C’est vous qui le dites ! – Les coups de cœur de Chrystel Duchamp

Présentation de la rubrique ici !

Aujourd’hui, c’est une auteure qui nous fait le plaisir de partager avec nous ses coups de cœur ! Il s’agit de Chrystel Duchamp, qui a publié « L’art du meurtre » en janvier dernier (mon avis ici), et qui nous reviendra dans 10 jours avec un nouveau bébé : « Le sang des Belasko » dont je vous parlerai (avec énormément d’enthousiasme !) très bientôt ! Brillante et accessible, Chrystel est un condensé de gentillesse, ce qui semble vraiment être le point commun à toutes les plumes de la littérature noire !

Parlons de tes coups de cœur !

Mon premier coup de cœur polar

« Ils étaient dix » – Agatha Christie

Ils étaient dix par Christie

Ce roman est l’un de mes premiers chocs littéraires ! J’adore l’écriture d’Agatha Christie, précise et incisive, avec toujours une touche d’ironie. L’autrice manie avec brio la construction de ses récits et sait instaurer une atmosphère pesante dont elle seule a le secret. Dans « Ils étaient dix », la tension monte crescendo pour le plus grand plaisir du lecteur qui ne peut plus arrêter sa lecture une fois le roman commencé ! Le choix de mettre en scène une multitude de protagonistes rend le récit très théâtral et crée une proximité avec le lecteur qui partage alors la paranoïa ambiante. Un huis-clos jouissif ! Un classique à lire absolument !

Résume Babelio :

Ils sont dix à avoir reçu l’invitation : des vacances d’été sur l’île du Soldat ! Voilà une proposition à laquelle personne ne saurait résister. Non seulement c’est gratuit, mais l’île a tant fait parler d’elle ! Chacun se demande qui est son nouveau propriétaire – une star d’Hollywood, un milliardaire américain, ou l’Amirauté britannique qui s’y livrerait à des expériences ultrasecrètes ? Aussi, sans vraiment connaître leur hôte, ils accourent volontiers : le médecin, le play-boy, la jeune prof de gym, le juge à la retraite, le général bardé de décorations, la vieille fille grincheuse, le sémillant capitaine, le majordome et sa femme, et M. Davis qui ne s’appelle pas Davis… Qu’ont-ils donc en commun ?

À l’arrivée, cela dit, un par un, tous connaîtront le même sort…

Mon coup de cœur thriller

« Les rivières pourpres » Jean-Christophe Grangé

Les Rivières pourpres par Grangé

Aujourd’hui encore, aucun roman n’a détrôné « Les rivières pourpres » de mon top 3. Et indéniablement : Jean-Christophe Grangé compte parmi ceux qui m’ont donné envie d’écrire. J’avais quinze ans lorsque j’ai découvert ce thriller. Je me revois encore, en pleine nuit, le dévorer jusqu’à la dernière page avant de me réfugier sous les draps. Comme je ne fermais jamais les volets de ma chambre, j’étais terrifiée par les ombres des arbres dont les branches semblaient former des crucifiés flottant dans le vent… Ceux qui ont lu « Les rivières pourpres » comprendront quelle scène j’évoque ! « Les rivières pourpres » réunit tous les ingrédients du thriller parfait : l’écriture nerveuse, l’originalité de l’intrigue, la narration très cinématographique, la violence des scènes de meurtre, les personnages sans concession et, évidemment, le dénouement !

Résume Babelio :

Un cadavre, horriblement mutilé, suspendu entre ciel et terre dans les montagnes de la région grenobloise.
Une tombe, celle d’un petit garçon, mystérieusement « visitée » pendant la nuit, cependant que les dossiers le concernant disparaissaient de son école.
Deux énigmes, que vont s’attacher à résoudre deux flics hors normes : Pierre Niémans, policier génial, dont les méthodes peu orthodoxes ont compromis la carrière. Et Karim Abdouf, l’ancien délinquant devenu flic, dont la couleur de peau et les dreadlocks suscitent plutôt la défiance dans le trou de province où on l’a nommé…
Les deux affaires vont se rejoindre, et les deux hommes se reconnaître. Ensemble, ils vont remonter vers le terrifiant secret des rivières pourpres. Un secret qui ne nous sera livré qu’aux dernières pages de ce thriller exceptionnel, dû à l’auteur du « Vol des cigognes » et porté à l’écran par Mathieu Kassovitz.

