« Le Serment » – Arttu Tuominem

Un avis de Dominique

Ils sont trois : un cadavre lardé de coups de couteaux, un suspect errant les mains ensanglantées à l’orée d’un bois et l’inspecteur chargé de l’enquête. Trois hommes qui se connaissaient ; trois hommes qui ne s’étaient pas revus depuis vingt-sept ans.
Dans les prairies sauvages de Finlande ressurgissent les souvenirs d’une enfance féroce, les traumatismes du passé.
Entre les courses à vélo et les vengeances à la sortie de l’école, un pacte de sang a été scellé. Un serment qui se rappellera à eux trois décennies plus tard.

AUDIOLIVRE lu par Bertrand Nadler

J’aime les polars nordiques, souvent. Leur lenteur, le sens du détail, un voyage dans un univers différent du mien. J’étais donc très curieuse de découvrir ce roman d’un auteur que je ne connaissais pas encore.

Jari Paloviita est un flic. Un bon flic.  Le meurtre sur lequel son équipe et lui doivent enquêter est un meurtre au couteau. Un souci de taille va rapidement apparaître, pour Jari. La victime est un sale type, le harceleur de son enfance qui est devenu le voyou qu’il promettait d’être. Et le suspect principal est … son meilleur ami d’enfance, ami auquel il doit manifestement beaucoup et avec lequel il avait passé un pacte. Un dilemme se pose rapidement à lui : doit-il se retirer de l’enquête ou doit-il tenter de venir en aide à son vieil ami envers qui il a une dette (dont nous découvrirons la teneur dans le roman) ?

Par ailleurs, l’équipe policière est composée de personnes toutes en souffrance : couple en crise, TOCs, alcoolisme … Une équipe typique des polars, en somme.

De nombreux problèmes sont abordés ici : violences intrafamiliales, alcoolisme, protection de l’enfance, harcèlement scolaire, traumatismes juvéniles.  Et c’est une enquête policière, certes, mais l’enquête passe au second plan ; c’est plutôt un roman noir. J’aurais dû aimer. Et pourtant, ça a fait un flop.

La narration de Bertrand Nadler est irréprochable, ce n’est donc pas là du tout la source de ma frustration. Ce qui ne m’a pas convenu se situe ailleurs : d’une part, j’ai trouvé que l’auteur s’appesantit trop sur les scènes violentes, il les décrit en long, en large et en travers. Avec un luxe de détails dont je me serais volontiers passée. D’autre part, plusieurs questions qui ont surgi dans mon esprit au cours du roman n’ont jamais trouvé de réponse. Et ça, c’est bien quelque chose qui m’agace.

La scène finale est très émouvante, vraiment belle, mais …ça ne répond pas à toutes mes questions.

Il s’agit toutefois du premier tome d’une tétralogie, les réponses existent peut-être dans les tomes suivants. Mais je ne suis pas du tout certaine de les lire un jour. Cela dit, quand je vois les critiques déjà parues sur ce roman, je pense qu’il a trouvé son public. Et curieusement, ceux qui semblent très enthousiastes sont souvent des gens qui ont lu d’abord un volume ultérieur de la série. Donc, j’espère que mon retour ne vous empêchera pas de découvrir l’auteur si vous ne l’aviez déjà fait.  Et si vous l’avez lu et aimé, je serais curieuse de connaître votre avis.

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