« Les disparus de Blackmore» – Henri Loevenbruck

Un avic de Vic !

Ce que j’apprécie particulièrement chez Henri Loevenbruck, c’est sa capacité à changer complètement de registre d’un roman à l’autre, tout en restant toujours aussi convaincant. Qu’il s’agisse de fantasy, de thriller ou de roman historique, il parvient toujours à passer d’un genre à l’autre avec une facilité déconcertante et, à chaque fois, réussit le pari de se renouveler sans perdre en qualité.

Avec Les Disparus de Blackmore, il nous entraîne cette fois sur une île isolée, battue par les vents et enveloppée d’une ambiance sombre qui n’est pas sans rappeler l’univers de Lovecraft. Dès les premières pages, un sentiment de malaise s’installe. Plusieurs disparitions inexpliquées ont eu lieu, tandis qu’une série de meurtres vient accentuer le climat de peur qui règne sur l’île. Entre légendes anciennes, superstitions locales et mystères inquiétants, une question s’impose rapidement : que se passe-t-il réellement à Blackmore ?

C’est notre duo d’enquêteurs, Lorraine Chapelle et Édouard Pierce, qui va tenter de le découvrir.

J’ai beaucoup aimé leur complémentarité.

Lorraine est une femme rationnelle, déterminée et au caractère bien trempé. Première femme diplômée en criminologie de l’Institut de Paris, elle doit constamment prouver sa valeur dans un milieu encore largement dominé par les hommes. Son esprit analytique et son pragmatisme en font un personnage particulièrement attachant.

Édouard Pierce, lui, incarne le parfait gentleman britannique. Passionné par l’occulte, les mythes et les croyances ancestrales, il n’hésite pas à explorer des pistes que Lorraine juge souvent fantaisistes. J’ai beaucoup apprécié les échanges entre ces deux personnages que tout semble opposer. Leur complémentarité fonctionne à merveille et apporte autant de profondeur que de légèreté au récit grâce à un humour subtil et bienvenu pour donner un peu de légèreté à la sombre ambiance de Blackmore.

J’ai également beaucoup apprécié l’atmosphère du roman. Tout au long de l’histoire, on ressent une forme d’oppression, comme si nous étions nous-mêmes prisonniers de Blackmore. Le climat constamment maussade, les croyances profondément enracinées dans la population et les nombreux non-dits créent une tension permanente. Henri Loevenbruck parvient à faire de l’île un personnage à part entière, presque vivant, dont les secrets semblent enfouis depuis des générations.

J’ai retrouvé avec plaisir la plume d’Henri Loevenbruck. J’apprécie toujours son vocabulaire riche, ses descriptions soignées et ses tournures de phrases travaillées qui favorisent vraiment l’immersion dans l’histoire.

Enfin, j’ai particulièrement aimé la manière dont l’auteur entretient le doute entre explications rationnelles et phénomènes qui semblent surnaturels. Cette frontière floue a maintenu mon attention jusqu’au dernières pages.

Au final, j’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai retrouvé tout ce que j’aime dans un roman : une intrigue qui tient en haleine, une ambiance travaillée et des personnages que l’on prend plaisir à suivre. Si vous aimez les thrillers avec une touche de mystère et une atmosphère qui flirte avec le fantastique, je pense que Les Disparus de Blackmore mérite le détour.

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