« Celui qui n’était pas un meurtrier » – Hjorth & Rosenfeldt

Un avis de Dominique !

Pour pendre la crémaillère, je vous propose une lecture qui date déjà du mois de mai. Mais il s’agit du roman initial d’une série que j’ai la ferme intention de lire peu à peu. Je suis assez psychorigide lorsqu’il existe des personnages récurrents, je dois lire la série complète, et dans l’ordre de parution. C’est indiscutable, pour moi. Et vous ? Lisez-vous les séries dans l’ordre de parution, ou êtes-vous nettement plus souples ?

Lorsque le corps d’un adolescent est retrouvé le cœur arraché dans un marais près de Västerås, la police s’embourbe et doit faire appel au brillant mais antipathique profileur Sebastian Bergman, au grand dam des enquêteurs. Celui-ci ne va pas mettre longtemps, cependant, à comprendre que bien des mensonges entourent le corps mutilé et qu’il va falloir désormais jouer contre la montre…

Le personnage principal, récurrent, Sebastian Bergman, est un psychologue qui collabore parfois avec la police comme profileur. Il est absolument odieux, manipulateur, cynique, obsédé sexuel, un anti-héros, en somme. Et pourtant … je l’ai absolument adoré (et détesté, aussi).

L’équipe de la police locale de Västerås a foiré, et c’est peu de le dire, le début de l’enquête sur la disparition d’un adolescent, à cause d’un policier plus obnubilé par ses problèmes personnels que par son boulot. Intervient alors une équipe de la criminelle, dont le chef décide d’intégrer Bergman. Ce qui ne manquera pas de provoquer des remous, mais qui s’avérera crucial pour la résolution de l’enquête.

Si l’intrigue met beaucoup de temps à s’installer, c’est parce que les auteurs prennent le temps de développer avec minutie le portrait de tous les protagonistes. Patience ! Ce n’est pas gratuit, les éléments présentés trouveront leur place dans ce puzzle un peu plus tard.

J’ai retrouvé ce que j’aime dans les polars et qui me manque trop souvent de nos jours, une enquête, des enquêteurs dont on détaille la personnalité, des chapitres bien fouillés et étoffés (je ne suis pas du tout de la team « chapitres courts se terminant systématiquement par un cliffhanger »), bref, un roman avec une certaine logique, des personnages incarnés, un roman qui prend le temps du développement de l’intrigue, qui ne bondit pas comme un marsupilami sous amphétamines d’un twist à l’autre. Vraiment, c’est tellement plaisant !

J’aime aussi beaucoup l’idée que, comme dans la réalité, aucun des personnages n’est une silhouette, un bloc uniforme de qualités ou de travers. Même Bergman, qui n’est franchement pas un cadeau, a des côtés moins détestables, des circonstances de son passé qui expliquent, sans toutefois l’excuser totalement, son attitude épouvantable.


Bref un peu lassée des thrillers énervés, j’ai adoré retrouver un polar scandinave, avec la lenteur et le soin qui sont classiques chez les auteurs de noir venus des pays nordiques. Ce développement tout en précision répond très bien à mon besoin actuel de lectures qui ralentissent le tempo effréné de notre existence.

Je vous parlerai rapidement de la suite des aventures de ce cher Sebastian, parce que, oui, nos deux auteurs suédois m’ont bien appâtée.

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