« Surface » – Olivier Norek

Lu en : Avril 2019

surface

Un dimanche de printemps à lire au soleil, c’est un dimanche réussi. Un dimanche de printemps à lire « Surface » au soleil, c’est un dimanche inoubliable ! A chaque écrit, non seulement le talent de Norek se confirme, mais en plus il gagne en maturité et en puissance ! « Entre deux mondes » avait déjà provoqué un déluge d’émotions (rappel ici), « Surface » récidive sans aucun scrupule, en ébranlant nos certitudes, encore et toujours.

Noémie Chastain est flic, femme, amoureuse. Mais quand une balle lui arrache la moitié du visage, Noémie n’est plus que flic. Et encore… Comme un douloureux rappel d’un cuisant échec lors d’une opération policière, le visage en charpie de Noémie révulse beaucoup de monde au Bastion, et la voilà « mise au vert » sous des prétextes fallacieux ! Alors qu’elle est censée mener une mission administrative dans un bled campagnard, un cadavre vieux de vingt-cinq ans refait surface ! L’occasion pour Noémie de vérifier si, finalement, elle est toujours flic… et de découvrir qui elle peut être d’autre !

On a beau se dire que nous, humain parfait, on aurait réagi autrement, que Noémie, on ne l’aurait pas rejetée, personne ne peut assurer qu’un mouvement de recul involontaire n’aurait pas créé une barrière entre un proche défiguré et nous. Personne ne peut garantir être assez fort pour supporter l’insupportable qui ne nous appartient même pas.

Noémie s’est vue arracher une partie de sa vie en service. Et pourtant, reprendre du service, elle n’attend que ça ! Cette incroyable incohérence nous montre une fois de plus le dévouement qui existe sur le terrain et que nous, citoyens, avons tendance à trop souvent oublier, voire négliger ou même railler.

Noémie doit réapprendre à vivre, à surmonter le regard des autres, à apprivoiser ses propres réactions qui sont d’une agressivité savoureuse, lui donnant un répondant qui m’a énormément fait sourire malgré le dramatique de la situation. Et quand elle se retrouve au placard dans un commissariat de campagne, j’ai eu l’impression de vivre un remake de bienvenue chez les Ch’tits version flic ! Un vrai régal !

Et même si l’histoire qui remonte à la surface en même temps que le corps d’un enfant est loin d’être drôle, Norek insuffle suffisamment d’humour pour ne pas tuer son lecteur d’une trop longue apnée (ben oui, on ne s’appelle pas tous Hugo… ha ouais, pardon, mais faut avoir lu le livre pour comprendre la vanne pourrie…).

J’ai énormément aimé l’accent qui est mis sur les côtés humains de l’histoire, notamment le fait qu’une enquête en rase campagne ne se mène pas comme une enquête en plein Paris.

De plus, fidèle à lui-même, Norek enchaîne les éléments et, par la même occasion, nous enchaîne à ses mots. Impossible à lâcher tant que la dernière page n’est pas tournée. Mon voyage avec Noémie Chastain a été rapide mais d’une intensité incroyable, si bien qu’une fois descendue du train, la nostalgie s’est abattue sur moi ! Heureusement pour moi, il me restait une petite lueur d’espoir au fond de ma bibliothèque… Un dernier Norek encore non lu (Surtensions), sur lequel je me suis jetée comme un prédateur affamé sur une malheureuse proie.

En résumé, un sujet parfaitement maîtrisé par un homme qui était du terrain avant d’être auteur, un sujet dramatique abordé sans surenchère inutile, une enquête envoûtante en mode cold case où la science n’apportera que peu de réponses et un humour impertinent parsemé de private joke à l’attention des grands noms du Noir, je ne vois pas ce que je pourrais vous dire de plus pour vous convaincre de vous ruer dans la première librairie venue, si ce n’est pas déjà fait !

cdec

31 réflexions sur “« Surface » – Olivier Norek

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