Lu en : Juillet 2026
Un avis de Nath !

Si Ingrid Desjours est un nom connu de beaucoup, j’avoue que c’est avec son « retour » au roman noir que je l’ai découverte ! Vous me connaissez maintenant : quand un livre devient viral, je suis toujours partagée entre l’envie de le fuir et celle de l’acquérir. (Nan, mais parce que je dois comprendre, hein !)
L’été étant propice aux nouvelles expériences, j’ai donc franchi les portes de la Fosse aux Anges, le bien (?) nommé lieu où les femmes prennent soin de leurs maris et de leurs maisons, mettent en scène un quotidien qui respire le bonheur et en font profiter les réseaux sociaux, le sourire ultra-bright vissé aux lèvres, au point de faire presque plisser les yeux des abonnés !
Alice, elle, n’est pas du genre tradwife. Enfin, en ce moment, elle n’est plutôt plus du genre du tout, enlisée dans une peine sans fond après avoir perdu sa grand-mère, son travail, son mariage et, pour enfoncer le dernier clou de son cercueil, la garde de sa fille. Pour remonter la pente, elle s’est inscrite à une espèce de retraite féminine avec un seul objectif : se reconnecter à elle-même et se reconstruire. Et, dans un bel esprit de sororité, elle entrevoit doucement une issue, qui pourrait bien passer par la Fosse aux Anges.
Ouais, ma petite dame, clairement, l’issue est par là ! Auprès de nanas qui ont des cœurs dans les yeux et qui vendent un idéal de douceur et de simplicité presque touchant, presque tentant, prônant un retour aux valeurs traditionnelles…
Et Alice s’en approche après un coup de foudre digne d’une comédie romantique hollywoodienne… Je reconnais volontiers que cette avalanche de romantisme et de bons sentiments sert habilement le propos, d’autant que le lecteur ressent le malaise sous-jacent… Plus ça dégouline de mièvrerie, plus le contraste avec ce qui se cache derrière fonctionne. Mais c’est plus fort que moi : ce genre de séquences me fait invariablement lever les yeux au ciel, même lorsqu’elles sont pleinement justifiées par l’intrigue.
D’ailleurs comme je ne suis absolument pas une amatrice de romans à l’eau de rose, ni de recueils de développement personnel, il fallait bien s’attendre à ce qu’il y ait une couille dans le pâté dans ce joli tableau, et ça n’a pas manqué !
Quand on est une femme normalement constituée en 2026, on ne rêve a priori pas d’être renvoyée en cuisine ni de passer nos journées à faire briller l’argenterie ou les parquets, en attendant que l’homme rentre pour goûter nos succulents petits plats puis faire office de dessert, selon ses « besoins », sans cesser de sourire, sans rechigner, sans penser, sans ressentir, et surtout sans se plaindre !
Qu’une femme choisisse de consacrer sa vie à son foyer, pourquoi pas. Le problème n’a jamais été le tablier ! Il commence le jour où l’enfiler n’est plus un choix, où une femme n’existe plus que pour répondre aux attentes d’un homme, sans que ses propres envies, ses idées ou ses aspirations aient encore leur place.
Parce que derrière les sourires éclatants et les vidéos Instagram parfaitement léchées, Ingrid Desjours ne raconte pas le quotidien de femmes qui auraient choisi cette vie. Elle imagine ce qui se passerait si l’on fabriquait, de force, des épouses idéales. Une dystopie ? Pas vraiment. Plutôt une façon de pousser jusqu’à l’absurde certains fantasmes qui circulent déjà sur nos réseaux sociaux. Et, forcément, c’est beaucoup plus glaçant.
Parmi ces femmes, Lou retient rapidement l’attention. Douce, lumineuse en apparence, elle traîne pourtant un passé dont on peine à mesurer les contours. Ce décalage nourrit un second niveau de suspense qui accompagne efficacement l’intrigue principale.
