« Surtensions » – Olivier Norek

Lu en : Avril 2019

surtensionsLa lecture de « Surface » m’avait rendue nostalgique. Éprouvant un besoin irrépressible de replonger dans les écrits de l’auteur, j’avais sauté sur « Surtensions », le seul Norek que je n’avais pas encore lu.

Alors, ça a donné quoi ?

De retour au SDPJ 93 avec le groupe Coste, le premier chapitre nous annonce la couleur : il va se passer un drame, et notre groupe Crime 1 va morfler. Qui, quoi, comment ? Retour en arrière et on commence par le commencement…

L’effet papillon, vous connaissez ? C’est exactement ce qui va se passer ici. Norek pose calmement les bases d’un engrenage fatal dont le lecteur prend peu à peu conscience, mais que, bien sûr, il ne pourra pas arrêter !

Norek va poser le décor dans plusieurs endroits. D’abord en prison, où l’on s’aperçoit (même si on le savait déjà) que certains caïds à la ville deviennent vite des petites choses fragiles en prison et qu’un esprit fragile se brise en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. D’un côté, bien sûr on se dit que lorsqu’on finit en prison, c’est qu’on l’a bien cherché. Mais d’un autre côté, si la vie en prison n’apporte que brimade et déshumanisation, pas sûre qu’à la sortie, la société soit gagnante lorsqu’on relâche des individus qui ont vécu un temps certain dans un enclos d’une violence indescriptible. Et que dire des innocents qui y atterrissent par erreur !

On part ensuite en planque avec une bande d’allumés corses, qu’on imagine aisément avec un couteau entre les dents, bien décidés à sortir de prison le petit frère faiblard qui décline à vue d’œil. En Corse, rien n’est plus important que la famille… (oui, oui, vous pouvez prendre un petit accent italien en mode « le parrain » pour prononcer ces mots…) Et tant pis si, pour parvenir à leurs fins, les malfrats doivent terroriser une autre famille !

Et puis bien sûr, retour au SDPJ 93 où Coste semble en plein tumulte cognitif sur son avenir. Léa, qu’il a négligée, son père, qui lui rappelle qu’il oublie de vivre, sa supérieure qui s’en va et lui laisse assurer l’intérim avant l’arrivée de son remplaçant, et ce remplaçant, qui semble avoir autant de jugeote qu’un petit pois cramé…

Autant de grains de sable qui vont enrayer la machine pourtant si bien huilée du Groupe Crime 1.

On rit, on rage, on supplie, on crise, on espère, on désespère, tout ça au même rythme que Coste. On sait qu’il mérite la tranquillité, mais on n’a pas envie de le laisser partir !

Au final, c’est la nostalgie qui m’a précipitée vers cette dernière aventure de Coste. Une fois la page finale tournée, je ne suis plus nostalgique mais carrément en dépression !!!

Bravo, Monsieur Norek, vous avez joué avec mes nerfs, mon cœur, et au final, c’est complètement bouleversée que je termine ce livre ! Une réussite totale, tant sur le fond que sur la forme, où l’humanité côtoie la violence. Un polar au grand cœur et tout simplement pour moi, un coup de cœur !

cdec

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