« On ne mange pas les cannibales » – Stéphanie Artarit

Un avis de Dominique

Pyrénées-Orientales, 1976

Noël Rivière est le propriétaire d’un zoo familial du sud de la France. Sa vie froide et solitaire se trouve bouleversée lorsqu’il rencontre Bambi, une adolescente livrée à elle-même, qui s’introduit chaque jour dans le parc pour échapper à la misère de son quotidien et à la violence de son frère aîné, Martin. Touché par cette gamine farouche, Rivière décide de lui offrir un emploi, de l’aider, de la protéger jusqu’à faire un choix qui va sceller leurs destins. Car le danger rôde et, sans qu’ils s’en doutent, se rapproche. Et lorsque tout ce qui était beau et tendre aura volé en éclats, la part bestiale des personnages se révélera dans ce qu’elle a de plus féroce, de plus primaire…

Toujours à la recherche de romans sortant des sentiers trop rebattus du thriller francophone, je me suis laissé tenter par ce roman, au sujet duquel j’entendais des retours pour le moins contrastés. Je suis curieuse, il fallait à tout prix que je me forge une opinion. En outre (c’est certes un détail, mais il compte), cette couverture tirée d’une œuvre du Douanier Rousseau, je l’aime énormément.

Ça avait très bien commencé entre nous. Toute la première partie du roman, j’ai eu le cœur serré, touchée par le courage et le triste destin de Bambi qui se coltine une famille glauquissime. C’est poisseux, atroce, émouvant et impossible à lâcher. Ah oui, vraiment. Et Noël Rivière, sa générosité, sa résilience…Même s’il est un peu froid et en retrait, je l’ai trouvé attachant.

Cependant, tout a changé au cours de la seconde partie du roman. L’autrice a pris une direction où elle m’a carrément semée, j’ai décroché totalement. Les personnages m’ont semblé trop stéréotypés, plus aucun d’entre eux ne m’a émue. Paf. Je suis sortie du récit, l’intrigue ne m’a plus du tout parlé.

En résumé, ce roman est certes indubitablement très original ; il m’a toutefois fait l’effet d’un malheureux soufflé au fromage qui s’effondre (gourmande, moi ? oui, tout à fait). De bons ingrédients, beaucoup d’espoir et une désillusion d’autant plus cuisante que mon attente était intense. Une lecture qui n’était pas pour moi. Je pense que le ressenti des lecteurs est du type « ça passe ou ça casse ». C’est pourquoi mon avis n’est en rien prédictif du vôtre. Ce qui m’a déplu est peut-être ce qui vous séduira. Parce que, quelle que soit l’impression que l’on en retire, on ne peut que saluer un roman audacieux, dans un paysage éditorial parfois monotone.

L’avis de Nath !

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