Un « Avic » de Vic !

Le thème du bookclub pour le mois d’octobre était : « Lire un livre qui traîne dans la PAL depuis plus de 2 ans ». Alors, pour être tout à fait honnête, je ne sais plus depuis combien de temps « Purgatoire des innocents » fait partie de ma PAL, mais il y est certainement depuis bien plus de deux ans. C’était donc l’occasion idéale de l’en sortir enfin !
J’en avais entendu beaucoup de bien à l’époque de son achat et, il faut dire que j’adore la couverture, à la fois très épurée et franchement glauque. (Oui, je m’interroge parfois au sujet de ma santé mentale…)
Tout commence par le braquage d’une bijouterie qui tourne mal. William, le frère de Raphaël, est touché par une balle. Raphaël n’a alors plus qu’une obsession : trouver une planque pour mettre son frère à l’abri et lui permettre de reprendre des forces.
Il pense avoir trouvé le refuge idéal dans une vieille ferme isolée, habitée par Sandra et son mari. Une maison qui semble, au premier abord, pouvoir leur offrir le répit dont ils ont besoin. S’ils avaient su ce qui les attendait, ils n’y auraient plus que probablement jamais mis les pieds…
Ce qui devait être une simple cachette va rapidement se transformer en véritable enfer. Raphaël et William ne sont d’ailleurs pas les seuls prisonniers de cette sinistre bâtisse. Ils vont découvrir que d’autres victimes y sont et y ont été retenues et qu’elles sont à la merci d’un bourreau particulièrement pervers, dont l’imagination semble ne connaître aucune limite lorsqu’il s’agit d’inventer de nouveaux supplices. Dans cet enfer, la mort apparaît parfois comme le plus doux des châtiments.
Et c’est probablement ce qui m’a le plus marquée dans ce roman : cette sensation permanente d’étouffement. Tout au long du récit, j’ai eu l’impression de manquer d’air. Karine Giebel nous enferme avec ses personnages et je suis devenue spectatrice impuissante des tortures infligées aux différents personnages et à leurs tentatives, souvent désespérées et vaines, pour échapper à leur bourreau.
La violence est omniprésente, aussi bien physique que psychologique. Mais au-delà du sadisme et de l’horreur, j’ai trouvé intéressant de voir comment les personnages tentent malgré tout de préserver une part de leur humanité. Dans un endroit conçu pour les briser, l’entraide devient une forme de résistance.
C’est l’un des aspects que j’ai le plus appréciés dans ma lecture. Malgré leurs propres souffrances, les prisonniers essaient de se soutenir, de se rassurer et de maintenir chez les autres cette minuscule étincelle d’espoir qui leur permet de ne pas sombrer complètement dans la folie ou l’agonie. Les liens qui se créent ou ceux qui se renforcent entre eux apportent une certaine lumière à un récit qui serait autrement quasiment entièrement plongé dans la noirceur.
Et puis il y a Sandra, personnage particulièrement complexe, dont la présence permet de brouiller davantage les frontières entre victimes, coupables et innocents. Ce roman nous fait nous interroger sur la culpabilité, la rédemption et surtout sur ce que la violence peut faire d’un être humain. Jusqu’où peut-on aller pour survivre ? Peut-on continuer à se considérer comme une bonne personne lorsqu’on est placé dans des circonstances aussi extrêmes ? Et surtout, que reste-t-il de quelqu’un après avoir vécu un tel enfer ?
J’ai aussi beaucoup aimé le dénouement. Il est dur, forcément, parce que je me suis attachée à certains personnages, mais je l’ai trouvé particulièrement juste et cohérent avec tout ce que le roman nous fait traverser. Il n’y avait finalement pas de véritable retour possible à la vie d’avant. Après avoir vécu un tel enfer, aucun des personnages ne peut simplement tourner la page et faire comme si rien ne s’était passé. Certaines blessures sont bien trop profondes.
Ce n’est pas le meilleur livre que j’ai lu de Karine Giebel. Mais, remettons les choses dans leur contexte : le roman est paru il y a une dizaine d’années et, depuis, j’ai découvert d’autres romans de l’autrice qui m’ont davantage marquée. Son talent pour installer une atmosphère oppressante et jouer avec les nerfs du lecteur est cependant déjà bien présent ici.
J’ai tout de même passé un bon moment de lecture, même si « bon moment » est peut-être un terme peu approprié quand il s’agit d’un livre où l’on passe une bonne partie de son temps à retenir son souffle !
Une lecture éprouvante, parfois franchement dérangeante mais un bon moment de lecture malgré tout. Même si j’ai maintenant besoin de lire quelque chose de plus léger pour chasser toute cette noirceur de ma tête.
C’est vraiment une marque de son écriture, cette humanité sous-jacente. Merci pour ce retour !
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je suis fan inconditionnelle de Karine Giebel et on voit vraiment une nette progression depuis son premier livre , terminus Elicius. Vivement son prochain le 05 novembre
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