« Non Officiel » – Dan Fesperman

Lu en : Décembre 2022

Avoir un blog, ce n’est pas seulement s’offrir un petit espace pour laisser une trace de ses lectures. C’est également découvrir l’univers d’autres blogueurs qui, avec le temps, deviennent également des prescripteurs ! Grâce à cela, mon attention est parfois attirée sur des titres qu’avant, je n’aurais même pas remarqués ! C’est ce qui s’est passé pour cette lecture, découverte sur l’excellent blog : « La culture dans tous ses états« . La chronique de Fred m’a donné envie de m’y plonger, et j’ai donc fait la demande auprès de NetGalley et des éditions « Le cherche midi« , que je remercie pour cette lecture ! Les premiers éléments qui m’ont attirée résident dans une partie de l’intrigue se passant en Allemagne, en 1979. Il s’agit là de mon lieu et mon année de naissance. J’y suis née parce qu’à l’époque, la Belgique y avait établi des brigades militaires dont faisaient partie mes parents, qu’on appelait à l’époque FBA (pour Forces Belges en Allemagne). Revenue sur le sol belge à l’âge de cinq ans, je n’ai évidemment à l’époque pas eu l’occasion de m’intéresser à cette Allemagne d’après-guerre, séparée par le fameux rideau de fer que j’aurais, selon mes parents, vu depuis ma poussette, ce dont je n’ai évidemment gardé aucun souvenir ! Une lecture, donc, qui pouvait m’apporter un peu de détails sur le climat politique de l’époque. Et quelle époque ! Espions et agents doubles étaient légion, et c’est dans ce contexte que nous plonge l’auteur, au travers d’Helen Shoat qui exerce un poste subalterne au sein de la CIA, à Berlin. À l’époque, être une femme n’était déjà pas forcément simple, mais alors une femme dans ce monde masculin… Mais Helen est une battante, et son poste, qui consiste à s’assurer de la fonctionnalité des « planques » des agents, espère bien prouver à sa hiérarchie qu’elle est capable de plus. Évidemment, la plus grande discrétion est de rigueur, et on ne se mêle pas des affaires de la CIA. Aussi, lorsqu’Helen est malgré elle témoin d’agissements illicites de la part d’un agent qui agresse une jeune allemande, c’est son intégrité et sa carrière qui sont remises en cause. Et lorsque la jeune allemande décède brusquement, ce n’est plus seulement pour sa carrière qu’Helen doit s’inquiéter, mais aussi pour sa vie.

Bien des années plus tard, Helen n’a plus rien de commun avec celle qu’elle fut, à tel point que son bref passage par la CIA est inconnu de sa fille Anna, qui revient à la maison familiale à Poston, États-Unis, pour enterrer ses parents, sauvagement abattus par leur fils handicapé. L’affaire est simple, pour la police. Mais pour Anna, difficile d’envisager que derrière l’acte de son frère ne se cache rien d’autre que sa défaillance mentale. Elle s’allie avec un nouveau voisin aux compétences insoupçonnées pour faire la lumière sur cet évènement.

On se promène ainsi sur deux temporalités et deux continents différents, ce qui confère à l’écriture deux ambiances distinctes qui rythment efficacement la lecture ! Contre toute attente, ce livre s’est avéré un véritable coup de cœur ! Ouvert par curiosité et, je l’avoue, nostalgie, j’ai fini par y être totalement engloutie, avide de réponses.

Dan Fesperman, sous couvert de son intrigue, va lever le voile sur le rôle des femmes à la CIA, ainsi que sur le fonctionnement des services secrets et de leurs ramifications encore plus secrètes ! (Bon, ok, plus si secrètes que ça depuis quelques années mais dont j’ignorais tout jusqu’à la lecture de ce livre !). Un tour de force que de réussir à me passionner pour ce genre d’histoire, moi qui ne suis pas forcément fan d’espionnage ! (désolée, James…)

J’ai aussi beaucoup aimé les personnages d’Helen et « les sœurs », des femmes qui cherchent une place dans un monde masculin mais qui sont plus courageuses qu’ambitieuses, et qui feront tout pour ne pas trahir leurs convictions. Des hommes sans scrupules ou des menteurs qui n’aiment pas mentir… L’espionnage est un drôle de monde, dans lequel les états d’âme sont malvenus. J’ai également beaucoup apprécié le personnage d’Henri, qui viendra en aide à Anna tout en lui cachant ses motivations réelles mais qui, au fil du récit, révélera une profonde humanité dont sont dépourvus beaucoup d’autres protagonistes.

Faux semblants et vraies convictions contre opportunisme et violence gratuite, l’auteur nous offre ici un récit plein de rebondissements que j’ai savouré !

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