« Lequel de ces dix suspects est le coupable ? » – Benjamin Stevenson

Lu en : Juin 2026

Un avis de Nath !

J’ai fait la connaissance d’Ernest Cunningham en décembre dernier, et la rencontre avait été suffisamment concluante pour que je rempile dès la réception de ce nouvel opus ! (J’en profite pour remercier les éditions Sonatine !)

Convaincu qu’il est temps de faire de ce don pour les enquêtes quelque chose de plus officiel et de plus abouti, Ernest tente désespérément d’obtenir un crédit pour lancer son agence de détective.

Quand il est appelé par une grosse banque pour résoudre un mystère en toute discrétion, il voit rapidement l’opportunité de plaider, par la même occasion, sa cause.

Mais bien évidemment, quand Ernest est dans la place, rien ne se passe comme prévu… une prise d’otages survient au beau milieu de sa visite !

Le preneur d’otages, masqué, a de drôles de revendications ! Et pendant ce temps-là, l’un des deux frères, directeurs de la banque, a disparu.

Mieux encore, Ernest, qui tente de parlementer avec le preneur d’otages au beau milieu du chaos, est témoin d’un meurtre aussi inattendu qu’improbable !

C’est à ce moment qu’Ernest, bien décidé à découvrir la vérité, mais un peu animé, il faut l’avouer, par un désir de prouver aux banquiers qu’il est réellement un bon détective et pas seulement un type chanceux, décide de jouer à un jeu extrêmement dangereux dans le dos de tous… même de sa fiancée qui l’accompagnait !

Impossible d’en dire plus, une grande partie de l’intérêt du livre tenant justement dans les décisions stupides, mais culottées d’Ernest !

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce personnage totalement atypique. Ernest Cunningham est toujours aussi attachant dans sa maladresse, son autodérision et sa fâcheuse tendance à analyser chaque situation à travers le prisme des romans policiers. C’est lui qui fait tout le sel de ce divertissement qui jongle entre tradition et ironie !

Hormis Ernest, la galerie de personnages offre une nouvelle fois son lot de situations très drôles.

Quand on sait où l’on met les pieds, c’est savoureux et décalé ! On a même droit à quelques petites parenthèses scientifiques ou sociétales. J’étais d’ailleurs assez fière, quelques jours plus tard, en entendant parler de swatting dans les journaux télévisés, de savoir exactement de quoi il retournait grâce à cette lecture ! Comme quoi, on peut aussi apprendre des choses en lisant un roman aussi léger !

Benjamin Stevenson s’amuse donc une nouvelle fois à détourner les codes du whodunit classique. Derrière une intrigue qui paraît presque caricaturale sur le papier, il construit pourtant un vrai puzzle où chaque détail finit par trouver sa place. L’humour est omniprésent, parfois un brin absurde, et souvent très britannique dans son ton, mais il ne se fait jamais au détriment de l’enquête, qui reste solide et particulièrement maligne.

L’auteur aime rappeler que les romans policiers obéissent à des conventions tout en prenant un malin plaisir à les contourner ou les tourner en dérision. C’est ce qui donne au roman une identité vraiment singulière et, même s’il réutilise cette recette de tome en tome, Benjamin Stevenson prouve qu’il a plus d’un tour dans son sac pour renouveler la formule sans la dénaturer.

De mon côté, une chose est sûre : je répondrai présent au prochain rendez-vous avec Ernest Cunningham !

23 réflexions sur “« Lequel de ces dix suspects est le coupable ? » – Benjamin Stevenson

  1. J’ai déjà lu de cet auteur « Tous les membres de ma famille ont déjà tué quelqu’un » et j’avais bien aimé. Je m’étais dit que j’en lirai d’autres de l’auteur, mais pas encore fait. Celui-ci a l’air bien sympa. Je le note. Merci pour ta chronique ! 🙂

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