« Graffitis funèbres » – Wouter Dehairs

Un avis de Dominique

À Bruxelles, des fresques annoncent la mort avant qu’elle ne frappe. Quand un haut fonctionnaire est retrouvé assassiné devant un graffiti représentant son supplice, le détective Keller Brik comprend qu’il est entré dans un jeu macabre. Un serial killer signe ses crimes sur les murs de la ville. Pour arrêter le meurtrier, Keller Brik devra affronter les zones les plus obscures de la cité … et de son propre passé. Car certaines fresques cachent aussi des vérités qu’il aurait préféré oublier.

Nous, les Belges francophones, ignorons quasi tous ce que la littérature du nord du pays peut produire. Ce n’est pas glorieux, il faut l’admettre. La frontière linguistique semble tellement imperméable que je connais davantage de romans japonais que de romans néerlandophones.

Mais voici que ce roman, dont la date de parution est le 14 octobre, a été traduit, et il est plutôt sympathique. Un « hard boiled » à l’ancienne : un détective privé vaguement alcoolique qui se lance dans une croisade contre les forces du mal pour les beaux yeux d’une dame en détresse. Classique, certes, mais cela fonctionne plutôt bien, dans le décor de Bruxelles, avec une référence aux fresques très spéciales qui ont couvert, un temps, certains pignons de la ville. En effet, il y a quelques années des fresques très explicitement sexuelles sont apparues çà et là dans la ville au grand étonnement des habitants, et cela a donné lieu à beaucoup d’hypothèses et de supputations.

J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre Keller Brik dans ses errances citadines. Certes, le hard boiled n’est plus un genre littéraire très prisé, en tout cas dans le noir francophone, mais j’ai adoré cette plongée dans un univers à la fois actuel (internet et les ordinateurs) et désuet. Un petit retour vers des formes littéraires de jadis, cela peut être fort plaisant, ma foi.

Votre commentaire