« Le cercle de Kern » – Alexis Laipsker

Lu en : Septembre 2026

Un avis de Nath !

Je ne rate plus jamais un rendez-vous avec Alexis Laipsker ! Dès lors, dès sa sortie, évidemment que j’ai foncé sur Le Cercle de Kern, ravie de reprendre une rasade de la méthode Laipsker…

Que peuvent bien avoir en commun Philippe Kern, qui vient d’avoir un accident sur la route et se retrouve coincé avec sa fille dans un petit village où l’hospitalité n’a pas l’air d’être le point fort, Leonora Koka, incarcérée depuis huit ans et qui vient de se faire la malle, et la commandante Cavalier, à qui son équipe prête une guigne dont on n’est pas certain qu’elle ne soit que légendaire et qui bosse actuellement sur une série de meurtres d’enfants ?

S’il y en a un, Alexis Laipsker fera tout pour qu’il ne vous saute pas aux yeux, brouillant les pistes comme il aime à le faire, dans un récit sans le moindre temps mort et qui se dévore avec avidité.

M’a-t-il complètement bernée ? Pas tout à fait… Je suis une vieille routarde, et « on m’la fait pas, à moi ! » Et ai-je râlé d’avoir deviné un gros morceau ? Absolument pas ! Comme à son habitude, Laipsker m’a embarquée dans une intrigue menée tambour battant et toujours parsemée de cet humour qui fait sa signature et que j’apprécie tout particulièrement. Comme à chaque lecture, je trouve les dialogues savoureux et j’apprécie le puzzle dont les pièces sont déposées avec soin et harmonie pour que le tableau d’ensemble soit impeccable.

Peut-être y a-t-il quelques petits passages un peu capillotractés, mais je ne boude pas mon plaisir et quand ça fonctionne aussi bien, ça me va parfaitement !

Et sous couvert d’un divertissement dynamique, l’auteur n’oublie pas cependant d’aborder des thèmes assez lourds : car à peine Philippe Kern est-il installé dans ce village en attente d’un dépannage que sa fille se volatilise. L’occasion pour l’auteur de nous parler de paternité, de ces peurs viscérales qui nous broient de l’intérieur quand on craint pour nos enfants. Et dans ce village aux allures de village fantôme, l’étrange impression d’une omerta perturbe Philippe et titille le lecteur, tout en mettant à l’épreuve le sens de la communauté de ces villageois inquiétants. Au travers d’un jeune homme marginal, l’auteur parle aussi de différence et d’exclusion.

Mais le « jouet » préféré de l’auteur reste la frontière ténue qu’il dresse entre apparences et vérité, utilisant la peur et la perte de repères comme ingrédients clés de son roman.

Je pense que vous l’aurez compris entre les lignes, je suis absolument conquise par ce nouveau roman auquel je pardonne toutes les éventuelles facilités, parce qu’on n’est pas dans la vraie vie, hein ! Et évidemment, une petite scène clin d’œil viendra ravir les inconditionnels de l’auteur dont je suis.

Serait-il possible que Laipsker entre dans la short list des auteurs qui me font légèrement perdre tout sens de l’objectivité ? Ça se pourrait bien, et c’est donc en toute subjectivité que je ne peux que vous encourager à entre (à vos risques !) dans Le Cercle de Kern !

Une réflexion sur “« Le cercle de Kern » – Alexis Laipsker”

  1. Avatar de dominiquejonniaux dominiquejonniaux

    Je l’ai commandé. Parce que Laipsker, c’est un auteur dont les romans fonctionnent toujours à merveille pour moi. Je sais d’avance que je passerai un très bon moment de lecture

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