Lu en : Octobre 2026
Un avis de Nath !

La nuit du 14 au 15 novembre, j’établirai mes quartiers à la Nuit du Polar de BePolar, avec la ferme intention de tester la murder party spéciale Lucinda Berry. Impossible pour moi de m’y pointer sans connaître ses livres, donc… Et puisque mes copines de LC, Isabelle et Aude, avaient justement prévu de lire celui-ci, le timing était parfait pour nous emmener une fois de plus dans nos délires de lectrices aux neurones en surchauffe !
Nous voilà donc parties à la rencontre de trois voix : celles d’Hannah et de Chris Bauer, couple très uni, très amoureux, mais qui souffre de l’absence d’un bébé dans sa vie. Devenir mère semble presque impossible pour Hannah. Aussi, quand la vie met sur leur route une petite fille que la police a retrouvée dénutrie et couverte de sang, le couple décide de l’adopter. La troisième voix est celle de Piper, l’assistante sociale en charge du dossier de la petite Janie.
Le fait que les interventions de Piper soient présentées sous la forme d’un interrogatoire laisse à penser d’emblée qu’un drame s’est produit. Et plus on avance dans le livre, plus on comprend à quel point élever un enfant traumatisé peut représenter une épreuve de chaque instant. Moi qui ai élevé quatre gamins a priori psychologiquement stables (encore que…), j’ai déjà souvent trouvé ça très sportif ! J’ai donc eu beaucoup de mal à m’imaginer l’état dans lequel se trouvaient Hannah et Chris, d’autant que, d’emblée, on sent que l’implication de Chris est bien plus importante que celle d’Hannah, qui reste quand même plus réservée. Faut dire aussi que le « petit ange » a vite fait de se transformer en démon à certains moments, et particulièrement dans ses rapports avec sa mère adoptive.
Premier gros bémol : la quatrième de couverture est bavarde. Beaucoup trop bavarde !!! Ce qui fait que l’on ne s’est pas vraiment demandé si Hannah se faisait des idées. La réponse à la question était dans le résumé, ainsi que le détail d’un événement qui arrive quand même bien plus tard. Nos interrogations se sont donc centrées sur les questions suivantes : qui va dérailler en premier et qui sera la victime de ce pétage de plomb ?
Lorsque l’on lit un thriller psychologique, on s’attend à ce que l’essentiel se joue dans la tête des personnages, dans toute leur ambiguïté. C’est ce qui m’agace autant dans ce résumé, qui dissipe une grosse partie des doutes que l’écriture avait pourtant parfaitement ménagés. Et si j’ai eu un peu de mal avec le début, j’admets qu’à l’instar de mes partenaires de lecture, je me suis ensuite immergée dans l’histoire.
Je n’aurais jamais eu la patience d’Hannah. J’avais envie d’assommer Chris la moitié du temps, mais avec les copines, on s’est perdues en conjectures sur la fin que nous réservait l’autrice, et ça a animé notre lecture !
Nouveau léger bémol sur la fin qui, si elle nous apporte une partie des réponses, me semble laisser de côté le pourquoi du comment.
Ceci étant, ce livre est un excellent cru du genre, et la profession de l’autrice n’y est probablement pas étrangère, puisqu’elle est spécialisée dans les traumatismes infantiles.
La tension monte crescendo et rend le roman impossible à lâcher, mais j’aurais quand même aimé refermer le livre sans questions en suspens, ce qui ne fut pas le cas, à en juger par le debrief de fin de lecture !
Je le conseille donc sans hésiter aux amateurs du genre, mais, si ce n’est pas encore trop tard, allez-y en évitant soigneusement de lire la quatrième, histoire d’être cueillis comme il se doit !