Lu en : Août 2026
Un avis de Nath !

Commencer une série par le dernier tome (dans ce cas, le tome 5), ça devient presque une signature, chez moi ! Et en parlant de signature, le tueur à l’œuvre dans Les yeux sur moi en a une bien particulière : arracher les yeux ! Pas cool pour le commissaire Markou qui souffre d’ommatophobie (oui, moi aussi j’ai découvert ce mot grâce au livre !).
Markou, ce héros récurrent que je ne connaissais pas, m’a semblé assez sympathique (sauf dans les parties « sexe entre amis », qui commencent à devenir incontournables dans les polars. Qu’est-ce que ça m’éneeeeerve !).
Markou est ainsi fort attaché (🙄) à sa collègue profileuse Roubini Gaetanou… hum. Cette dernière va d’ailleurs se retrouver bien malgré elle intimement liée à la thématique de l’enquête lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte de rétinite pigmentaire, une maladie qui entraîne une perte progressive de la vision.
Décidément, les yeux sont au centre de l’intrigue, puisqu’un autre personnage, Yannis, vit reclus dans son appartement par peur de croiser le regard des autres car, systématiquement, il y lit leur mort…
Mais au-delà des yeux, c’est finalement le regard, et plus largement notre perception des autres et du monde, que Markogiannakis décline tout au long du roman. Markou ne supporte pas les yeux, Roubini risque de perdre progressivement la vue, Yannis voit ce que personne ne devrait pouvoir voir, tandis que le tueur arrache justement à ses victimes cet organe qui lui renvoie de lui-même une image qu’il ne supporte plus. Chacun, à sa manière, voit trop, ne veut pas voir, ne pourra bientôt plus voir ou ne supporte plus d’être vu.
J’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur articule toutes ces variations autour d’un même thème sans pour autant perdre de vue (pardon, elle était trop facile !) son enquête.
D’autant que le roman s’autorise une incursion dans l’irrationnel avec ce fameux Yannis capable de « voir » la mort des gens à l’avance, pour contrebalancer les sciences qui servent de fil d’Ariane (si vous me pardonnez cette facilité mythologique en terre grecque) aux policiers : génétique, profilage, vidéosurveillance…
Tout au long du livre, j’ai également été séduite par la plume de l’auteur et sa capacité à maintenir mon intérêt pour l’enquête, mais aussi par l’Athènes qu’il nous donne à voir. Et, là encore, tout est peut-être question de regard : oubliez la Grèce ensoleillée des cartes postales ! Il nous immerge dans une Athènes dont on découvre différents recoins, parfois plus sombres, sous un soleil qui, lui non plus, ne brille pas en permanence !
Restait pourtant une petite inquiétude quant à l’issue de tout ça… Je ne sais pas s’il existait une bonne façon de conclure cette intrigue, mais je savais qu’il en existait au moins une susceptible de me foutre sérieusement en rogne.
Et plus j’avançais, plus je la voyais se profiler…
J’ai donc passé une partie de ma lecture à espérer que l’auteur n’emprunterait surtout pas cette voie. Plus elle se dessinait, plus je me répétais : « Non. Il ne va quand même pas faire ça… »
Eh bien si.
Je sais que beaucoup de choses ont déjà été faites dans le polar et qu’il devient forcément difficile de réinventer sans cesse les codes du genre. Mais il existe deux ou trois ressorts scénaristiques que, personnellement, je ne peux tout simplement plus voir en peinture. Trop lus, trop vus, trop utilisés et retournés dans tous les sens… celui choisi ici en fait malheureusement partie.
Je n’en dirai évidemment pas davantage sous peine de vous spoiler méchamment l’intrigue, mais cette conclusion, que j’avais en plus vu venir, m’a franchement gâché une partie de mon plaisir de lecture.
C’est d’autant plus dommage que jusque-là, le livre cochait vraiment beaucoup de cases de la catégorie « bons points » : une enquête qui fonctionne, des personnages que j’ai pris plaisir à découvrir malgré mon arrivée au cinquième épisode de leurs aventures, une ambiance qui change un peu de mes décors habituels et, surtout, cette façon intelligente de décliner le regard et la perception sous toutes leurs formes.
Une bonne découverte, donc, que cette fin m’empêche malheureusement de refermer avec le même enthousiasme que celui qui m’accompagnait encore quelques chapitres auparavant.
Comme quoi, dans Les yeux sur moi, tout est décidément une question de point de vue…
Bien bien bien…
Veux-tu qu’on fasse un colloque pour t’aider à choisir un livre ? 😉
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Ah ben en voilà une idée, qu’elle est bonne 😂
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Comme je compte lire ce polar, je t’ai lue en diagonale mais pas si diagonale que ça parce que tes réticences et appréciations ne m’ont pas échappé.😉
Hésitante je suis à présent.🤔
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Ah ben j’ai hâte de lire ton retour !
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Dommage !
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Oui, en effet, ça partait bien !
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C’est à perte de vue que tu l’as perdue. Dommage, c’est notre esprit ( es tu là) qui est trop affûté maintenant.
Merci à toi pour le partage 🙏 😘
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😂 mon fou rire du matin 😂
Oui, on a l’esprit trop aiguisé !
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Happy pour le fou rire 😂.
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Encore un auteur qui ne m’a jamais attirée. Bonne semaine
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Je retenterai un one shot, je pense…
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Frustrant cette fin que tu as vu venir en espérant te fourvoyer même si tu m’as assez intriguée pour que je n’exclue pas de tenter le roman dans l’éventualité où il croise mon chemin.
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Après, peut-être que c’est propre à moi d’être énervée par ces fins, ce serait chouette d’en rediscuter quand tu sauras 😊
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C’est vraiment dommage car l’histoire en soit edt vraiment pas mal du tout
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Si je lis un jour cet auteur que je ne connais pas, j’essayerai de commencer par le premier de la série. J’ai souvent fait comme toi, mais je vais essayer de changer ma façon de faire…ou de lire.
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Quelle sagesse que j’aimerais avoir 😅
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Merci pour ta chronique, piquante, que j’ai adoré lire… Je pense que je vais passer mon tour… trop de monde dans ma PAL !! 😉
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Oui, en ce moment, je suis dépitée de mes choix 🫣
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😉😊
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Ping : « Les yeux sur moi » – Christos Markogiannakis – Mes Lectures du Dimanche
Quel plaisir cette chronique pleine de jeux de mots ! 😁 C’est vrai que c’est de plus en plus difficile de rester « original » quand on écrit du thriller, je trouve. Même dans le cinéma (quoique dans le cinéma, tu as aussi l’intérêt de la mise en scène qui peut se démarquer).
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