« V comme… » – Sandrine Lucchini

Lu en : Août 2026

Un avis de Nath !

J’ai entamé V comme… sans trop bien savoir où je mettais les pieds, mais juste avec l’envie de découvrir une nouvelle plume.

Je ne vais pas éternellement revenir sur mon petit problème actuel à me contenter de « simples » polars. J’y suis allée en connaissance de cause. Tant pis pour moi !

J’ai donc rejoint un groupe d’enquêteurs qui semblaient déjà bien (vraiment très bien ! hum) se connaître. Ce qui m’amène à la conclusion qu’il ne s’agissait pas de leur première aventure littéraire (commencer les séries dans le désordre : check !).

On a donc le capitaine Lebon (alias « Joli Cœur », surnom non usurpé), Ludo, alias Malabar, Alice, alias Idéfix… Bref, vous l’aurez compris, une équipe assez soudée comme on les aime ! Ils ont ici à travailler sur un féminicide qui, rapidement, va les mener dans l’enfer des réseaux de prostitution.

Au travers du parcours des victimes, Sandrine Lucchini rappelle que, dans de tels réseaux, celles-ci ne sont plus que des marchandises complètement déshumanisées. Les femmes elles-mêmes finissent par ne plus se voir que comme des morceaux de viande, montrant à quel point les techniques utilisées pour les briser sont efficaces. Et dans le cas où un sursaut de rébellion devait survenir, le réseau et ses méthodes radicales auront toujours une réponse qui finit généralement à la morgue, sans s’épargner la case « souffrances abominables ». Pour autant, certaines tentent quand même de résister avec un courage impressionnant.

Bien entendu, l’autrice va également développer le regard masculin posé sur ces « marchandises ».

Pour décrypter cet engrenage, l’autrice scinde son roman en différentes parties : V comme Victime – Vengeance – Violence. De quoi illustrer, par une progression narrative subtile, l’engrenage fatal.

Bien sûr, le thème est très important et représente probablement l’atout majeur du roman. Néanmoins, j’ai régulièrement levé les yeux au ciel. Il me semble que, dans mes récentes lectures, il y avait systématiquement des bribes de romance (ou juste de sexe) entre les protagonistes. Rien à faire, ça m’exaspère.

Ensuite, les réflexions et pensées des enquêteurs partaient parfois comme des envolées lyriques sur les problématiques de féminicides. Je n’essaie pas de dire que ce n’est pas un sujet, bien au contraire ! Mais la manière dont c’était amené m’a parfois semblé trop appuyée, là où j’aurais préféré davantage de subtilité. La narration glisse d’ailleurs très facilement dans les pensées des personnages, avec une forme d’immédiateté qui donne parfois au texte une tonalité assez orale. Personnellement, j’aurais aimé qu’elle me dise un peu moins ce que les personnages pensent et me laisse davantage m’imprégner des lieux, des situations et de ce qu’ils traversent. Bref, qu’elle suggère parfois davantage qu’elle n’explicite.

J’ai également ressenti une séparation assez nette entre le clan des gentils et celui des méchants. Certes, les premiers ont leurs failles, leurs casseroles et ne sont pas toujours irréprochables, mais la frontière morale reste à mon sens très lisible. Or j’aime justement lorsque le noir vient brouiller ces lignes, lorsqu’il m’oblige à chercher un peu de lumière chez les salauds et quelques zones d’ombre chez ceux qui sont censés incarner le bien.

Heureusement, certaines séquences trop lourdes sont désamorcées par l’humour noir qui reste, à mon sens, toujours un point positif, surtout dans des romans qui traitent de thèmes aussi dramatiques.

En conclusion, si je reconnais beaucoup de qualités au roman, je n’y ai personnellement pas tout à fait trouvé mon compte pour les raisons précitées. Cependant, tous les retours que j’ai lus jusqu’à présent sont nettement plus enthousiastes que le mien… De là à en conclure que c’est moi le problème, il n’y a qu’un pas que je vous laisse décider de franchir… ou pas ! 😉

21 réflexions sur “« V comme… » – Sandrine Lucchini

  1. je serai alors un second problème car je n’ai que très moyennement aimé la lecture ce livre. Pour moi c’est le thème maintes fois rencontrés qui manquait d’originalité. Bien qu’il soit grave et important d’en parler, j’attendais plus d’originalité. Je suis s déçue qu’elle n’ait pas exploré plus les Vori, et donner plus de détails sur cette mafia.

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  2. Avatar de laplumedelulu laplumedelulu

    Et bim, merci à toi pour ma whislist, elle va encore être intenable mais au moins, je ne note rien sur elle. 😁 Merci à toi pour ta franchise et le partage de la chronique 🙏 😘

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  3. Je ne vais pas franchir le pas car les critiques que tu soulèves, je les ressens de plus en plus. Dans un tel contexte, la romance est souvent loin d’être nécessaire et si j’aime qu’on évoque des sujets difficiles, j’aime aussi que ce soit fait avec subtilité sinon on tombe plus sur la leçon ou l’énonciation d’évidences…Du coup, pas certaine que j’y trouverai mon compte mais comme toujours, à voir si le livre audio se présente à moi.

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  4. Oh là, mais j’ai été beaucoup plus enthousiaste que toi sur ce coup là.

    Il faut dire que je suis très sensible quand il s’agit de violence envers les femmes et de féminicide….

    Et peut-être aussi que je suis très bon public avec les toutes nouvelles plumes et vachement indulgente afin de les encourager…

    Au final, j’ai trouvé que l’autrice nous offrait plus qu’une simple enquête criminelle, elle nous apporter une réflexion sur la résilience et la volonté de se battre pour la justice, même lorsque les chances semblent minces.

    Voilà qui est dit 😉😊😋

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