Lu en : Août 2026
Un avis de Nath !

« Tout est un choix. »
Dit comme cela, ça paraît simple. Mais a-t-on réellement toujours le choix ?
Melody a-t-elle vraiment la possibilité de continuer à fuir sa famille alors que son père, laissé seul avec son frère atteint de séquelles neurologiques, est mourant ? Peut-elle refuser le rôle que Geneva lui attribue d’office, elle qui semble trouver parfaitement naturel que sa fille prenne le relais pendant qu’elle part à la rencontre de Pisa, sorte de guide spirituelle à laquelle elle se fie depuis des années ? Comme si la présence de Melody suffisait à la décharger de ses responsabilités et à lui permettre de s’arranger avec sa conscience si son mari venait à mourir en son absence…
Obi avait-il le choix lorsqu’il a tenté de repousser le jeune drogué venu troubler sa tranquillité et celle de son petit garçon Liam, tandis qu’ils campaient près de la rivière, et que sa lame s’est retrouvée plantée dans la gorge de l’agresseur ? A-t-il désormais le choix de fuir pour protéger son fils ?
Maurice, infirmier noir au chevet du père de Melody, a-t-il vraiment le choix d’être pleinement lui-même dans un Mississippi où le racisme, les conventions sociales et la peur de la différence imposent encore bien des silences ?
Le choix n’est-il pas parfois un luxe ?
Dans Les Trois Rivières, Tiffany Quay Tyson nous parle à la fois de transmission, de devoir et de religion, mais aussi de cette capacité, plus ou moins réelle, à faire des choix pour aller, ou non, contre son destin.
Quand, comme ces personnages un peu cabossés, on est dépositaire d’une histoire faite de pauvreté, de peur ou d’enfermement dans des conventions sociales qui portent atteinte aux libertés individuelles, choisir est-il encore réellement possible ?
Le roman n’apporte aucune réponse confortable à cette question, mais il nous montre surtout que refuser de choisir constitue déjà, en soi, un choix.
En amenant tous ses protagonistes à se rencontrer en pleine inondation, l’autrice met également en présence toutes sortes de manières de croire, qu’elles reposent sur la religion, les savoirs ancestraux, le surnaturel ou la confiance accordée à la science. Pourtant, face aux déchaînements de la nature comme à ceux du destin, aucune n’apporte de réponse définitive.
À travers Melody et sa famille, Tiffany Quay Tyson parle aussi d’abandon. Tous les personnages, ou presque, ont la sensation d’avoir, à un moment ou à un autre, été abandonnés par leur famille. Inversement, chacun prétend agir pour protéger quelqu’un.
Le roman interroge donc le sens même de « prendre soin ». Est-ce rester ? Partir ? Sauver ? Laisser libre ? Imposer son aide ? Accepter ses responsabilités ?
Il nous invite constamment à nous demander si la liberté reste légitime lorsqu’elle en fait porter le prix à quelqu’un d’autre…
Sur fond de Mississippi des années 90, ce roman aux accents ruraux appuie également sur des cicatrices qui, aujourd’hui encore, font mal à l’Amérique : le racisme, la peur de la différence, la pauvreté et les existences vécues en marge de la société.
Sur le papier, ce roman avait énormément de choses pour me plaire et, d’un côté, il m’a plu.
J’ai aimé que l’autrice prenne son temps et que ses personnages soient suffisamment imparfaits pour nous donner envie de les aimer malgré tout. Pour autant, j’ai parfois eu l’impression qu’elle avait tenté d’en mettre un peu trop, multipliant les personnages, les thèmes et les trajectoires jusqu’à rendre l’intrigue un peu fouillie, avant de devoir conclure le tout avec peut-être un peu trop de précipitation.
J’avais adoré Un profond sommeil. Je ressors donc un peu déçue de ce roman, qui m’a semblé un chouïa moins abouti.
Cependant, si Un profond sommeil a été le premier à être traduit en français, Les Trois Rivières est bien le premier roman écrit par Tiffany Quay Tyson. Cette chronologie me permet surtout de constater à quel point la voix de l’autrice a évolué entre les deux et laisse présager, pour la suite, de très belles surprises.
Choisir, c’est déjà renoncer. Elle est belle cette chronique, même si elle te laisse un peu sur le côté de la route. Décidément 😌. Merci à toi pour le partage 🙏 😘
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Oui, c’est quand même déjà une meilleure lecture que récemment 😅
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Tu vas y arriver
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Je ne connais ni le titre ni l’auteure, mais il est évidemment impossible de tout connaitre, même si c’est bien dommage.
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Oui, on aimerait tous pouvoir tout lire 🙃
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Je me l’étais déjà noté suite à la chronique de Frédéric… j’essayerai de le découvrir même si je note tes bémols. Merci à toi !
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Ce sont de très petits bémols, car c’est un bon livre, juste un peu moins bon que le premier que j’ai lu mais qui était censé venir après celui-ci…
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Un peu plus aimé que toi, j’ai trouvé que les personnages et les thèmes s’imbriquaient souplement dans ce roman.
Sinon ta chronique est remarquable.
J’ai ri en lisant que pour toi l’auteure concluait « avec peut-être un peu trop de précipitation. » parce que tu aurais pu ajouter un « s » à précipitation. 😂
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😂😂😂 excellent 😂😂😂 et vrai en plus ! 🤣
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Je n’ai pas encore lu « Un profond sommeil » mais je compte bien m’y plonger tant il fait l’unanimité. J’aime beaucoup ton retour Nath. Comme tout premier roman je pense qu’elle a voulu y mettre toutes ses influences. Elle a beaucoup de talent.
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Oui, elle a clairement un talent fou !
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Je viens de l’acheter, on n’est jamais déçu avec cette maison d’édition. Bonne semaine
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C’est vrai que je me rends compte en ce moment que ce sont Sonatine et Actes Sud qui, ces derniers mois, m’ont offert les meilleurs lectures !
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Le roman semble inciter à la réflexion sur un certain nombre de sujets, tous intéressants si ce n’est important. Dommage pour cette impression de trop même si le roman n’en demeure pas moins tentant.
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Oui, je chipote un peu, car ça reste un très bon roman !
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De ses deux romans, c’est celui qui me tente le plus. Il y a tout ce que j’aime. C’est dommage qu’il n’ait pas été publié en France avant « Un profond sommeil ».
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Oh ben mince, alors !
Perso je suis souvent et peut-être trop indulgente avec les premier roman ? Va savoir !!!
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Oui, normalement moi aussi, c’est juste dommage que l’ordre de parution n’ait pas été respecté !
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ah ça, tu sais !
Mais si tu avais lu celui-ci en premier, tu aurais tenté le second ? hein ???
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Oui, je pense bien ! On sent que la plume a du potentiel !
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