« Carnets noirs » – Stephen King

Un avis de Dominique

En prenant sa retraite, John Rothstein a plongé dans le désespoir les millions de lecteurs des aventures de Jimmy Gold. Devenu fou de rage depuis la disparition de son héros favori, Morris Bellamy assassine le vieil écrivain pour s’emparer de sa fortune et, surtout, de ses précieux carnets de notes. Le bonheur dans le crime ? C’était compter sans les mauvais tours du destin… et la perspicacité du détective Bill Hodges.

Ce roman est le 2e volume de la trilogie consacrée au Détective Bill Hodges. Il est présenté comme la suite de Mr Mercedes ; toutefois, même si l’on y retrouve les protagonistes du 1er tome, il peut se lire indépendamment (mais ce n’est pas optimal, surtout si l’on souhaite saisir la fin … prémices du troisième volume).

L’histoire commence en 1978. Morris Bellamy est fou de rage. John Rothstein, l’auteur des aventures de Jimmy Gold, héros rebelle et idole de Morris, a trahi. Jimmy Gold s’est rangé, est devenu un bourgeois pépère dans les derniers écrits publiés par l’auteur. Et ça, Morris ne peut absolument pas le digérer. Et comme il est un psychopathe absolu, il prendra les choses en main.

Trois décennies plus tard, le jeune Peter Saubers est triste. Son père Tom a été très gravement blessé par l’attentat à la Mercedes et depuis lors, tout va très mal pour la famille. Les factures s’accumulent et le couple parental est au bord du divorce. Jusqu’au jour où Pete découvre un trésor et décide de jouer au Père Noël. Mais bien entendu, nous sommes dans un roman de Stephen King et tout cela va se compliquer. L’intervention de Bill Hodges, de Holly et de Jérôme, qui n’interviennent que tardivement dans le récit, sera cruciale.

Dans ce roman, Stephen King revient sur l’un des thèmes qu’il a déjà traités, dans Misery, celui de la fascination de certains lecteurs pour des personnages de fiction, fascination qui peut rester dans les limites de la raison ou devenir carrément pathologique. Et évidemment, plus l’auteur est doué et capable de créer des héros incarnés, plus le risque est grand que certains lecteurs ne basculent du côté obscur de la force. Morris et Pete sont tous deux des fans de Jimmy Gold, lecteurs férocement attachés à ce personnage, mais ils sont les deux facettes opposées de leur passion. Si l’un a totalement basculé dans la folie, l’autre reste pétri d’humanité et conscient de ce qui est le plus important.

Comme d’habitude, l’auteur prend bien le temps d’installer son intrigue et le décor, et c’est l’une des caractéristiques que j’aime beaucoup chez lui, elle me permet de vraiment m’attacher aux personnages, au cadre et de faire lentement monter la tension. Je termine donc ses romans dans un état de stress assez indicible. Même si, au fond, je devine assez vite la fin, le chemin est un tel circuit de montagnes russes émotionnelles que le voyage compte davantage que la destination dans mon plaisir de lectrice. Parce que, oui, le King est un maître du récit, fantastique, horrifique, ou simple thriller, mais du récit parfaitement construit pour être un grand divertissement. Et en livre audio, le choix d’Antoine Tomé colle très bien au récit, tant par le timbre que par le phrasé.

Et en conclusion de ce roman, l’auteur nous appâte avec un dernier chapitre qui annonce la suite des aventures de Bill, sur une note plus fantastique, cette fois. Le rendez-vous est pris !

Une réflexion sur “« Carnets noirs » – Stephen King”

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