« Ils étaient vingt et cent… » – Stanislas Petrosky

Lu en : Avril 2019

ils étaient vingt et cent.jpgCette histoire est horrible, atroce, inhumaine, incroyable, bêtement et méchamment cruelle, tellement odieuse qu’elle donne la nausée au moins une page sur deux ! Alors pourquoi la lire, me direz-vous ? Parce que cette histoire, c’est celle de la vie du « Camp de Travail » (laissez-moi rire !) de Ravensbrück. Ce n’est donc pas un scénario machiavélique tiré de l’imagination fertile d’un écrivain, oh que non ! Ce n’est que la transcription de cette page de l’histoire que jamais personne ne doit oublier. Stanislas Petrosky a un jour lu dans « Le Monde » qu’un français sur dix ne sait pas ce qu’est la Shoah, et l’on passe à plus de deux sur dix lorsque l’on arrive dans les adolescents… Ce n’est pas normal. Ce n’est pas envisageable de laisser une telle ignominie tomber dans l’oubli. Il a alors pris sa plus belle plume qu’il a enrobée de sobriété, car les actes parlent d’eux-mêmes. Sous couvert d’une fiction, il a dépeint Ravensbrück, de sa construction à sa libération. Il y a ajouté les personnages de Gunther et Edna. Gunther, un jeune allemand fils de ferme, artiste dans l’âme, se retrouve forcé par ses parents à intégrer les forces allemandes comme ouvrier, et le voilà posant, pierres après pierres, la frontière de l’horreur. Grâce à ses talents de dessinateur, il devient l’illustrateur attitré du camp. Forcé de coucher sur papier la souffrance et la mort, il tente désespérément de se forger une carapace. Il n’est pas responsable de la dérive allemande, y est même farouchement opposé, mais il ne sait pas comment se révolter, car il voit tous ceux qui manifestent le plus petit signe d’humanité envers les prisonniers le payer chèrement de leur vie.

Entre les soldats allemands qui n’osent pas et ceux qui deviennent des monstres de cruauté gratuite, l’auteur insuffle un brin d’espoir avec le personnage d’Edna, juive dont Gunther va tomber amoureux. Mais un amour peut-il réellement naître dans ce décor où tout est prétexte à torturer ou à tuer ?

Ce n’est pas une lecture amusante. Pire, même, quelques heures après avoir refermé le livre des larmes plein les yeux, ma fille s’inquiétait de ma mine sombre, me demandant sans cesse si quelque chose n’allait pas. Oui, quelque chose ne va pas ! On ne peut pas oublier, pour plusieurs raisons, la principale étant la vitesse à laquelle la dérive peut survenir.

 J’ai essayé de formuler le danger, mais je ne trouve pas les mots justes ou délicats, je n’arrive pas à nous mettre en garde contre nous-mêmes sans agressivité. Alors, je préfère reprendre les mots qu’Ophélie (Quand Ophe Lit) a écrits dans sa chronique tellement émouvante : « Les nazis étaient des hommes et des femmes comme vous et moi… Il suffit parfois d’un mot, d’une pensée, d’un geste pour devenir acteur de notre propre destruction…« 

Lisez ce livre, pleurez, ragez, diffusez, mais surtout, par pitié, n’oubliez pas…

Pour aller plus loin :

ils étaient vingt et cent nailistars

 

13 réflexions sur “« Ils étaient vingt et cent… » – Stanislas Petrosky

    1. Oui, le problème c’est certaines dérives auxquelles on assiste qui me rendent dingue, comme si on avait oublié le passé. C’est vrai que j’ai beaucoup de révoltes, à propos des esprits étriqués, des extrémistes… et la shoah me touche particulièrement parce que ado, on avait un prof de néerlandais extraordinaire qui nous a appris beaucoup de choses.

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