« Exil(s) islandais » – Eva Björg Ægisdóttir & Jérôme Loubry

Lu en : Avril 2026

Un avis de Nath !

Depuis quelques années, les Quais du Polar s’associent aux éditions Points pour proposer un joli projet : réunir deux auteurs de nationalités différentes et leur demander d’écrire, en quelques semaines seulement, un polar à quatre mains dont l’enquête fera voyager le lecteur entre leurs deux pays.

Le principe est aussi simple que séduisant : chacun leur tour, les auteurs écrivent un chapitre, créant une alternance continue entre leurs deux plumes. Une sorte de cadavre exquis littéraire, mais en beaucoup plus maîtrisé !

Pour cette édition, c’est Jérôme Loubry qui représentait la France, tandis qu’Eva Björg Ægisdóttir incarnait l’Islande. Deux univers très différents qui se rencontrent le temps d’une enquête menée entre Lyon et Reykjavík.

Nos deux auteurs ont imaginé le décès d’une journaliste en plein cœur d’une réception à l’ambassade de France à Reykjavík. Pour l’occasion, ils envoient sur place un policier qu’il devenait opportun de « mettre au frais », le temps que l’opinion publique oublie quelque peu ses récents dérapages. Alors que tout le monde conclut à un simple accident, ses doutes vont semer le trouble, notamment dans la vie de Vera, en passe de devenir maire de Reykjavík.

Au final, si l’histoire en elle-même ne casse pas trois pattes à un canard, le livre vaut surtout pour l’expérience littéraire qu’il représente. En effet, l’intrigue, qui se lit très rapidement (dans mon cas, une bonne moitié a été dévorée dans la file d’attente pour la dédicace de Søren Sveistrup lors de ces mêmes Quais du Polar), n’apporte pas vraiment de touche d’originalité. Et en plus d’être classique, elle se révèle également assez prévisible.

J’ai donc davantage apprécié la rencontre entre deux plumes et le concept de cette écriture à quatre mains imaginée par Quais du Polar que l’intrigue elle-même. Une curiosité sympathique, plus intéressante pour son projet que pour son suspense.

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