Coup de cœur fantastique

« L’appel de Cthulhu » H.P. Lovecraft

L'appel de Cthulhu par Lovecraft

Puisqu’on parle des auteurs qui m’ont donné envie d’écrire : Lovecraft en fait aussi partie. Petite anecdote pour vous prouver à quel point je suis fan : il y a quelques années, j’ai écrit un roman en hommage à « L’appel de Cthulhu », dans lequel j’imaginais Lovecraft revenir d’entre les morts pour invoquer le grand Ctulhu, son monstre fétiche ! H.P.L. (pour les intimes) a su créer une cosmogonie complexe, peuplée de bêtes, d’humains et de forces occultes. Par ses nouvelles, l’auteur retranscrivait ses peurs et son mal-être. J’aime son écriture – sombre et ampoulée – et ses descriptions qui rendent ses récits si immersifs. Les chutes de ses nouvelles sont toujours inattendues et glaçantes. La folie rôde dans chaque recoin. C’est le maître incontesté du genre et je pourrais parler de lui des heures tant il me fascine.

Résume Babelio :

Les documents retrouvés dans les biens hérités de son grand-oncle, mort dans de mystérieuses circonstances, vont mettre l’anthropologue Francis W. Thurston sur la voie d’une terrible vérité : tapis au fond de l’océan, dans la cité de R’lyeh, l’infâme Cthulhu sommeille en attendant d’imposer son règne sur la terre, tandis que ses disciples, réunis autour d’un culte secret, préparent son retour.

L’oeuvre fondatrice du mythe de Cthulhu, un univers de fiction prolongé par de nombreux auteurs de littérature fantastique.

Coup de cœur littérature française

« Cosmétique de l’ennemi » Amélie Nothomb

Cosmétique de l'ennemi par Nothomb

Ma première rencontre avec l’univers d’Amélie Nothomb ! La joute verbale entre les protagonistes est un modèle du genre. Avec ce roman court, Nothomb prouve toute l’étendue de son talent. C’est précis tout en allant à l’essentiel. L’humour est cinglant. Et cette fin ! Mon Dieu, cette fin ! Je l’ai relue deux fois tant elle m’a stupéfaite. Peut-être l’une des meilleures chutes de roman de toute l’histoire de la littérature.

Résume Babelio :

Depuis « Hygiène de l’assassin, » » elle est fidèle au poste ! Amélie Nothomb fait donc sa rentrée avec « Cosmétique de l’ennemi. » Au rythme – soutenu – d’un roman par an, on se demande bien comment elle peut encore nous surprendre. N’ayez crainte, elle y parvient… Coincé dans un aéroport alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Barcelone, l’homme d’affaires Jérôme Angust se voit contraint de supporter, en plus du retard de son avion, la logorrhée d’un étrange individu, bien décidé à lui imposer le récit de sa vie. Qui est donc ce Textor Texel qui le harcèle ? Pourquoi ce raseur a-t-il jeté son dévolu sur lui ? Le dialogue s’engage pourtant entre l’importun et sa victime, vif, alerte, ponctué de réparties cinglantes, prenant les allures d’une joute de haute tenue, et dévoile la passé trouble de Textor, en même temps que le malaise croissant de Jérôme. Car il se sent cerné, l’homme d’affaires irréprochable, par cet étranger qui semble si bien connaître les tréfonds de sa conscience et dont les crimes font douloureusement écho à un passé qu’il croyait enterré. Étranger, cet ennemi ? Pas tant que ça ! Et si, finalement, cette rencontre n’était pas tant le fruit du hasard que l’objet d’une préméditation diabolique destinée à l’anéantir ?
Dans ce dialogue mené tambour battant, Amélie Nothomb s’en donne à cœur joie, faisant preuve une fois de plus de sa virtuosité. La phrase est vive, bondissante, corrosive, pour nous embarquer progressivement, mais sûrement, vers un retournement de situation dont l’auteur de « Mercure » a le secret. Gageons qu’une fois encore, elle recueillera vos suffrages… Laurence Demurger

Coup de cœur Nouvelles

« Regarder le noir » – Collectif de nouvelles

Regarder le noir par Norek

La nouvelle est un genre littéraire exigeant. En quelques pages, le nouvelliste doit planter le décor, introduire ses personnages, instaurer un climat et faire monter la tension jusqu’à la chute finale.

