« La petite ritournelle de l’horreur » – Cécile Cabanac

Lu en : Février 2022

La petite ritournelle de l'horreur par Cabanac

Si un jour vous vous demandez si je suis une personne influençable, la réponse est sans aucun doute : absolument ! Alors que j’avais déjà fait entrer ce titre dans ma PAL suite à quelques excellents avis (notamment celui de Nadia, ou encore celui d’Aude) , il a fallu les mots d’Ophélie (sur sa publication Instagram) pour qu’il n’y moisisse pas ! Elle m’a promis un excellent roman policier, avec des vrais flics comme on pourrait en croiser dans la vraie vie…

Ça commence par un mari qui, soucieux d’offrir plus de confort à sa famille en passe de s’agrandir encore, s’acharne à retaper une vieille bicoque récemment acquise pour une somme bien dérisoire. Et alors qu’il abat des murs, il fait une macabre découverte : un cadavre d’enfant !

C’est là qu’entre en scène la commandant Virginie Sevran et son équipe. Bon, faut que je vous dise qu’une fois de plus, je viens de démarrer une série en commençant par le dernier opus ! C’est assez récurrent, en ce moment ! Mais pas de panique, je l’ai appris alors que ma lecture était déjà bien avancée et je ne m’en étais pas rendu compte, et après réflexion, je confirme qu’il n’y a aucun problème à lire ce tome sans avoir lu les autres. Revenons à cette équipe : Bonne nouvelle, Virginie Sevran n’est pas une vieille flic désabusée et alcoolique ! Elle est maman d’une adorable fille et merveilleusement épaulée par un mari aimant. Justement, elle va avoir pas mal besoin de cette épaule consolatrice, car rapidement, son enquête va la mettre sur la piste d’un couple qui accueillait des enfants placés qui y vivaient un enfer… Abandonné par les adultes qui sont censés les protéger, ces pauvres gosses martyrisés par l’existence ont vécu l’horreur.

Sous le couvert d’une enquête éprouvante mais rondement menée, Cécile Cabanac met le doigt sur un problème sociétal grave, entre négligence et manque de moyens. Elle nous livre aussi des récits tristes et cruels de parents négligents pour qui, malgré tout, on ne peut que ressentir une immense compassion, car quelque part dans leur cœur, ils sont des parents meurtris. L’objectif ici n’est pas de juger, mais juste d’appréhender les ravages que peuvent faire l’égoïsme, la négligence ou la dénégation.

L’équipe d’enquêteurs, profondément humains, vous fera vivre mille émotions, du légitime coup de gueule aux actions pas toujours cadrées, mais avec une ténacité et une conviction à toute épreuve.

J’ai tout aimé dans ce livre ! Les personnages sont profondément travaillés, même cette équipe de flics qu’on est censé côtoyer depuis plusieurs tomes ! Ça, c’est un réel point fort, car parfois, quand on prend le train en marche, les auteurs partent du principe que l’attachement aux personnages récurrents est déjà ancré et il y a moins d’efforts dans la mise en place de la psychologie des personnages. On a également une belle mise en avant de la réalité de terrain où, parfois, un flic (qui n’est jamais qu’un être humain) peut se laisser aller à juger une victime, quitte à le regretter profondément plus tard. L’enquête tient le lecteur en haleine. L’auteur nous décrit aussi cet absurde voyeurisme en décrivant comment les spectateurs se révèlent friands de ce que les plus rapaces des journalistes colportent sur « la maison de l’horreur »… Cet aspect de l’être humain qui ralentit en passant devant un accident m’a toujours dérangée… Je déteste ça ! Il est cependant ici plutôt bien contrebalancé par une journaliste dont le cœur est encore opérationnel et qui s’avèrera un bon atout pour la police.

Et évidemment, cette thématique du placement en famille d’accueil est un véritable crève-cœur ! Je pense que l’objectif n’était pas de dénigrer le travail de ces services, mais plutôt de mettre en lumière les problèmes qui se créent quand on doit en faire trop, trop vite, au risque d’ignorer, ou pire, de nier, des dysfonctionnements aux conséquences tragiques…

Si vous n’avez pas compris le message subliminal, ce dont je doute, je vais quand même me permettre d’être claire : Il faut lire ce livre ! Et c’est mon dernier mot (Jean-Pierre) !

25 réflexions sur “« La petite ritournelle de l’horreur » – Cécile Cabanac

  1. Pour un message subliminal, il est plutôt perceptible 🤭 J’avais repéré ce titre sur le Collectif Polar et ton avis ne fait qu’accroître ma curiosité ! Une femme flic mère de famille, avec un mari aimant ? Même un petit remontant une fois la môme couché ? Diable, est elle vraiment une flic de roman ? 😂 Non, sérieusement, c’est bien, on sort du cliché de l’enquêteur proche de la retraite (et même plus) qui a roulé sa bosse jusqu’à l’usure !
    Et j’irais peut être voir ce que propose les autres tomes, mais c’est celui ci que je retiens en priorité. 😇 Merci Nath !

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