« Intelligence criminelle » – Thomas R. Weaver

Un avis de Dominique

NOTRE SURVIE A UN PRIX.
RESTE À SAVOIR SI NOUS SOMMES PRÊTS À LE PAYER.
Nous sommes en 2050.
Notre intelligence nous a conduit au bord du gouffre.
Alors qu’une catastrophe climatique sans précédent ravage la planète, l’humanité n’a plus qu’une solution radicale pour éviter l’effondrement : confier son destin à un dirigeant global, chargé de la guider à travers l’apocalypse annoncée.
Deux candidats s’affrontent pour ce pouvoir absolu.
Lockwood, ancien président des États-Unis.
Salomon, première intelligence artificielle politique de l’Histoire.
Quand la créatrice de Salomon est retrouvée assassinée, le journaliste d’investigation Marcus Tully comprend que cette élection n’est qu’une façade : quelqu’un tire les ficelles.
Alors que la rumeur d’un complot mondial enflamme les nations, Tully découvre bientôt que son enquête en cache une autre. Car ce n’est plus seulement l’issue de l’élection qui est en jeu, mais ce qui définit l’humanité : sa liberté.

L’histoire, donc, se situe en 2050. 2050, ce n’est pas une échéance lointaine. Je n’y serai peut-être plus, mes enfants … si (j’espère). Dans le roman, les gouvernements des pays industrialisés n’ont pas réussi à éviter la catastrophe climatique (vu comme c’est parti, c’est une projection réaliste). Un groupement de la plupart des pays ont donc décidé de se doter d’un dirigeant unique, qui devra guider l’humanité vers une survie possible, quel qu’en soit le prix.

Deux candidats restent en lice : Lockwood, un ancien président des États-Unis, et Salomon, une intelligence artificielle qui gouverne déjà quelques cités artificielles où les plus fortunés ont trouvé un refuge. Marcus Tully, l’un des rares journalistes d’investigation qui existent encore, tente de démêler diverses accusations de scandales qui touchent l’entourage de Lockwood. Et lorsque la créatrice de Salomon est assassinée, il s’implique totalement dans l’enquête.

D’emblée, un constat : le titre est très mauvais (le titre en anglais, plus pertinent, est « Artificial wisdom »).

Sous forme d’un techno-thriller, avec de multiples rebondissements, l’auteur nous amène à envisager le rôle, dans un futur proche, de l’IA, en politique et dans les systèmes d’information. Alors que les humains ont conduit l’environnement vers le désastre qui est proche (notre été horrible nous en a donné un avant-goût), un humain pourrait-il nous conduire vers une issue, en dépit de tous les biais qui entachent les décisions des dirigeants politiques? Une IA, plus « objective », peut-elle mieux faire ?

J’ai bien aimé ce roman, même s’il ne s’agit pas d’un coup de cœur, car il se penche sur des questions extrêmement complexes qui agitent déjà notre opinion publique. L’IA se développe à une vitesse vertigineuse, elle est désormais partout. Faut-il la limiter, peut-on lui faire confiance, jusqu’où la laisser prendre les rênes de notre univers, jusqu’où accepter la limitation de nos libertés, libertés qui se grignotent peu à peu.

Beaucoup de sujets de réflexions dans ce roman, réflexions qui ne me viennent pas spontanément à l’esprit (je suis d’une autre époque). Toutefois, j’ai trouvé le roman un peu longuet par moments, et il se perd (ou il m’a perdue) dans des intrigues secondaires parmi lesquelles j’ai parfois eu un peu de mal à retrouver le fil du récit. La fin du roman, que je n’avais pas du tout envisagée, rajoute une couche de complexité et semble être l’amorce d’une suite à venir.

En résumé : un roman très intéressant, en prise avec la situation présente de notre monde et les enjeux de l’IA, mais une lecture qui m’a posé quelques problèmes de gestion de la complexité de l’intrigue. Si vous le lisez, faites-le dans une situation où vous pouvez vous concentrer, cela vous permettra d’en percevoir plus aisément les détails.

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