En grande amatrice de nouvelles, j’ai longtemps été déçue par mes contemporains francophones qui peinaient – je trouve – à s’imposer dans ce registre. Puis j’ai lu « Regarder le noir ». Et n’ayons pas peur des mots : ce recueil est parfait et ce pour trois raisons. La première : le concept, avec des histoires courtes déclinées autour d’un sens : la vue. La deuxième : les auteurs, par la diversité de leur « regard » sur la thématique choisie, la qualité de leur plume, leur imagination et le soin apporté aux chutes de leurs intrigues. La troisième : Yvan Fauth qui, aussi passionné que philanthrope, coordonne tout ce beau monde à la manière d’un commissaire d’exposition.

Au final, douze tableaux uniques. Douze peintures de notre société. Des touches de couleurs. Un peu de rouge. Beaucoup de noir. Et lorsque les portes de cette petite galerie des horreurs se referment, un seul mot danse alors dans l’esprit du lecteur : « Encore ! ».

Résume Babelio :

LES GRANDS NOMS DU THRILLER METTENT NOS SENS EN EVEIL

Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet.
Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.
Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et suprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

N’ayez pas froid aux yeux, venez Regarder le noir.

Coup de cœur 2020

« Ils se marièrent et il y eut beaucoup de sang » – Laurine Valenheler

Ils se marièrent et il y eut beaucoup de sang par Valenheler

« Ils se marièrent et il y eut beaucoup de sang » est un premier roman auto-édité par une auteure talentueuse : Laurine Valenheler. Les qualités de ce thriller sont nombreuses : un couple d’enquêteurs attachant et réaliste, un talent incontestable pour la narration, un sujet (trop) rarement abordé dans le thriller : l’homophobie, des réparties cinglantes, un humour mordant et des dialogues parfaitement maîtrisés, une scène de violence absolument brillante qui projette le lecteur au cœur de l’horreur. Laurine est une auteure sensible qui nous offre un roman gorgé d’émotions. Une belle réussite !

Résume Babelio :

Au cœur de l’hiver 2017, quatre ans après les débats sur le projet de loi « Mariage pour Tous », plusieurs couples d’hommes sont retrouvés morts en petite couronne de Paris. Sur les scènes de crime, la signature marque les esprits : entre les corps des victimes sont retrouvés des triangles de tissu, roses comme le symbole de la persécution des homosexuels sous le IIIème Reich.

Pour l’équipe de Maël Néraudeau et Yohann Folembray, lieutenants à la Section criminelle du SDPJ 94 et partenaires à la ville comme à la scène, le compte à rebours est lancé. Le mot d’ordre est sur toutes les lèvres, y compris celles de la presse : mettre la main sur l’assassin et enrayer la vague de folie meurtrière. Mais face à un criminel aussi obscur qu’imprévisible, les enquêteurs se retrouvent désarmés, et ce malgré l’appui d’un capitaine de la Brigade des crimes sériels de l’OCRVP venu se greffer à la section pour les assister. Le sadisme du meurtrier se révèle alors sans limite lorsque l’affaire prend un virage dramatique pour les deux coéquipiers et amants. Entre les plaies endormies qui se réveillent et la colère qui les déchire, affectant l’équilibre du groupe, le terrain est plus libre que jamais pour le Tueur au Triangle Rose, qui profite de la diversion pour passer à la vitesse supérieure et parachever son acte final…

En France, une agression homophobe se produit toutes les 33 heures.
En France, en 2019, des hommes et des femmes sont insultés, roués de coups, brisés moralement et physiquement parce qu’ils se tiennent la main dans la rue.
Entre la fiction et la réalité, entre haine institutionnalisée et passage à l’acte criminel, il n’y a plus qu’un pas et quelqu’un finira par le franchir.

Voilà pour Chrystel, que je remercie d’avoir participé à cette rubrique qui, décidément, fait beaucoup de torts à nos PAL ! (Mais on aime ça !)

La semaine prochaine, nous recevrons la dynamique Pascaline, du blog Lire et Courir !

22 réflexions sur “C’est vous qui le dites ! – Les coups de cœur de Chrystel Duchamp

  1. Ping : Le sang des Belasko, de Chrystel Duchamp

  2. Beaux coups de coeur. Je comprends pour « Ils étaient dix » (même si dans ma tête cela restera les petits nègres…), « les rivières pourpres » (mais vu en film), « cosmétique de l’ennemi » (un de mes Nothomb favoris). Par contre, rien à faire avec Lovecraft, ça ne passe pas…

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  3. Ping : Lecture Commune de Christel & Nath #2 :« Le sang des Belasko » – Chrystel Duchamp – Mes Lectures du Dimanche

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