemble donne une fluidité au récit avec des descriptions visuelles et une psychologie des personnages fine, notamment à travers les différentes personnalités de Laurie. Mais l’auteur ne propose pas un roman psychologique, ce qu’elle nous propose, c’est bien un polar à l’intrigue bien ficelée avec une course contre la montre pour éviter à Laurie de se retrouver en prison. Sarah est persuadée de son innocence et fera tout pour le prouver.

J’aurais tellement souhaité l’avoir lu en 1992, pour pouvoir comparer mes impressions. J’aime l’idée de ces lectures dont on peut comparer les ressentis vingt ans après.

Et moi, j’en pense quoi ???

J’avais le souvenir d’une lecture angoissante, durant laquelle j’avais frôlé la crise cardiaque parce que j’avais eu la mauvaise idée de me plonger dans ma lecture alors que mes parents regardaient un match de foot… Au premier but, leurs cris de victoire ont manqué de faire défaillir mon cœur… J’avais alors 13 ans. Aujourd’hui, à 40 35 ans ( 😛 ), je dois avouer que niveau angoisse, c’était nettement plus tranquille ! J’ai traversé cette lecture en ayant l’impression de retrouver un vieux doudou, avec encore en tête les émotions positives de ma première lecture, mais forcée d’en constater les faiblesses. Effectivement, comme l’a assez justement observé Geneviève, les personnages sont assez lisses, la société est bien pensante, les dialogues sont parfois un peu mièvres… Mais, pourtant, la magie opère toujours ! Mary Higgins Clark n’a jamais usurpé son titre de Reine du Suspens, et ce roman le confirme ! Car en mêlant deux intrigues et en nous donnant les clés de la culpabilité de chacun, elle parvient cependant à nous tenir en haleine et à glisser un petit coup de théâtre qui retourne la fin avec élégance.

Dans ce roman, l’auteure aborde la psychologie d’adultes ayant vécu un traumatisme d’enfance, un enlèvement dans le cas de notre héroïne. Bien documentée, Mary Higgins Clark décrit avec brio les changements hallucinants qui s’opèrent chez les sujets souffrant de dédoublement de personnalité et la difficulté à reconstituer un emploi du temps quand on n’est pas maître de son propre esprit. C’est d’ailleurs ce qui complique relativement la tâche de Laurie, accusée de meurtre, et de sa sœur Sarah, avocate, qui va la défendre… Cette mise en lumière qui braque les médias sur Laurie inquiète ceux qui l’ont jadis enlevée et qui craignent que sa thérapie ne ravive la mémoire de son douloureux passé, au risque de les démasquer ! Eux qui se sont si bien réintégrés dans la société ne peuvent courir ce risque et décide de refermer sur l’esprit de Laurie un terrible piège. Ajoutez à cela une parfaite maîtrise du suspens qui a pour conséquence de faire défiler les pages avec assiduité, et vous aurez la recette parfaite de ce qui a rendu l’auteure incontournable !

Plonger dans les romans les plus sombres est certes devenu ma dope, mais on ne niera pas qu’un petit roman policier tranquille et fleur bleue a bien plus de pouvoir (du moins sur moi !) que le plus réussi des « feel-good » !

Un immense merci à tous les participants !

20 réflexions sur “« Nous n’irons plus au bois » – Mary Higgins Clark – LC 3 ans du blog

  1. Quel plaisir de participé avec vous à cette lecture commune.
    Je suis ravie de voir que les « ignorants » 😛, lol on apprécier ce titre et enfin découvert cette grande dame du polar qui comme tu le dis Nath a fait le bonheur de nombreux lecteurs.
    Pour ma part, j’ai aimé redécouvrir ce titre pour l’occasion car quelle belle idée que cette lecture commune chère Nath. Et découvrir et lire tous ces différents a été drôlement instructif pour la polardeuse que je suis. Alors merci encore. Et vite Julie je veux connaître aussi le tiens 😛

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