J’ai enchaîné, ces derniers temps, quelques déceptions littéraires. Alors, j’ai pris plaisir à retrouver un texte solide et bien écrit. On n’imagine pas le bien que ça fait de lire des phrases construites correctement et ne se contentant pas d’un sujet, d’un verbe et d’un complément ! (Croyez-moi, dans mes dernières lectures, j’ai été à deux doigts de commander un dictionnaire de synonymes pour l’offrir à un auteur !)
J’ai découvert une autrice talentueuse, dont je lirai sans hésiter d’autres romans. L’idée imaginée par Ingrid Desjours est redoutablement efficace et les dernières pages en dévoilent toute l’ampleur. Ma toute petite frustration de lectrice tient finalement à peu de chose : j’aurais aimé passer un peu moins de temps dans le quotidien de ces femmes et un peu plus à explorer les rouages de ce système. Mais cette immersion dans la fosse aux Anges m’a cependant vraiment plu.
En conclusion, une lecture très agréable qui a le mérite de nous rappeler à quel point certaines idées nauséabondes peuvent gagner du terrain avec une facilité déconcertante.
Intéressant, ça… La couverture me faisait craindre le pire, mais j’ai peut-être jugé trop vite
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Oui, ce n’est pas du thriller domestique
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Eh bien, ça c’est une chronique admirable, parce qu’à l’origine, ce roman ne m’inspirait absolument pas, et là, j’ai trop envie de le découvrir et de me faire ma propre opinion.
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Je pense qu’il devrait te plaire ! C’est divertissant et bien écrit mais il y a un fond derrière !
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Le roman me tentait mais je ne m’attendais pas forcément à ce que l’autrice suscite une réflexion de cette qualité. Elle a l’air de dénoncer avec brio un danger encore bien trop sous-estimé et qu’en tant que femmes, je trouve effrayant.
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Oui, clairement, c’est pas juste un divertissement. C’est exactement les qualités que je recherche dans mes lectures
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J’avoue que j’ai serré tout ce que je pouvais serrer en lisant ton post, parce qu’Ingrid, je l’aime d’amour. OK, la mièvrerie est là, mais c’est pour mieux appâter le client. Enfin, la cliente. Il faut ABSOLUMENT que tu lises, » sa vie dans les yeux d’une poupée », et « la prunelle de ses yeux », 😉.
Merci pour le partage 🙏 😘
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😂 je t’ai fait peur 🙃.
Mais tu vois, ça s’est très bien passé !
Je note ces deux titres, vous êtes plusieurs à me les avoir recommandés !
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Ah ça oui alors, tu m’as fait peur, j’aime tellement la plume d’Ingrid. C’est la seule que je connaisse qui a pris des cours de self défense pour incarner un garde du corps, et qui s’est promenée dans Paris avec un bandeau sur les yeux et une canne blanche, pour mieux appréhender ses personnages 🤗 Rien que pour ça, je dis respect 🫡
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Oh mais ça c’est de l’immersion !!!
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Elle est très minutieuse dans ce qu’elle écrit.
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L’important, ce n’est pas ce que tu as fait aujourd’hui, mais ce que tu feras demain ❤️
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🥰
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Il dort quelque part dans mon immense pal. Mais ton avis est rassurant. Bonne soirée
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Il est au chaud, il en sortira quand le bon moment sera venu ☺️
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Moi, je ne connais pas l’auteure. A découvrir donc…
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Je pense 😉
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Comme Caroline, je ne pensais pas lire ce roman noir et puis ton excellent article est arrivé. A présent je DOIS le lire . Merci Nath. !
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Houla, vous me mettez la pression 😂.
J’espère qu’il vous plaira autant qu’à moi !
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Tu as intérêt 😬(prête à mordre)!
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😵💫😰😅
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Oui Hedwige, tu dois le lire 😊
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J’avoue que la thématique ne me tente absolument pas, même si ta chronique le vend très bien ! 😉 Merci à toi ! 🙂
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