Un « avic » de Vic !

Mon aventure au sein des intrigues proposées par Nicolas Druart est quelque peu chaotique. Après Cinabre, que je n’avais pas du tout apprécié, puis Soufre, qui ne m’avait pas davantage convaincue, on peut légitimement se demander pourquoi j’ai décidé de retenter l’expérience avec Immersion.
Tout d’abord parce que la quatrième de couverture a immédiatement titillé ma curiosité. Des morts suspectes, un gouffre au cœur duquel semblent se produire des phénomènes étranges… Il n’en fallait pas plus pour éveiller mon intérêt. Et puis, il faut bien l’avouer, les copines sont souvent d’excellentes conseillères en matière de lecture.
C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai commencé ce roman. D’un côté, je me demandais si Nicolas Druart allait enfin réussir à me convaincre. De l’autre, l’idée de m’immerger dans un gouffre n’avait rien de rassurant : les profondeurs souterraines sont le genre d’endroit qui me met profondément mal à l’aise.
Et quelle surprise !
J’ai littéralement dévoré ce livre. Dès les premières pages, l’intrigue m’a happée et ne m’a plus lâchée. On suit Léo et son groupe d’amis qui, avec les années, se sont peu à peu éloignés les uns des autres. Pour tenter de renouer les liens qui les unissaient autrefois, ils décident de vivre une expérience hors du commun en explorant le gouffre de Gorre. Passionnés de films d’horreur et amateurs de sensations fortes, ils pensent vivre une aventure inoubliable… Ils sont loin d’imaginer à quel point leurs attentes seront dépassées.
Ce qui m’a particulièrement plu, c’est l’atmosphère. Nicolas Druart installe une ambiance oppressante, glauque et incroyablement immersive. On ressent presque physiquement le poids de la roche, l’humidité, l’obscurité qui engloutit peu à peu les personnages. J’avais parfois l’impression d’être moi aussi prisonnière de Gorre, aspirée par ses profondeurs et incapable d’en sortir.
J’ai également beaucoup apprécié la dynamique du groupe. Les années ont creusé des fissures dans leur amitié, et les tensions, les non-dits et les rancœurs refont rapidement surface lorsque le danger s’installe. Plus la situation se dégrade, plus les liens se distendent, révélant les failles de chacun. Cette évolution des relations apporte une vraie dimension psychologique au récit.
La construction du roman fonctionne également très bien. Les chapitres alternent entre les événements vécus dans le gouffre, le témoignage de Léo et l’enquête menée par deux gendarmes déterminés à comprendre ce qui s’est réellement passé et à trouver enfin le moyen de faire tomber le propriétaire de Gorre. Cette alternance apporte du rythme et offre régulièrement une bouffée d’oxygène avant de replonger dans l’angoisse des profondeurs.
Je n’en dirai pas davantage sur l’intrigue, car une grande partie du plaisir réside dans la découverte. En revanche, je peux dire que j’ai été agréablement surprise par son originalité. Je me suis laissée totalement embarquer jusqu’au dénouement, avec un retournement de situation habilement orchestré qui m’a prise au dépourvu.
Un autre aspect qui m’a particulièrement intéressée est la réflexion que propose le roman sur notre fascination pour le morbide. Pourquoi sommes-nous attirés par les films d’horreur, les jeux vidéo violents ou les faits divers les plus sanglants ? Pourquoi certains ressentent-ils le besoin de photographier un accident plutôt que de détourner le regard ? Pourquoi tant de personnes cherchent-elles à visiter les lieux où se sont déroulés les pires drames ou les crimes les plus atroces ?
Sans jamais tomber dans un discours moralisateur, le roman invite à s’interroger sur cette étrange attirance pour le macabre et sur ce qu’elle révèle de notre société.
En refermant Immersion, je ne m’attendais pas à éprouver un tel enthousiasme. C’est une lecture qui m’a surprise à tous les niveaux. Comme quoi, il ne faut jamais dire « plus jamais » !
Si vous aimez les thrillers oppressants, les atmosphères qui vous donnent l’impression d’étouffer avec les personnages et les intrigues capables de vous entraîner là où vous ne vous y attendez pas, alors je ne peux que vous conseiller Immersion.
Mais attention… si vous décidez de descendre dans le gouffre de Gorre, ce sera à vos risques et périls.
Ping : « Immersion » – Nicolas Druart – Mes Lectures du Dimanche