Un avis de Dominique

L’inspectrice islandaise Hildur Rúnarsdóttir est enfin réunie avec Björk, l’une de ses petites sœurs disparues vingt-cinq ans plus tôt.
Même si Rósa, elle, semble volatilisée, la joie de ces retrouvailles permet à Hildur de supporter tant bien que mal son nouveau supérieur odieux, Jónas, qui remplace Beta, en poste à la capitale.
C’est sous les ordres de ce capitaine que Hildur et Jakob, son stagiaire finlandais, ouvrent une enquête lorsqu’un corps mutilé est retrouvé dans un étang de pisciculture des Fjords occidentaux.
À peine ont-ils le temps d’entamer leurs recherches qu’un autre meurtre, au moins aussi étrange, leur est signalé, appelant Hildur au côté de Beta. Mais leur travail est entravé : Jakob doit, lui, retourner au plus vite en Finlande, mener la bataille légale pour la garde de son fils, qui risque de tourner au cauchemar…
Audiolivre
Après avoir écouté « Hildur » et « Rósa & Björk » naguère, j’étais très curieuse de découvrir le 3e volume de cette série islandaise, écrite par une Finlandaise. Cet opus continue à explorer les enquêtes de Hildur à Ísafjörður, cette petite ville du nord-ouest de l’Islande.
Le roman s’ouvre sur une scène infiniment triste, qui se déroule en Laponie, en 1988.
Nous revenons ensuite en Islande, à l’époque actuelle. Hildur, qui a retrouvé l’une de ses jeunes sœurs, est rapidement confrontée à la découverte d’un cadavre mutilé, dans des cages à saumon de pisciculture installées dans les fjords. Il ne s’agit là que de la première victime d’une série, ce qui va remettre Hildur en contact avec Beta, son ancienne cheffe qui s’est établie à Reykjavik après son divorce.
Toutefois, son enquête se complique assez rapidement puisque Jakob, le stagiaire finlandais qui tricote de façon obsessionnelle, doit repartir en Finlande, pour tenter d’obtenir à tout le moins un meilleur droit de visite à son fils, voire la garde de celui-ci, alors qu’il est en conflit ouvert avec Lena, son ex-épouse.
J’ai nettement moins apprécié ce roman que les deux précédents. Si l’on continue à creuser les personnalités des personnages récurrents et les secrets de la famille d’Hildur, les enquêtes, elles, sont un peu trop vite expédiées. Ce n’est manifestement pas cet aspect qui importe le plus à l’autrice. Mais là … ça se sent bien.
Par ailleurs, plusieurs thématiques environnementales sont abordées, et elles non plus ne sont pas suffisamment développées à mon goût : l’élevage industriel du saumon, qui profite d’une législation permissive en Islande (vous mangez encore du saumon ? renseignez-vous, ça coupe bien l’appétit).
Les fermes à sang de jument gestante… Savez-vous ce que sont ces fermes ? Ce sont des élevages de chevaux. Enfin de juments. Pendant quelques semaines de leur gestation, elles sécrètent une hormone qui est transformée par l’industrie pharmaceutique pour stimuler la gestation d’animaux de boucherie (vaches, brebis, truies, chèvres). Plus de gestations, même hors saisons, plus de petits par gestation. Donc ces juments sont inséminées, leur sang est récolté de façon tout à fait excessive, elles sont battues si elles sont rétives ; quand la période « propice » est terminée, la jument est avortée pour être à nouveau inséminée au plus vite. Et si elle crève de ces maltraitances, tant pis. Ces fermes sont souvent situées en Amérique du Sud. Ou en Islande. Vive l’élevage industriel.
Un autre sujet abordé est le retentissement sur l’environnement de l’industrie de l’aluminium.
Le point commun de ces thématiques, c’est les comportements extrêmes que les gens qui tirent profit de ces crimes écologiques sont prêts à adopter par appât du gain.
Ce volume se centre partiellement sur Jakob, et là aussi, j’ai eu un sentiment d’incohérence entre son comportement à plusieurs moments du récit et celui qui était décrit dans les volumes précédents. Tristesse. J’aimais bien le Jakob d’avant, nettement moins le personnage plus sombre qui apparaît ici.
En ce qui concerne la lecture, je n’avais pas noté négativement les tentatives de Rachel Arditi de mimer des voix masculines, mais là, j’ai trouvé cela irritant. Peut-être parce que le roman lui-même me satisfaisait moins ?
Bref, une écoute cette fois en demi-teinte. Compte-tenu de la conclusion, il est évident que ce n’est pas le dernier épisode de la saga. J’espère que le quatrième, à venir, me rendra tout le plaisir que j’avais éprouvé lors de la découverte des deux premiers tomes.
Bon. L’industrie de l’aluminium ? Tu viens d’appuyer (tu le sais !) sur un bouton qui fonctionne pas mal avec moi 😂 ! Je veux savoir, maintenant !
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