Un avis de Dominique

En 2070, deux femmes s’assoient autour d’un feu un soir de Beltaine, la veille du 1er mai, et reviennent sur l’histoire de leur vie.
Lucy, la militante, évoque ses premiers souvenirs d’enfance quand on la confie à ses grands-parents lors de la pandémie de 2020 et qu’elle découvre l’amour de sa grand-mère pour les oiseaux. Hester, la documentariste, née le jour de la catastrophe de Tchernobyl, se rend sur l’ancien site nucléaire en 2021 afin de filmer sa population de chiens errants, et y découvre la zone d’exclusion désormais sauvage – ainsi qu’un chien-loup.
Pendant cinquante ans, leurs parcours les mènent de Londres à Balmoral au Somerset, au gré des manifestations, des ruptures familiales et des drames personnels. Lucy se bat pour restaurer les habitats naturels abîmés de Grande-Bretagne et réintroduire les espèces qui partageaient autrefois cette île, tandis que Hester s’efforce de donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Toutes deux rêvent du jour où les loups reviendront.
Je remercie les Editions Bragelonne et NetGalleyFrance pour leur confiance.
Je suis éco-anxieuse depuis plusieurs années et l’été que nous venons de vivre a augmenté cette anxiété ; l’attitude de nos gouvernants m’a carrément transformée en éco-furieuse ! Ce roman arrivait juste au moment adéquat.
Dans ce récit, l’autrice suit deux héroïnes sur plusieurs décennies. Ces femmes, Lucy et Hester, sont, chacune à sa façon, conscientes du péril écologique (et l’été que nous venons de subir nous le démontre amplement) et de l’urgence d’agir.
Lucy deviendra une adolescente, puis une adulte militante, un pilier du réensauvagement de l’Angleterre. Hester est la créatrice de documentaires, elle filme l’indispensable retour à plus de nature, elle qui, fille et sœur d’agriculteurs aux méthodes conventionnelles, va devoir s’inscrire en faux contre son milieu familial.
Le récit de science-fiction écologiste est plutôt optimiste, les humains dans ce roman finiront par opter pour des solutions raisonnables, après, évidemment, que de nombreuses catastrophes (canicules, feux de forêt, inondations – est-ce que ça vous parle ?) ne les ont conduits au pied du mur.
Plutôt que de se lancer dans d’arides démonstrations théoriques, l’autrice a entremêlé le destin de deux femmes impliquées dans le changement, à la fois actrices et spectatrices des événements. C’est évidemment une approche bien plus touchante, parce que Lucy et Hester sont toutes deux des femmes ordinaires, auxquelles on peut s’identifier, mais que la vie a placées à un moment-pivot de notre histoire commune.
Elles rencontreront sur leur chemin de vie de nombreuses personnes, des alliés, des personnes rétives au changement et même des fascistes prêts à tout pour s’opposer à leur démarche écologiste.
Le récit commence par la rencontre de ces deux femmes, au soir de leur vie, en 2070, lorsqu’elles s’apprêtent à assister au retour des loups en Grande-Bretagne. Pour en arriver à ce moment crucial, le retour de ce grand prédateur tant haï en Europe, elles auront beaucoup travaillé, beaucoup donné d’elles-mêmes, mais ce ne sera pas en vain.
J’ai beaucoup aimé ce roman, alternant entre les récits de Lucy (à la première personne du singulier) et ceux d’Hester (narration à la deuxième personne du singulier), deux angles de vision différents, complémentaires, indispensables. Un récit optimiste, un optimisme mesuré certes, qui insuffle un peu d’espoir en ce moment si sombre. Je trouve le roman réussi et fort intéressant, et son aspect positif m’a fait du bien. Un tout petit peu de lumière dans cette période sombre et angoissante.
je me laisserai bien tenter
J’aimeJ’aime
C’est un roman qui, sans être tout à fait optimiste, laisse entrevoir des portes de sortie. Et ça m’a fait du bien !
J’aimeAimé par 1 personne
je me laisserai bien tenter
J’aimeJ’aime
C’est vrai que les gouvernants se fichent du climat et de tous les autres problèmes qu’on ne peut résoudre avant la prochaine échéance électorale.En plus ils sont âgés et ne verront pas le monde dans 50 ou 80 ans. Bonne journée
J’aimeAimé par 1 personne
Le court-termisme est une vraie calamité
J’aimeAimé par 1 personne
Il me semble qu’il a été chroniqué par Yvan. Et qu’il est aussi ravi que toi.
Merci à toi pour la chronique et le partage 🙏 😘
J’aimeAimé par 2 personnes
Effectivement, j’ai lu la chronique d’Yvan et je suis heureuse que nous partagions le même enthousiasme pour ce roman
J’aimeAimé par 1 personne
Je commençais à me dire que comme il y avait longtemps que je n’avais pas fait de boulette, genre hier, 😂, celle ci m’arrivait dessus à grands pas. Même pas. Je gagne en maturité 😜
C’est chouette quand deux chroniqueurs sont du même avis, et donnent envie aux lecteurs. 🤗
J’aimeAimé par 1 personne
Ce n’est pas une boulette. Yvan et moi avons visiblement lu et aimé, quasi simultanément, le même roman. Et comme j’apprécie souvent les choix d’Yvan, ce n’est pas tellement surprenant 🙂
J’aimeAimé par 1 personne
Mais chez moi. Les boulettes me collent à la peau, donc j’aurais tout à fait pu dire qu’Yvan l’avait chroniqué sans que ce soit le même livre, forcément, autrement, pas de boulette 😁
J’aimeAimé par 1 personne
😊
J’aimeJ’aime
Quel plaisir de lire ce bel avis !
J’aimeAimé par 2 personnes
Merci Yvan 🙂
J’aimeAimé par 1 personne
Vu mon état actuel d’eco furieuse (j’aime bien, je te le pique !!!), je crois qu’il vaut mieux que j’évite ce livre…
J’aimeAimé par 2 personnes
Peut-être pas, justement. Parce qu’en unissant les éco-furieux, on pourrait peut-être trouver des solutions ? Plutôt que de rester à rager chacun.e dans son coin ?
J’aimeAimé par 1 personne